Israël Shahak

Israel-ShahakNationalité : Pologne
Né à Varsovie, le 28 avril 1933
Mort à Jérusalem, le 2 juillet 2001

Israël Shahak est un des nombreux “rescapés de l’Holocauste”. Né à Varsovie en 1933, il passe son enfance au camp de Bergen-Belsen. En 1945, il émigre en Palestine occupée et sert dans l’armée juive Tsahal. Militant des droits de l’homme, il collabore au célèbre journal Haaretz et s’attaque à l’obscurantisme religieux juif et à son influence dans la vie politique de l’Etat colonial d’Israël.

 


Le Racisme de l’État d’Israël

israel-shahak_le racisme de letat disrael

NOTE DE L’EDITEUR : « L’auteur de ce livre est menacé de mort par des fascistes israéliens ! Il dénonce les tortures, les destructions de villages, la discrimination raciale, l’expropriation des terres arabes, l’occupation sauvage et la répression. Oui tout cela se passe en Israël ! Pour le croire, il faut lire ce terrible témoignage qui révèle pour la première fois la face cachée d’Israël. »

Qui est Israël Shahak ?
« Le racisme de l’Etat d’Israël », écrit en 1975 par le président de la Ligue israélienne des droits de l’homme (élu à ce poste en 1970), décrit la réalité intérieure en Israël, qui n’a guère changé depuis, et dénonce les tortures, les destructions de villages, la discrimination raciale, l’expropriation des terres arabes, l’occupation sauvage et la répression. Son auteur, Israël Shahak, nommé en 1973 professeur titulaire à l’université hébraïque de Jérusalem, est né à Varsovie en 1933. De 1939 à 1945, il a vécu sous le régime nazi et, particulièrement, a passé deux années (1943-1945) au camp de concentration de Bergen-Belsen. Il est arrivé en Palestine en 1945, et termine en 1951 ses études secondaires, avant d’accomplir son service militaire obligatoire dans l’armée israélienne de 1951 à 1953. Il obtient son agrégation et son doctorat en chimie organique à l’université hébraïque de Jérusalem en 1963 et fait des études supplémentaires à l’université de Stanford en Californie. Son combat actif dans la lutte pour les droits de l’homme commence en 1968. En 1990, il critique fortement le « processus de paix » d’Oslo, le considérant comme « une fraude et un véhicule pour rendre l’occupation israélienne plus efficace ».
Citons parmi les autres publications de l’auteur : « Jewish History, Jewish Religion : The Weight of Three Thousand Years » (Pluto Press, 1994) – peu de mois après la sortie de ce livre, le Premier ministre Yitzhak Rabin a été assassiné, en novembre 1995, par un étudiant juif orthodoxe – , « Israeli Nuclear and Foreign Policies » (Pluto Press, 1997) et « Jewish Fundamentalism in Israel » (Pluto Press, 1999). Israël Shahak est décédé en juillet 2001 à Jérusalem, suite à des complications causées par un fort diabète.

La Ligue israélienne des droits de l’homme
La première partie de ce livre est consacrée à la présentation de la Ligue israélienne des droits de l’homme et des pressions qu’elle rencontre dans l’exercice de ses fonctions, aussi bien de la part de la classe politique que de la presse, citant une tentative de récupération de cette Ligue par le parti travailliste israélien en 1972, financé essentiellement par l’ « Appel juif unifié » des Etats-Unis. Un an auparavant, elle seule avait dénoncé, entre autres, les exactions dans la bande de Gaza, et parlé du cas de Abu Zuneima, camp de concentration dans le désert du Sinaï, où des familles entières – enfants et bébés compris – de fedayins n’ayant pas été capturés, étaient envoyées pour faire pression sur eux.
Revenant au financement du parti travailliste, le professeur Shahak écrit : « La plus grande partie des fonds acquise par le parti travailliste provient des différents appels, dits « charitables », lancés à l’étranger et déductibles des impôts des pays respectifs où sont lancés ses appels, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. La principale source est l’ « Appel juif unifié » des Etats-Unis, par ses versements à la Fédération sioniste et à l’Agence juive, toutes deux contrôlées par une coalition de partis politiques, dont le parti travailliste est le chef… Ces fonds proviennent ainsi, indirectement, des revenus de tous les citoyens des pays dont les impôts sont si élevés qu’ils peuvent financer des oeuvres « charitables » qui corrompent et pervertissent des associations indépendantes en Israël. J’ai dit que c’est du gangstérisme politique. Mais je voudrais bien faire comprendre que c’est un gangstérisme sans précédent… Même Al Capone n’a pas revendiqué ce privilège. »

Les crimes
La deuxième partie du livre porte sur les crimes perpétrés par l’armée israélienne, détaillant des cas de répression, d’occupation et de torture, dénonçant les conditions de vie dans les prisons israéliennes ainsi que l’administration des « territoires occupés », et abordant la question des villages arabes détruits : « La vérité sur les populations arabes, telles qu’elles existaient sur le territoire de l’Etat d’Israël avant 1948, est l’un des secrets les mieux gardés de la vie israélienne… Ce silence, bien sûr, a pour but l’authentification du mythe, accepté officiellement, « d’un pays désert »… Cette falsification est, à mon avis, d’autant plus grave qu’elle est presque universellement admise hors du Moyen-Orient. Etant donné que les villages arabes furent presque toujours détruits, complètement, avec leurs maisons, leurs clôtures, et même leurs cimetières et leurs tombes, pas une pierre n’étant restée visible, les visiteurs peuvent accepter l’idée qu’il n’y avait là qu’un désert. »

  • [Non disponible en PDF]


Histoire juive, religion juive :

Le poids de trois millénaires

Histoire Juive – Religion Juive Le poids de trois millenairesTout commence en 1965, lorsque Shahak est témoin d’un incident qui le marquera profondément. Dans un quartier de Jérusalem, un non-juif (goy) s’effondre brusquement, victime semble-t-il d’une crise cardiaque. Prié de mettre son téléphone à disposition pour appeler une ambulance, un juif religieux refuse en invoquant la Halakha, qui lui interdit de sauver un non-juif le jour du Sabbat. Shahak interroge peu après les membres de la Cour rabbinique de Jérusalem ; ces membres sont nommés par l’État d’Israël. Ceux-ci répondent que la personne qui a refusé l’usage de son téléphone a agi conformément aux lois religieuses et ils se réfèrent à l’abrégé des lois talmudiques.

Finalement, les autorités rabbiniques tant en Israël que dans la diaspora n’ont jamais fait machine arrière et ont toujours refusé de modifier ou de supprimer la moindre prescription sabbatique. Il est donc interdit à un juif de profaner le jour du Sabbat pour sauver un non-juif. Par contre, la violation du Sabbat est permise pour sauver un juif. Dérouté et scandalisé par cette discrimination raciste, Shahak se met à étudier les lois talmudiques. Il nous livre le fruit de trente ans de recherches et d’un demi-siècle de vie dans la Terre promise.

Préface de Gore Vidal, avant-propos d’Edward W. Saïd.



Israël Shahak, entre courage et érudition

par Antoine S.

Le peuple juif se caractérise par une appartenance au groupe dont il est difficile de s’extraire. Cette forte cohésion et cette construction identitaire s’expliquent largement par les liens du sang. Sans le sang juif, pas de prétention possible à appartenir à la communauté juive. Ce racialisme ou ce tribalisme en fait un peuple qui s’est construit contre les autres. En ce sens, sa position victimaire actuelle peut légèrement faire sourire les initiés.

Les grands intellectuels juifs, comme Marx, Freud, Lazare ou Aron, ont nécessairement dû se hisser au-delà de ces liens tribaux afin de tendre vers l’universel. Sans cela, ils n’auraient jamais pu acquérir conscience d’eux-mêmes mais aussi conscience de leur groupe. Il faut sortir d’un groupe ou d’une situation pour pouvoir mieux l’analyser. C’est de la philosophie de bas étage.

Israël Shahak (photo ci-dessus) appartient à ce cercle d’intellectuels qui ont pu s’éloigner des liens du sang, laissant place aux sentiments, et ainsi s’inscrire dans le domaine de la raison. Dans son livre incontournable Histoire juive – Religion juive, Le poids de trois millénaires, ce chimiste israélien offre une vision décapante du monde juif. En voici, un bref résumé.

En vertu du droit israélien, une personne ne peut être juive que si sa mère, sa grand-mère, son arrière-grand-mère et sa trisaïeule ont été juives. La conversion est possible à des conditions strictement encadrées. L’appartenance au judaïsme n’entraîne pas une appartenance à la nation israélienne puisque celle-ci contient des musulmans et des chrétiens. Elle octroie en revanche des droits que les autres n’ont pas. Peut-on dès lors parler légitimement de démocratie ?

Shahak, le fondateur de la ligue israélienne des droits de l’Homme, reproche à sa communauté son défaut d’humanisme qu’il cible à travers sa justice violente, son absence d’humour et son mépris pour le savoir. Il rappelle à juste titre qu’elle a eu un rôle important dans le trafic d’esclaves. La religion juive voue une haine à Jésus-Christ, dont il a d’ailleurs bien fait les frais, et à ses disciples qu’il faut exterminer.

Maïmonide, le codificateur du Talmud, texte d’interprétation de la Torah ayant une valeur supérieure à cette dernière, explique que les noirs ne sont pas des hommes mais qu’ils ont une valeur supérieure aux singes. Moïse Hess, un des premiers socialistes allemands, évoque la « pure race juive ». Hitler n’a donc rien inventé. Un racialisme en a affronté un autre. Les sionistes ont d’ailleurs applaudi l’ascension d’Hitler en 1933.

Confirmé dans le dernier livre de Jean Soler, Qui est Dieu ?, Israël Shahak définit le judaïsme comme étant un polythéisme où Yahvé occupe la place la plus importante. Seuls les derniers prophètes ont commencé à parler d’un seul Dieu.

Le texte religieux des juifs, le Talmud, prescrit des commandements qu’ils n’ont pas à respecter à l’égard des non juifs. C’est bien le Christ et par la suite Paul de Tarse ou Saint Paul, qui ont universalisé ces prescriptions.

Il en découle des règles que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de discriminatoires. Ainsi, il est en principe interdit de pratiquer la médecine le jour de sabbat sauf lorsqu’un juif est en danger de mort. Le médecin juif ne sera pas condamné s’il refuse de soigner un goy agonisant. Il aura alors respecté les règles talmudiques. En matière de prêt à intérêts, le même principe prime. Au sein de la communauté, cette exclusion de « l’autre » a aussi lieu. Il existe des dispenses pour les juifs riches, ces derniers ayant le droit de prêter avec intérêts aux pauvres.

Dans son analyse historique, l’auteur distingue le judaïsme classique (IXème – XVIIème siècle) de la phase moderne (XVIIIème siècle – nos jours), « marquée par la dissolution de la communauté juive totalitaire et de son pouvoir, et par des tentatives (dont la plus importante est le sionisme) de l’imposer à nouveau ».

Contrairement au mythe, les juifs ont, malgré les persécutions réelles, toujours appartenu aux classes supérieures. Leur condition était bien souvent meilleure que celle des serfs qu’ils méprisaient encore plus que les autres gentils, terme employé dans le Talmud pour désigner les chrétiens et les musulmans. Ils étaient très souvent exemptés du paiement de l’impôt qu’ils aidaient couramment à collecter.

Leur intérêt était donc plutôt de vivre dans les pays féodaux où le pouvoir central faible laissait une grande liberté aux puissants vassaux. Au XIVème siècle, lorsque la nation française était en phase d’achèvement, Philippe Le Bel a chassé les juifs, assimilés justement aux intermédiaires parasites, rôle qu’ils ont gardé en Pologne, pays resté longtemps féodal. Pour l’Espagne, c’est un peu différent car les juifs étaient mieux traités par les musulmans.

Ça n’est qu’avec Ferdinand et Isabelle la Catholique, premiers architectes de la nation espagnole, les réformateurs de l’Eglise d’Espagne, Torquemada et le cardinal Ximenes, et le peuple fatigué des servitudes juives à l’égard de l’aristocratie féodale et du haut clergé, que les juifs ont d’abord perdu leur statut privilégié en Espagne, puis ont été persécutés et enfin expulsés. Les juifs n’étaient donc pas si mal traités dans les pays accueillants malgré leur absence totale de volonté de s’intégrer. Leurs divers abus et mépris à l’égard des « gentils » ainsi que leur position permanente d’intermédiaire – marchands ou usuriers –, liée à leur condition de nomade, leur a valu des brimades et expulsions méritées.

Si les pays accueillants étaient plutôt tolérants, il en va bien différemment de la loi juive. En application des prescriptions religieuses, le meurtre d’un gentil n’est pas punissable. Lorsqu’il a une cause indirecte, il ne constitue même pas un péché. Cet acte est toutefois interdit quand il risque de provoquer la haine envers la communauté juive. Si ce risque existe, le juif doit demander paiement au goy. Le médecin juif ne peut donc soigner gratuitement un gentil. De la même façon, si un gentil tue un juif, il doit être puni à moins qu’il ne se convertisse. Seul un juif a le droit de tuer un autre juif. Logique tribale implacable. Maïmonide est d’une clarté impitoyable :

« Quant aux gentils avec qui nous ne sommes pas en guerre […] il ne faut pas causer leur mort, mais il est interdit de les sauver s’ils sont en danger de mort ; si, par exemple, on voit l’un d’eux tomber dans la mer, il ne faut pas se porter à son secours, car il est écrit : « et tu ne mettras pas contre le sang de ton prochain » – mais il [le gentil] n’est pas ton prochain [1] [2]. »

Les exemples sont légion. Interdiction de boire dans la même bouteille qu’un non juif car risque d’empoisonnement, de rendre un objet volé à un goy ou de secourir un groupe où la proportion de juifs est faible. Quelle religion d’amour et de paix !

S’agissant de la femme d’autrui, l’Encyclopédie talmudique dispose :

« Celui qui a des relations charnelles avec la femme d’un gentil n’est pas passible de la peine de mort, car il est écrit : « la femme de ton prochain [3] » et non : la femme d’un étranger ; et de même que le précepte « l’homme restera attaché à sa femme [4] », qui est adressé aux gentils, ne s’applique pas à un juif, de même il n’y a pas de mariage [sacré] pour un païen ; la femme mariée d’un gentil est interdite aux [autres] gentils, mais un juif n’est en aucun cas concerné [par cet interdit]. »

A travers son livre honnête et courageux, Israël Shahak, que les antiracistes hystériques auront du mal à faire passer pour un antisémite notoire, démonte l’escroquerie intellectuelle selon laquelle les juifs auraient été martyrisés depuis la nuit des temps alors qu’ils ont souvent été dans le camp des oppresseurs, éjectés lorsque la coupe était trop pleine. Ce peuple élu, « sûr de lui et dominateur », chassé par Yahvé pour avoir échoué dans l’accomplissement de son projet, gagnerait à être humble dans le respect du châtiment divin. L’auteur plaide pour un rejet du Talmud, texte partagé par la majorité du monde juif. Ce vœu pieux n’est malheureusement pas à l’ordre du jour.

  1. Lévitique, 19:16.
  2. Maïmonide, Mishneh Torah, « Lois sur les meurtriers » 2, 11.
  3. Exode, 20:17.
  4. Genèse, 2:24.

 

 

Israel Shahak interview (Anglais)


 

 

(Re)découvrir d’autres auteurs et conférenciers :