Les secrets de la Réserve Fédérale

De Eustace Mullins (Auteur), Michel Drac (Préface)

les-secrets-de-la-reserve-federaleLa plupart des gens, aux États-Unis, en Europe et dans le reste du monde, pensent que les dollars en circulation sont créés par le gouvernement américain. Que le nom de « Réserve Fédérale », mentionné sur chaque billet, désigne une administration gouvernementale. Or, il n’en est rien : la « Réserve Fédérale » est une institution privée, possédée par des banques commerciales. Ce livre, traduit pour la première fois en français, a représenté quarante années de travail pour son auteur. C’est probablement un des ouvrages les plus importants du XX° siècle. C est le seul livre brûlé en autodafé, par décision de justice, en Europe après 1945. C’est une enquête minutieuse, servie par l’honnêteté et la compétence. C’est, aussi et surtout, une révélation sur la manière dont fonctionne réellement le monde, depuis un siècle. Dans ce livre vous apprendrez, entre autres choses, que : Le système de la Réserve Fédérale n’est pas fédéral. En outre, il ne possède pas les moindres réserves. C’est un syndicat d’émission monétaire, dont les membres se sont octroyé le privilège exorbitant de fabriquer l argent que vous gagnez durement. Sans ce système, il est très probable que les deux guerres mondiales n auraient pu être ni déclenchées, ni financées. Et surtout, vous apprendrez, que, pour citer Henri Ford, un grand capitaine d’industrie et un VRAI américain : « L’unique objectif de ces financiers est le contrôle du monde par la création de dettes inextinguibles. » Des mots qui, à l heure actuelle, prennent une actualité brûlante…


Table des Matières

  • Préface de Michel Drac
  • Avant-propos de l’auteur
  • Introduction
  • Chapitre I – Jekyll Island
  • Chapitre II – Le Plan Aldrich
  • Chapitre III – The Federal Reserve Act
  • Chapitre IV – Le Comité Consultatif Fédéral
  • Chapitre V – La Maison de Rothschild
  • Chapitre VI – La Connexion Londonienne
  • Chapitre VII – La Connexion Hitlérienne
  • Chapitre VIII – La Première Guerre Mondiale
  • Chapitre IX – La Crise Agricole
  • Chapitre X – Les Créateurs de Monnaie
  • Chapitre XI – Lord Montagu Norman
  • Chapitre XII – La Grande Dépression
  • Chapitre XIII – Les Années 30
  • Chapitre XIV – Exposé Parlementaire
  • Addenda
  • Appendice 1
  • Biographies
  • Bibliographie


Citations

J’avais sous les yeux la preuve que le sort des peuples se décide en coulisses.

 

Dans Les Secrets de la Réserve Fédérale, Eustace Mullins nous offre une lecture passionnante de cette page d’Histoire qui s’est écrite entre le crépuscule du 19ème siècle et la veille de la seconde guerre mondiale. Il nous apporte un éclairage saisissant sur les puissants qui se cachent derrière le « Novus Ordo Saeculorum », le nouvel ordre du monde, et comment ils ont construit la mondialisation, telle que nous la connaissons aujourd’hui

 

La première révélation circulant au plan national sur les réunions secrètes des banquiers internationaux qui se déroulèrent sur l’île de Jekyll, en Géorgie, entre 1907 et 1910, où fut rédigé le projet du Federal Reserve Act de 1913.
 
..il existe deux capitalismes : celui des gestionnaires de la production d’une part, et celui des marchands, donc des banquiers, d’autre part.
Une grande partie de la réforme protestante, sur le plan pratique, consista précisément à structurer la lutte entre ces deux capitalismes.
La révolution américaine ne fut pas une révolte contre l’Empire britannique en tant que tel : c’était, avant tout, un refus de souscrire au modèle économique de cet empire.
 
 
… les grands banquiers d’affaires prirent appui sur la faillite programmée de leur système pour refonder leur pouvoir.
C’est cette victoire des banquiers que raconte Mullins – une heure sombre dans la lutte toujours recommencée entre le capital et les peuples.
Toute la dynamique de notre économie contemporaine résulte de cet instant décisif, où le marchand d’argent s’arrogea le droit de fabriquer le signe monétaire. Et cela, pour la première fois, en pratique, à l’échelle du monde.
Eustace Mullins a rédigé la chronique du plus grand hold-up de l’Histoire.
 
.. les banquiers et leurs complices au Congrès des États-Unis mirent en œuvre la conspiration qui conduisit à la création de le Réserve Fédérale des États-Unis. (…) Mais cette conspiration n’aurait jamais pu voir le jour si une autre conspiration plus vaste, à l’origine de la finance moderne qui plonge aujourd’hui le monde dans un marasme économique et financier comparable en dimension à la crise des années trente, n’avait existé.
 
.. une étude minutieuse des personnages centraux de la conspiration de la réserve fédérale, avec son lot de trahisons, de complots, d’alliances, de mariages et de fortunes colossales accumulées.
Il est impossible de sortir intact d’une telle œuvre majeure, tant ce que nous croyions savoir de l’histoire contemporaine y est magistralement remis en cause.

 


Documents annexes

(Source : Scriptoblog)

Figurent ci-dessous les éléments Internet qui n’ont pas été inclus dans le livre publié par les éditions du Retour aux Sources, pour ne pas surcharger la présentation, et sachant que ces documents, imprimés au format livre, sont parfois à la limite de la lisibilité.

 

Nous reproduisons ici tels quels les tableaux établis par Eustace Mullins, il y a cinquante ans. En tant que tels, ils constituent en effet les pièces à conviction du dossier à charge réuni par l’auteur, et comme toute pièce à conviction, ils doivent rester conformes à leur version initiale, sans ajout ni retouche.

 

Si vous tombez sur cette page au hasard, et si vous vous demandez à quoi correspondent ces organigrammes, il ne vous reste plus qu’à lire Les Secrets de la Réserve Fédérale : qui contrôle l’économie occidentale, depuis quand, comment et pourquoi.

 

Tableau1_fedLe tableau n°1 (ci-contre) révèle le lien linéaire entre les Rothschild, la Banque d’Angleterre et les maisons bancaires londoniennes qui contrôlent, en fin de compte, les banques de la Réserve Fédérale par l’intermédiaire de leurs participations dans le capital de ces banques et leurs filiales new-yorkaises. Les deux principales banques représentant Rothschild à New York, J.P. Morgan Co. et Kuhn, Loeb & Co., sont les groupes financiers qui ont organisé la conférence de Jekyll Island, au cours de laquelle la Loi de Réserve Fédérale fut élaborée. Elles ont dirigé la campagne victorieuse qui a suivi afin d’obtenir que le Congrès des Etats-Unis vote de ce projet de loi et elles ont pris une participation de contrôle, en 1914, dans la Banque de la Réserve Fédérale de New York. Les principaux dirigeants de ces sociétés furent nommés au Conseil des Gouverneurs de la Réserve Fédérale et au Comité Consultatif Fédéral, en 1914.
tableau2_fedLe tableau n°2 montre les directoires croisés des banques, tels qu’ils furent révélés par le passé des officiels sélectionnés, en 1914, pour être les premiers membres du Comité Consultatif Fédéral. Les principaux [membres] étaient les mêmes banquiers qui avaient été présents ou étaient représentés à la Conférence de Jekyll Island en 1910 et pendant la campagne en vue d’obtenir du Congrès qu’il vote la Loi de Réserve Fédérale en 1913. Ces officiels représentaient les plus gros actionnaires des banques new-yorkaises, lesquels achetèrent la majorité des actions de la Banque de la Réserve Fédérale de New York. Y figuraient également les principales banques de correspondance des banques situées dans les autres districts de la Réserve fédérale qui, à leur tour, sélectionnèrent leurs officiels pour les représenter au Comité Consultatif Fédéral.
tableau3_fedTableau 3. L’organigramme de la J. Henry Schroder Banking Company couvre toute l’histoire du 20 ème siècle, embrassant la totalité du programme qui approvisionna l’Allemagne de 1915 à 1918 [le Comité de Secours en Belgique] et dissuada l’Allemagne de rechercher la paix en 1916. Cette banque finança Hitler et rendit possible la Deuxième Guerre Mondiale ; elle soutint la campagne présidentielle de Herbert Hoover; et, sous l’Administration Reagan, deux des directeurs exécutifs les plus importants de sa filiale Bechtel Corporation exercent respectivement les fonctions de Secrétaire à la Défense [George Schultz] et de Secrétaire d’Etat [Caspar Weinberger].
Le patron de la banque d’Angleterre, entre 1973 et 1983, Sir Gordon Richardson, gouverneur de la Banque d’Angleterre (contrôlée par la Maison Rothschild), était le président de J. Henry Schroder of New York et de Schroder Banking Corporation de New York , ainsi que de la banque Lloyd’s de Londres et de Rolls Royce. Il entretient une résidence à Sutton Place à New York et, en tant que chef de la London Connexion, on peut dire qu’il est le banquier le plus influent du monde.

tableau4_fedL’organigramme Peabody-Morgan met en lumière la connexion londonienne de ces groupes bancaires de premier plan, dont les sièges sont à Londres depuis l’origine. La fortune de Peabody a permis de créer un Fonds Educatif en 1865, qui fut par la suite absorbé par John D. Rockefeller dans le Conseil Educatif Général, qui fut à son tour absorbé par la Fondation Rockefeller en 1960.
tableau5_fedLe tableau n°5 « David Rockefeller » montre le lien entre la Banque de la Réserve Fédérale de New York , la Standard Oil of Indiana, General Motors et Allied Chemical Corporation (la famille d’Eugène Meyer), et Equitable Life (J.P. Morgan).
tableau6_fedLe tableau n°6 montre l’entrelacement entre la Banque de la Réserve Fédérale de New York, J. Henry Schroder Banking Corp., J. Henry Schroder Trust Co., Rockefeller Center Inc., Equitable Life Assurance Society (J.P. Morgan), et la Banque de Réserve Fédérale de Boston.

tableau7_fedCe tableau montre l’entrelacement de la Banque de la Réserve Fédérale de New York avec Citibank, Guaranty Bank and Trust Co. (J.P. Morgan), J. P. Morgan Co., Morgan Guaranty Trust Co., Alex Brown & Sons (Brown Brothers Harriman), Kuhn Loeb & Co., Los Angeles & Salt Lake RR (contrôlée par Kuhn Loeb & Co.) et Westinghouse (contrôlée également par Kuhn Loeb & Co .).
tableau8_fedLe tableau n°8 montre le lien entre la Banque de la Réserve Fédérale de New York, Brown Brothers Harriman , Sun Life Assurance Co. (N.M. Rothschild & Sons) et la Fondation Rockefeller.
tableau9_fedCe Tableau montre l’entrelacement entre la Banque de la Réserve Fédérale de New York et JP. Morgan Co., Morgan Guaranty Trust Co. et les filiales de Rothschild, la Banque Royale du Canada, Sun Life Assurance Co. of Canada, Sun Alliance et le London Assurance Group.

 

Toutes les banques centrales ont le pouvoir d’émettre les devises dans leurs pays respectifs. Ainsi, les peuples ne possèdent pas leur propre monnaie en Europe, pas plus que les Américains ici. La monnaie est imprimée de manière privée pour un profit privé. Le peuple n’a aucune souveraineté sur sa monnaie et cela a pour conséquence qu’ils n’ont aucune souveraineté sur les principales questions politiques, telle que la politique étrangère.

 

En tant que banque centrale d’émission, la FED a derrière elle la totalité de l’énorme richesse du peuple américain. Lorsqu’elle a démarré ses opérations en 1913, elle a créé une grave menace pour les banques centrales des pays appauvris d’Europe. Parce qu’elle représentait cette très grande richesse, elle a attiré, dans les années vingt, beaucoup plus d’or qu’il n’était souhaitable et il devint très vite visible que tout l’or du monde s’empilerait dans ce pays. Ceci ferait de l’étalon-or une farce en Europe, parce qu’il n’y aurait plus d’or pour garantir les émissions de leurs devises et de leur crédit. En 1927, le but avoué de la Réserve Fédérale, après la réunion secrète avec les chefs des banques centrales étrangères, était de faire en sorte que de grandes quantités de cet or soient renvoyées en Europe. Ses méthodes pour y parvenir : un taux d’intérêt très bas et des achats massifs de bons du Trésor des Etats-Unis, qui créèrent des quantités énormes de nouvelle monnaie, intensifiant ainsi la spéculation boursière et faisant du krach boursier et de la dépression qui en résulta un désastre national.

 

Etant donné que la Fed était coupable d’avoir provoqué ce désastre, on aurait pu supposer que ses gouverneurs auraient essayé de l’atténuer. Cependant, tout au long des années noires de 1931 et 1932, ceux-ci virent s’aggraver la détresse des Américains et ils ne firent rien pour les aider. C’était plus criminel que le complot original de la Dépression. Quiconque a vécu durant ces années-là aux Etats-Unis, se souvient du chômage de masse, de la misère et du peuple américain crevant de faim. A tout moment, le Board des gouverneurs aurait pu agir pour remédier à cette situation.

 

Il aurait suffi de remettre un peu d’argent en circulation.

 

De telles sommes, destinées normalement à payer les loyers et les factures alimentaires, avaient été inspirées par Wall Street et il n’y avait plus d’argent pour faire face aux dépenses de première nécessité. Dans de nombreuses régions, les gens imprimaient leur propre monnaie sur des feuilles de bois ou de papier qu’ils utilisaient dans leurs communautés ; et cet argent était valable, puisqu’il représentait des obligations réciproques que les gens remplissaient.

 

La FED était une banque centrale d’émission. Elle avait le pouvoir d’émettre des millions de dollars et elle le faisait lorsque cela convenait à ses propriétaires

 

L’argent des banques de la Réserve Fédérale est  donc de l’argent quelles ont créé. Lorsqu’elles achètent des titres d’Etat, elles créent des réserves. Elles payent des titres d’Etat en se faisant des chèques à elles-mêmes et ces chèques arrivent dans les banques de la Réserve Fédérale et, ensuite, l’argent qui n’existait pas auparavant existe.

 

Voici une explication sur la manière dont les banques de la Réserve fédérale ont accru leurs actifs, les faisant passer de 143 millions à 45 milliards de dollars en trente-cinq ans. Elles n’ont rien produit – elles étaient des entreprises non-productives – et elles ont pourtant réalisé cet énorme profit, simplement par la création monétaire, dont 95% sous forme de crédit, qui n’a rien ajouté à l’argent en circulation. Cet argent n’a pas été distribué aux gens sous forme de salaire et il n’a pas non plus accru le pouvoir d’achat des fermiers et des travailleurs. C’était de l’argent scriptural créé par les banquiers pour l’usage et le profit des banquiers, qui ont accru leur richesse de plus de quarante milliards de dollars en quelques années parce qu’ils avaient obtenu le contrôle du crédit de l’Etat en 1913, en faisant voter le Federal reserve Act.
En remettant ainsi le crédit de l’Etat à des banquiers privés, ceux-ci avaient reçu des possibilités illimitées de créer de la monnaie. Le Système de la Réserve fédérale pouvait aussi détruire la monnaie en grandes quantités par l’intermédiaire des opérations sur le marché ouvert.

 

Retirer de l’argent de la circulation ou le détruire donne au banquier un contrôle immédiat et illimité sur la situation financière, puisqu’il est le seul à avoir de l’argent et le seul à avoir le pouvoir d’en créer en période de pénurie monétaire. Les pénuries monétaires de 1873, de 1893, de 1920-1921 et de 1929-1931 avaient été caractérisées par un retrait de l’argent fiduciaire (papier monnaie, billets de banque). En termes économiques, cela ne semble pas être une chose si terrible, mais lorsque cela signifie qu’un employeur doit dégraisser les trois-quarts de son personnel parce qu’il ne peut emprunter l’argent pour les payer, la culpabilité énorme qui pèse sur les banquiers, et le lourd passé de souffrance et de misère dont ils sont responsables, suggéreraient qu’aucune sentence ne puisse être trop sévère pour condamner les crimes qu’ils ont commis contre leurs semblables.

 

Le 30 septembre 1940, le gouverneur Eccles déclara : « s’il n’y avait pas de dettes dans notre système monétaire, il n’y aurait pas d’argent. »

 

C’est une déclaration correcte sur notre système monétaire. Au lieu que l’argent soit créé par la production du peuple – la croissance annuelle des biens et de services – il est créé par les banquiers à partir des dettes des gens. Parce que ce système monétaire est inapproprié, il est sujet à de grandes fluctuations et il est donc fondamentalement instable. Ces fluctuations sont également la source d’un énorme profit. C’est pour cette raison que le Board de la Réserve Fédérale s’est constamment opposé à toute législation qui tenterait de stabiliser le système monétaire. »


CHAPITRE VIII – La Première Guerre Mondiale

 « L’argent est la pire des contrebandes. »

— William Jennings Bryan

Il apparaît désormais que sans le Système de la Réserve Fédérale aucune guerre mondiale n’aurait pu être déclenchée. Mais il se produisit un enchaînement  étrange d’événements, dont aucun ne fut accidentel. Sans la candidature « Bull Moose » de Théodore Roosevelt, le populaire Président Taft aurait été [probablement] réélu et Woodrow Wilson serait retourné dans  l’anonymat.  Si Wilson n’avait pas été élu, il n’y aurait peut-être pas eu de loi de la réserve fédérale et la première guerre mondiale aurait pu être évitée. Cependant, les nations européennes avaient été incitées à maintenir de puissantes armées actives, puisque telle était la politique de leurs banques centrales et que celles-ci imposaient leurs décisions. Voici ce qu’écrivait le Quaterly Journal of Economics, en avril 1887 :
“Une revue détaillée de la dette publique européenne met en évidence des intérêts et des remboursements de fonds d’amortissement qui s’élèvent chaque année à $5.343.000.000 [5,3 milliards de dollars]. La conclusion de M. Neymarck  est très proche de celle de M. Atkinson . Les finances de l’Europe sont tellement compromises que les gouvernements [européens] pourraient se demander si la guerre, malgré toutes les circonstances épouvantables qui l’accompagnent, ne serait pas préférable au maintien d’une paix aussi précaire que coûteuse. Si les préparations militaires de l’Europe ne débouchent pas sur la guerre, elles pourraient très bien aboutir à la banqueroute des Etats-Unis. Et si de telles folies ne conduisent ni à la guerre, ni à la ruine, alors elles se dirigent à coup sûr vers une révolution industrielle et économique.”

 

Ce système instable – nations  européennes lourdement armées et en faillite – a perduré de 1887 à 1914. Dans le même temps, les Etats-Unis continuaient d’être une nation débitrice, empruntant à l’étranger et accordant peu de prêts internationaux, parce qu’ils n’avaient pas de banque centrale et ne pouvaient donc pas « mobiliser le crédit ». Les Rothschild, qui s’étendaient sur plusieurs pays grâce à leurs succursales, construisirent un système de prêts aux nations qui a permis de financer les conflits européens du dix-neuvième siècle. Dès 1900, il était devenu évident que les pays européens ne pouvaient se permettre une guerre majeure. S’ils disposaient de grandes armées opérationnelles, d’un service militaire universel et d’armes modernes, leurs économies ne pouvaient financer des dépenses aussi énormes. Lorsque le Système de la Réserve Fédérale a commencé ses opérations en 1914, il a forcé le peuple américain à prêter aux Alliés vingt-cinq milliards de dollars, qui ne furent pas remboursés. En revanche, des intérêts considérables furent versés aux banquiers new-yorkais. Le peuple américain fut entraîné dans la guerre contre le peuple allemand, alors qu’il n’avait aucun différend politique ou économique avec lui. Qui plus est, les Allemands étaient plus nombreux aux Etats-Unis que partout ailleurs dans le monde ; près de la moitié des citoyens américains étaient de descendance allemande et il s’en fallut de peu pour que l’allemand ne devienne aux Etats-Unis la langue nationale.  L’ambassadeur d’Allemagne auprès de la Turquie, le baron Wangeheim, avait demandé à son homologue américain, Henry Morgenthau, pour quelles raisons  les Etats-Unis avaient l’intention de faire la guerre à l’Allemagne. Parlant au nom du groupe d’opérateurs immobiliers de Harlem dont il était le chef, Morgenthau répondit : « Nous, les Américains, entrons en guerre par principe moral.”

 

J.P. Morgan avait encaissé le produit du First Liberty Loan à titre de remboursement pour les quatre cents millions de dollars qu’il avait avancés à la Grande-Bretagne au début de la guerre. Pour couvrir ce prêt, 68 millions de dollars en billets de banque avaient été émis en vertu des provisions de la Loi Aldrich-Vreeland, qui permettait l’émission de billets contre des titres [des obligations du Trésor]. Ce fut la seule fois où cette provision fut utilisée. Ces billets de banque furent retirés de la circulation dès que les banques de la Réserve Fédérale commencèrent leurs opérations et il furent remplacés par des billets de la Réserve Fédérale.

 

Durant les années 1915 et 1916, Wilson maintint sa confiance aux banquiers qui lui avaient acheté la Maison Blanche, en continuant d’accorder des prêts aux Alliés. Son Secrétaire d’Etat, William Jennings Bryan, passait son temps à protester, en disant : “L’argent est la pire des contrebandes”.

 

Avant 1917, les Morgan et Kuhn, Loeb Company avaient émis un milliard et demi de dollars au titre des prêts accordés aux Alliés. Les banquiers finançaient également une quantité d’organisations œuvrant pour la « paix », qui travaillaient en réalité à impliquer l’Amérique dans la guerre mondiale. Pendant que le Comité de Secours en Belgique inventait des histoires d’atrocités contre les Allemands, une organisation du Carnegie, « La Ligue pour imposer la Paix » , s’agitait à Washington afin d’inciter les Etats-Unis à entrer en guerre. Cette dernière donna naissance au Carnegie Endowment for International Peace  qui fut dirigée, pendant les années quarante, par Alger Hiss. Un auteur  a même affirmé qu’il n’avait jamais vu de « mouvement de la paix » qui ne se terminât dans la guerre.

 

Lorsque l’Ambassadeur des Etats-Unis auprès de la Grande-Bretagne, Walter Hines Page, se plaignit de ne pas disposer des moyens pour un tel poste, il reçut 25.000 dollars d’argent de poche par an de la part de Cleveland H. Dodge, le président de la National City Bank. En 1916, Mencken accusa ouvertement Page d’être un agent britannique, ce qui était injuste : Page était simplement un agent des banquiers.

 

Le 5 mars 1917, Page envoya une lettre confidentielle à Wilson. “Je pense que la pression exercée par cette crise qui s’approche est allée au-delà de la capacité de la Morgan Financial Agency en ce qui concerne les  gouvernements britannique et français… La meilleure aide que nous pourrions apporter aux Alliés serait de leur accorder un crédit. Evidemment, à moins d’entrer en guerre contre l’Allemagne, notre gouvernement ne peut pas accorder directement un tel crédit.”

 

Malgré le chaos financier provoqué par leurs agents (les Warburg finançaient le Kaiser, et le frère de Paul Warburg, Max, chef des services secrets allemands, avait autorisé le train de Lénine à traverser les lignes de front afin d’accomplir la révolution bolchevique en Russie), les Rothschild se montrèrent circonspects à l’égard de la capacité de l’Allemagne à poursuivre la guerre. Selon Franklin D. Roosevelt, alors Sous-Secrétaire à la Navy, l’industrie lourde des Etats-Unis se préparait à la guerre depuis un an. Les Services de l’Us Army et de la Navy achetaient depuis le début de 1916 des fournitures de guerre en grandes quantités. Dans ses Mémoires, Cordell Hull a noté :
“Ce conflit a contraint le gouvernement à étendre le principe de l’impôt sur le revenu. En visant l’unique grande source de revenus non-imposés jusqu’alors, la loi fiscale s’appliquant à tous les revenus fut promulguée à temps pour faire face aux exigences de la guerre. Ce conflit a contribué, également à temps, à faire entrer en vigueur le Système de la Réserve Fédérale.”

 

On peut se demander : « À temps pour qui ? » Certainement pas pour le peuple américain qui n’avait nullement besoin de « mobiliser le crédit » pour une guerre européenne ou de promulguer un impôt sur le revenu en vue de la financer. Cette déclaration de Hull offre un aperçu rare des machinations orchestrées par nos « serviteurs publics ».

 

Les notes du Journal of Political Economy d’octobre 1917 disent ceci :
“Les effets de la guerre sur les affaires des banques de la Réserve Fédérale ont nécessité un développement considérable de leur personnel, avec une augmentation correspondante de leurs dépenses. Evidemment, incapables d’anticiper une demande aussi précoce pour leurs services et aussi dispendieuse dans ce domaine, les concepteurs de la Loi de Réserve Fédérale s’étaient assurés que les banques de la Réserve Fédérale agiraient en tant qu’agents du Gouvernement.”

 

Les banquiers attendaient depuis 1887 que les Etats-Unis votent une loi de banque centrale permettant de financer une guerre européenne entre les nations qu’ils avaient déjà mises en faillite avec des programmes d’armement et de « défense ». La fonction la plus exigeante de ce mécanisme de banque centrale est le financement de la guerre.

 

Le 12 octobre 1917, Woodrow Wilson prononça un discours d’une importance capitale et déclara :
“Il est manifestement impératif que les réserves bancaires des Etats-Unis soient totalement mobilisées. Le fardeau et le privilège (des prêts aux Alliés) doivent être partagés entre chaque institution bancaire du pays. Je pense que la coopération des banques, à cet instant, est un devoir patriotique et que la qualité de membre du Système de la Réserve Fédérale est un motif important  et incontestable pour manifester son patriotisme.”

 

E.W. Kemmerer écrit : “En tant qu’agents du Gouvernement, les banques de la Réserve Fédérale ont rendu aux nations des services d’une valeur incalculable après notre entrée en guerre. Elles ont largement aidé à conserver nos ressources en or, à réguler notre change et à centraliser nos énergies financières. On frissonne à l’idée de ce qui serait arrivé si la guerre nous avait trouvés avec notre ancien système bancaire archaïque et décentralisé.”

 

Les frissons de M. Kemmerer occultent le fait que si les Etats-Unis avaient gardé leur « système bancaire archaïque », ils auraient été incapables de financer la guerre mondiale et d’y participer activement.

 

Woodrow Wilson lui-même ne croyait pas en cette croisade pour sauver la démocratie mondiale. Il écrivit plus tard que “La guerre mondiale était une question de rivalité économique.”
Le Sénateur McCumber interrogea Wilson sur les circonstances de l’entrée en guerre de l’Amérique : “Pensez-vous que si l’Allemagne n’avait commis aucun acte de guerre ou aucun acte d’injustice contre nos citoyens nous serions entrés dans cette guerre ?”
“Je le pense”, répondit Wilson.
“Vous pensez que nous y serions entrés de toute façon ?” poursuivit McCumber.
“Je le pense” dit Wilson.
Dans son Message de Guerre de 1917, Wilson avait inclus un hommage incroyable aux communistes russes qui s’étaient activement occupés, dans ce malheureux pays, à massacrer la classe-moyenne.

 

“Grâce aux actions  merveilleuses et réconfortantes qui se sont produites en Russie ces dernières semaines, l’assurance est venue s’ajouter à notre espoir d’une future paix mondiale. Voici un partenaire digne de la Ligue d’Honneur.”

 

L’hymne de Wilson à un régime assoiffé de sang, qui a, depuis lors, massacré soixante-six millions de ses habitants de la façon la plus barbare, révèle ses véritables sympathies et ses véritables commanditaires : les banquiers qui avaient financé la purge sanglante en Russie. Lorsque la révolution communiste a semblé devenir incertaine, Wilson envoya en Russie son émissaire personnel, Elihu Root, avec cent millions de dollars provenant de son Fonds Spécial d’Urgence de Guerre afin d’empêcher le renversement du régime bolchevique.

 

Les documents prouvant l’implication de Kuhn, Loeb Company dans l’instauration du communisme en Russie sont beaucoup trop nombreux pour être cités ici, mais nous incluons une brève mention, typique de la littérature sur ce sujet. Dans son ouvrage, Czarism and the Revolution, le Général Arsène de Goulevitch a écrit :
“M. Bakmetiev, l’Ambassadeur Impérial de Russie auprès des Etats-Unis, aujourd’hui décédé, nous rapporte que les Bolcheviques, après leur victoire, ont transféré pour 600 millions de roubles d’or à la Kuhn, Loeb Company entre 1918 et 1922.”

 

Après l’entrée de l’Amérique dans la Première Guerre Mondiale, Woodrow Wilson livra le gouvernement des Etats-Unis au triumvirat constitué de ceux qui avaient financé sa campagne présidentielle : Bernard Baruch, Eugène Meyer et Paul Warburg. Baruch fut nommé à la tête du Conseil des Industries de la Guerre, avec des pouvoirs de vie et de mort sur toutes les usines aux Etats-Unis. Eugène Meyer fut nommé à la tête de la Société du Financement de la Guerre, en charge du programme de prêts qui finançaient la guerre. Paul Warburg prit le contrôle du système bancaire de la nation [américaine]…


En cette soirée du 22 novembre 1910, un groupe de journalistes se trouvait à la gare de Hoboken, dans le New Jersey. Ils avaient la mine déconfite. Ils venaient juste de voir une délégation constituée des financiers les plus importants du pays quitter la gare en mission secrète. Cela se passait de nombreuses années avant qu’ils découvrissent en quoi consistait cette mission ; et, même lorsqu’ils le surent, ils ne comprirent pas que l’histoire des Etats-Unis avait subi un changement drastique après cette nuit-là à Hoboken.

 

La délégation était partie dans une voiture de chemin de fer hermétiquement fermée, rideaux baissés, pour une destination non divulguée. Le Sénateur Nelson Aldrich, le chef de la Commission Monétaire Nationale, conduisait cette délégation. Deux ans plus tôt, en 1908, après la panique tragique de 1907 qui déclencha un tollé général pour que le système monétaire de la nation soit stabilisé, le Président Théodore Roosevelt avait promulgué la loi qui allait créer la Commission Monétaire Nationale. Aldrich, lui, avait emmené les membres de la commission dans une tournée européenne de deux ans, dépensant quelques trois cent mille dollars d’argent public. Il n’avait pas encore établi le compte-rendu de ce voyage et il n’avait pas non plus proposé le moindre projet pour une réforme bancaire.

 

À la gare de Hoboken, le Sénateur Aldrich était accompagné de son secrétaire particulier, Shelton, d’A. Piatt Andrew, le Secrétaire-adjoint au Trésor et assistant spécial de la Commission Monétaire Nationale, de Frank Vanderlip, le président de la National City Bank of New York, d’Henry P. Davison, l’associé principal de J.P. Morgan Company et généralement considéré comme l’émissaire personnel de Morgan, et de Charles D. Norton, le président de la First National Bank of New York dominée par Morgan. Juste avant le départ du train, le groupe fut rejoint par Benjamin Strong, connu aussi pour être un lieutenant de J.P. Morgan, et par Paul Warburg, un récent immigré d’Allemagne qui avait rejoint la maison Kuhn, Loeb & Co. à New York, en tant qu’associé rémunéré cinq cent mille dollars par an.

Six ans plus tard, l’auteur financier Bertie Charles Forbes, qui fonda par la suite le magazine Forbes (l’éditeur actuel, Malcom Forbes , est son fils), écrivait : “Imaginez un groupe constitué des plus grands banquiers de la nation quittant subrepticement New York dans un train privé. Cachés par l’obscurité, ils sont partis à toute allure, furtivement, à des centaines de kilomètres au sud. Ils se sont embarqués sur une vedette mystérieuse, se sont faufilés sur une île désertée de tous, sauf de quelques serviteurs, et ont vécu là toute une semaine dans un secret si rigide que pas un seul de leurs noms ne fut mentionné une seule fois, de peur que les serviteurs n’apprennent leur identité et rapportent au monde cette expédition des plus étranges et hautement secrète dans l’histoire de la finance américaine. Ceci n’est pas une fiction : je livre au monde entier, pour la première fois, la véritable histoire sur la manière dont le célèbre rapport monétaire d’Aldrich, la fondation du système monétaire actuel des Etats-Unis, fut écrit.

 

“Le secret le plus total fut prescrit à tous. En aucun cas le public ne devait glaner le moindre indice sur ce qui allait être accompli. Le Sénateur Aldrich avait intimé à chacun de se rendre discrètement dans un wagon privé que la compagnie de chemin de fer avait reçu l’ordre de tracter vers un quai non-fréquenté. Le groupe est parti au loin. Les reporters new-yorkais omniprésents avaient été déjoués…

 

“Nelson Aldrich avait confié à Henry, Frank, Paul et Piatt qu’il allait les garder enfermés à Jekyll Island, loin du reste du monde, jusqu’à ce qu’ils aient mis au point et rédigé un système monétaire scientifique pour les Etats-Unis. Ce fut la véritable naissance du Système de la Réserve Fédérale actuel, projet établi à Jekyll Island dans une conférence avec Paul, Frank et Henry […] Warburg est le lien qui unit le système d’Aldrich au système actuel. Lui, plus que tout autre, a rendu ce système possible, devenu une réalité qui fonctionne.”

 

Voici ce qui est exposé dans la biographie officielle du Sénateur Nelson Aldrich : “En automne 1910, six hommes s’en allèrent chasser le canard : Aldrich, son secrétaire Shelton, Andrews, Davison, Vanderlip et Warburg. Des journalistes attendaient à la gare de Brunswick, en Géorgie. M. Davison alla les voir et leur parla. Les journalistes se dispersèrent et le secret de cet étrange voyage ne fut pas divulgué. M. Aldrich lui demanda comment il avait réussi ce tour de force et ce dernier ne fournit pas spontanément cette information.” Davison avait l’excellente réputation d’être quelqu’un qui pouvait concilier des factions en guerre, un rôle qu’il avait accompli pour J.P. Morgan durant le règlement de la Panique Monétaire de 1907. Un autre associé de Morgan, T.W. Lamont, a déclaré : “Henry P. Davison a servi de médiateur dans l’expédition de Jekyll Island.”

 

À partir de ces références, il est possible de reconstituer cette histoire. Le wagon privé d’Aldrich qui avait quitté la gare de Hoboken tous rideaux baissés emmenait ces financiers à Jekyll Island, en Géorgie. Quelques années auparavant, un groupe très exclusif de millionnaires, emmenés par J.P. Morgan, avait acheté cette île comme lieu de retraite pour l’hiver. Ils s’étaient baptisés « Le Club de Chasse de Jekyll Island » et, au départ, ils utilisaient cette île uniquement pour des expéditions de chasse, jusqu’à ce que les millionnaires réalisent que son climat agréable offrait une retraite clémente contre la rigueur des hivers new-yorkais. Ils commencèrent donc à construire de splendides demeures qu’ils appelaient « chaumières » pour les vacances d’hiver de leurs familles. Le bâtiment du club lui-même, plutôt isolé, était parfois réservé à des sorties entre hommes ou autres activités n’ayant rien à voir avec la chasse. En de telles occasions, il était demandé aux membres du club qui n’étaient pas invités à ces sorties spécifiques de ne pas y venir pendant un certain nombre de jours. Avant que le groupe de Nelson Aldrich ne quittât New York, les membres du club avaient été avertis que celui-ci serait occupé pendant les deux prochaines semaines.
Le Club de Jekyll Island fut choisi comme lieu pour élaborer le projet destiné à contrôler l’argent et le crédit du peuple des Etats-Unis, non seulement à cause de son isolement, mais aussi parce que c’était le lieu de la chasse privée de ceux qui élaboraient ce projet. Plus tard, le 3 mai 1931, le New York Times nota dans une chronique funéraire après la mort de George F. Baker, l’un des plus proches associés de J.P. Morgan, “le Club de Jekyll Island a perdu l’un de ses membres les plus distingués. Un-sixième de la richesse totale du monde était représentée par les membres du Club de Jekyll Island”. La qualité de membre était exclusivement héréditaire.

 


Le groupe d’Aldrich ne s’intéressait pas à la chasse. Jekyll Island fut choisie comme site pour la préparation de la banque centrale, parce qu’elle offrait une intimité totale et qu’il n’y avait aucun journaliste à quatre-vingts kilomètres à la ronde. Le besoin de secret était tel que les membres de la délégation ont accepté, avant d’arriver à Jekyll Island, qu’aucun nom de famille ne fût prononcé à quelque moment que ce soit durant leur séjour de deux semaines. Plus tard, lorsqu’ils parlaient d’eux-mêmes, les membres du groupe se référaient au Club des Prénoms, puisque les noms de Warburg, Strong, Vanderlip et des autres avaient été prohibés durant leur séjour. Les domestiques habituels se virent offrir par le club deux semaines de vacances, et l’on fit venir du continent, pour cette occasion, de nouveaux serviteurs qui neconnaissaient pas les noms des personnes présentes. Même s’ils avaient été interrogés après le retour de la délégation d’Aldrich à New York, ils n’auraient pu livrer aucun nom. Cet arrangement s’avéra si satisfaisant que les membres, limités à ceux qui avaient été réellement présents à Jekyll Island, tinrent plus tard un certain nombre de petites rencontres informelles à New York.

 

Pourquoi tout ce secret ? Pourquoi ce voyage de plusieurs milliers de kilomètres dans un wagon de chemin de fer privé vers un club de chasse isolé ? Apparemment, c’était pour accomplir un programme de service public, afin de préparer la réforme bancaire qui offrirait un avantage précieux au peuple des Etats-Unis et qui avait été commandée par la Commission Monétaire Nationale. D’ordinaire, les participants n’étaient pas opposés à ce que publicité soit faite de leur générosité. En général, leurs noms étaient inscrits sur des plaques de bronze ou à l’extérieur des immeubles qu’ils avaient offerts. Ce ne fut pas la procédure qu’ils suivirent à Jekyll Island. Aucune plaque de bronze n’a jamais été érigée pour marquer les actions désintéressées de ceux qui se rencontrèrent en 1910 à leur club de chasse privé pour améliorer le sort de tous les citoyens des Etats-Unis.

 

En fait, aucun désintéressement ne se produisit à Jekyll Island. Le groupe d’Aldrich y a séjourné à titre privé pour écrire la législation bancaire et monétaire que la Commission Monétaire Nationale avait reçu l’ordre de préparer en public. Le futur contrôle de la monnaie et du crédit des Etats-Unis était en jeu. Si jamais une véritable réforme monétaire avait été préparée et présentée au Congrès, elle aurait mit fin au pouvoir des créateurs élitistes de l’unique monnaie mondiale. Jekyll Island permit que la banque centrale qui serait établie aux Etats-Unis donnât à ces banquiers tout ce qu’ils avaient toujours désiré. Comme il était le plus compétent sur le plan technique parmi les présents, Paul Warburg fut chargé de réaliser la plus grande partie de la conception de ce projet. Son travail était ensuite discuté et passé en revue par le reste du groupe. Le Sénateur Nelson Aldrich était là pour s’assurer que le projet, une fois achevé, sortirait sous une forme qu’il pourrait faire voter par le Congrès, et les autres banquiers étaient là pour inclure tous les détails nécessaires afin d’être sûrs d’obtenir tout ce qu’ils voulaient dans un avant-projet complet composé au cours d’un seul séjour. Après leur retour à New York, il ne pouvait y avoir de deuxième réunion pour retravailler sur leur projet. Ils ne pouvaient espérer un tel secret pour leurs travaux lors d’un deuxième voyage.
 
Le groupe de Jekyll Island séjourna au club pendant neuf jours, travaillant avec acharnement afin de mener sa tâche à bien. Malgré les intérêts communs de ceux qui étaient présents, ce travail ne se fit pas sans frictions. Le Sénateur Aldrich, perpétuel dominateur, se considérait comme le leader naturel du groupe et il ne put s’empêcher de donner des ordres à tout le monde. En tant que seul membre non-banquier professionnel, Aldrich se sentait aussi quelque peu mal à l’aise. Il avait eu des intérêts bancaires importants durant toute sa carrière, mais seulement en tant qu’actionnaire tirant profit des actions bancaires qu’il possédait. Il ne connaissait pas grand chose aux aspects techniques des opérations financières. Tout à son opposé, Paul Warburg pensait que chaque question soulevée par le groupe nécessitait un cours et non une simple réponse. Il perdit rarement une occasion de faire un long discours aux membres, dans le but de les impressionner par l’étendue de sa connaissance des opérations bancaires. Les autres en prirent ombrage et Aldrich fit d’acerbes commentaires. Le sens inné de la diplomatie dont était pourvu Henry P. Davison s’avéra être le catalyseur qui les maintint au travail. Le fort accent étranger de Warburg leur écorchait les oreilles et leur rappelait constamment qu’ils devaient accepter sa présence si un projet de banque centrale devait être inventé, qui leur garantît leurs futurs profits. Warburg fit peu d’efforts pour atténuer leurs préjugés et les contesta à chaque occasion possible sur les questions techniques bancaires, qu’il considérait comme sa chasse-gardée.

 

“Dans toute conspiration il faut conserver un très grand secret.” Le projet de « réforme monétaire » préparé à Jekyll Island devait être présenté au Congrès comme un travail réalisé par la Commission Monétaire Nationale. Il était impératif que les véritables auteurs de cette loi restent cachés. Depuis la panique de 1907, le ressentiment populaire contre les banquiers était tel qu’aucun parlementaire n’aurait osé voter pour une loi portant la marque de Wall Street, peu importe celui qui avait contribué à ses dépenses de campagne électorale. Le projet de Jekyll Island était un projet de banque centrale et, aux USA, il y avait une longue tradition de lutte contre le fait d’imposer une banque centrale aux citoyens. Cela avait commencé avec le combat de Thomas Jefferson contre le projet d’Alexander Hamilton, soutenu par James Rothschild, pour créer la Première Banque des Etats-Unis. Ce combat s’était poursuivi avec la guerre victorieuse que le Président Andrew Jackson avait livrée contre le projet d’Alexander Hamilton pour une Deuxième Banque des Etats-Unis, dans lequel Nicholas Biddle agissait en tant qu’agent de James Rothschild de Paris. Le résultat de ce combat fut la création de l’Independent Sub-Treasury System, qui gardait les fonds des Etats-Unis soi-disant hors de portée des financiers. Une étude sur les paniques de 1873, 1893 et 1907 indique que celles-ci furent la conséquence des opérations des banquiers internationaux de Londres. Le public exigea en 1908 que le Congrès promulguât une loi afin de prévenir la réapparition de paniques monétaires artificiellement provoquées. Une telle réforme monétaire semblait alors inévitable. C’était pour barrer la route à ce genre de réforme et pour la contrôler que la Commission Monétaire Nationale avait été créée, avec Nelson Aldrich à sa tête, puisqu’il était le chef de la majorité [républicaine] au Sénat. Le principal problème, ainsi que Paul Warburg en avait informé ses collègues, était d’éviter le nom de « Banque Centrale ». Pour cette raison, la dénomination qu’ils choisirent fut celle de « Federal Reserve System ». Ceci tromperait les gens et les inciterait à penser qu’il ne s’agissait pas d’une banque centrale. Toutefois, le projet de Jekyll Island était bien celui d’une banque centrale, remplissant les fonctions principales d’une banque centrale ; elle serait possédée par des personnes privées qui tireraient profit de la propriété de ses actions. En tant que banque émettrice, elle contrôlerait la monnaie et le crédit de la nation.

Eustace Mullins (Les secrets de la Réserve Fédérale)


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