La révolution mondiale, Le complot contre la civilisation

La Révolution Mondiale, Le complot contre la civilisationNesta Webster (1876-1960), née Nesta Bevan, était la plus jeune fille de Robert Bevan, qui fut lui-même très ami du célèbre Cardinal Manning ; sa mère était fille de l’évêque anglican Shuttelworth de Chichester ; chose qui explique sans doute une vision historique protestantisante.
Comme beaucoup de personnes de la haute bourgeoisie anglaise de son temps, à l’époque de l’Empire, lorsqu’elle fut devenue majeure, sa famille lui permit de voyager et de parcourir les possessions anglaises, l’Inde, la Birmanie, Singapour, et aussi le Japon. Rentrée en Angleterre avec son mari Arthur Webster, superintendant de la police, rencontré en Inde, elle se mit à écrire d’abord un roman historique sur le XVIIIème siècle français : Le Chevalier de Boufflers qui mérita une longue recension dans The Spectator. L’histoire mondiale la fascinant, elle avait décelé les influences illuministes et juives sur la décadence de l’Occident (Secret Societies and subversives Movements). Tout aussitôt la presse des banquiers lui fit procès de fascisme, puis de nazisme selon la coutume totalitaire.
Or, c’est chose faite : le Communisme judéo-maçonnique, sous la forme d’un bolchevisme déguisé, tient aujourd’hui en esclavage mental ou physique, ou les deux à la fois, la quasi-totalité de la population mondiale. Il a su gagner des adeptes parmi les idéalistes et les enragés stipendiés (écologistes ou autres) qui voient en lui un modèle de société qui mettra fin à la pauvreté et apporterait une distribution équitable des richesses sans nuire à la planète.
Plus les preuves de la conjuration s’accumulent, plus elles sont authentifiées, ce qui est un comble, par d’orgueilleux aveux et des déclamations outrecuidantes des fils de l’Homicide, et plus les procès et les calomnies sont montés contre les témoins vivants ou morts qui dénoncent le mensonge, l’imposture, la perversité en marche et la tyrannie mondialiste. Nuremberg a servi de ballon d’essai ; et l’essai, comme on dit, a été transformé sous nos yeux.

 

l_amer-dessous-des-cartesCe livre est sans aucun doute l’un des plus intéressants et passionnant que j’ai pu lire.. Ceux qui ont entrevu la Révolution mondiale par des auteurs comme William Guy Carr doivent se pencher sur celui-ci, qui est par moment bien plus précis, va plus en profondeur, comme pour la révolution Française. L’auteur, anglaise, nous livre également une vision de l’intérieur de la société anglaise de cette époque.
 
Un vrai livre d’Histoire (alternative) qui se déguste cordialement. Une magistrale histoire de la Gauche politique depuis son apparition; Madame Webster dresse le portrait des différends stades du socialisme, depuis la disparition des corporations des métiers à la suite de la révolution française jusqu’au début du XXème siècle. Elle y dépeint les personnages-clé, leurs idéologies communes et spécifiques, expose les limites de leurs doctrines et leurs échecs, en commençant peu avant la grande révolution française avec l’influence initiale de l’illuminisme, jusqu’aux horreurs du bolchévisme puis du communisme. Elle montre que toutes les conflagrations sociales ont pour terreau fertile les mêmes idées de destruction/refonte de la civilisation.
 
Sur les traces de William Guy Carr ou de Robison elle propose elle aussi d’ausculter certaines révolutions, chinoise et égyptienne notamment, sous un œil nouveau en plongeant dans les coulisses mal éclairées de l’Histoire trafiquée. L’omission étant souvent plus révélatrice que les faits rapportés, on y apprend quelles forces et quelles idéologies directrices ont façonné l’histoire dans le sang.
 
Le grande force de ce livre, outre une historienne qualifiée, est l’enrichissement progressif lors des éditions successives, par l’auteur mais aussi par l’éditeur et enfin par le traducteur en langue française. Par exemple, publié initialement dans les années 20, il termine aujourd’hui par les suites de la seconde guerre mondiale.

TABLE DES MATIÈRES

(Les éléments verts sont publiés plus bas)

  • PRÉFACES ……………. 2
  • Préface de l’Éditeur ……………….. 3
  • Note du Traducteur de l’édition française :……………… 8
  • Préface de l’édition anglaise de La Révolution Mondiale ………… 9
  • Préface de l’auteur à la sixième Édition de 1971 ……………… 12
  • PRÉFACE DE L’AUTEUR…………….. 15
  • Préface de l’Éditeur pour la sixième Édition ……….. 18
  • Confirmations ………………
  • Annexe I ………………… 22
  1. CHAPITRE I UN MIRAGE ……………… 27
    Le Communisme idéal……………… 30
    Le Communisme révolutionnaire……………… 31
  2. CHAPITRE II L’ILLUMINISME ……………. 35
    Annexe II—…………….
  3. CHAPITRE III LA PREMIÈRE RÉVOLUTION FRANÇAISE ……………. 73
    Annexe III……………. 112
  4. CHAPITRE IV LA CONSPIRATION DE BABEUF……………. 115
    Annexe IV……………. 158
  5. CHAPITRE V L’AGE D’OR DU SOCIALISME……………. 163
  6. CHAPITRE VI LA RÉVOLUTION DE 1848 ……………… 221
    Annexe V ……………. 267
    Annexe VI……………. 270
  7. CHAPITRE VII L’INTERNATIONALE ………………… 273
  8. CHAPITRE VIII LA RÉVOLUTION DE 1871 ………… 337
    AnnexeVII ……………. 367
  9. CHAPITRE IX LA CARRIÈRE DE L’ANARCHIE ……………. 369
    Annexe VIII……………. 410
  10. CHAPITRE X LE SYNDICALISME (ANARCHO-SYNDICALISME) ……………. 417
    Annexe IX……………. 455
  11. CHAPITRE XI LE SOCIALISME MARXIEN……………. 457
    Annexe X. ……………. 466
  12. CHAPITRE XII LE BOLCHEVISME & EXAMEN DES PROTOCOLES ………469
    Examen des Protocoles ……………. 500
    Annexe XI ……………. 514
    Annexe XII……………. 518
  13. CHAPITRE XIII LE SOUTIEN DE L’OR ……………. 523
  14. CHAPITRE XIV LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE …….. 543
  15. CHAPITRE XV LA RÉVOLUTION CHINOISE ……………. 571
  16. CHAPITRE XVI LA RÉVOLUTION AFRICAINE ……………. 603
  17. CHAPITRE XVII LE CHAOS MONDIAL ……………. 619
  • BIBLIOGRAPHIE ……………. 633
  • INDEX ALPHABÉTIQUE ……………. 641
  • TABLE DES MATIÈRES……………. 661

Préface de l’Editeur

Nesta Webster vers 20 ans

Nesta Webster vers 20 ans

La Révolution mondiale de l’historienne Nesta Webster, bien que considéré depuis sa première publication en 1921 comme un ouvrage fondamental d’érudition et un classique dans les milieux anglo-saxons cultivés et antirévolutionnaires, n’avait à notre connaissance jamais été traduit en français. Son intérêt est tel qu’il nous a paru nécessaire d’en donner une version française, ou plutôt une lecture explicite. Nous avons traduit [1] la 7ème édition parue en 1994, retirage de celle mise à jour après la IIème guerre mondiale par l’auteur et augmentée par l’un de ses collaborateurs : son éditeur, Anthony Gittens. Mais nous avons cru devoir y ajouter des notes (entre parenthèses, indiquées (NDT), ou (NDE) précisant certains points peu connus de l’Histoire et suggérés par l’Auteur, au Traducteur ou à l’Éditeur (cf. infra).

Nesta Webster (1876- 1960), née Nesta Bevan, était la plus jeune fille de Robert Bevan, qui fut lui- même très ami avec le célèbre Cardinal Manning ; sa mère était fille de l’évêque anglican Shuttelworth de Chich ester. Nesta Webster fut élevée au Westfield College, une institution très stricte pour jeunes filles dirigée par Miss Maynard. Comme beaucoup de personnes de la haute bourgeoisie anglaise de son temps, à l’époque de l’Empire, lorsqu’elle fut devenue majeure sa famille lui permit de voyager et de parcourir les possessions anglaises, l’Inde, la Birmanie, Singapour, et aussi le Japon. C’est en Inde qu’elle rencontra le capitaine Arthur Webster qui était superintendant de la police anglaise, qu’elle épousa. Rentrée en Angleterre avec son mari, elle se mit à écrire et l’on raconte qu’elle fut hantée par l’idée d’avoir vécu en France au XVIIIème siècle. Son premier ouvrage notable sur le sujet fut son Chevalier de Boufflers [2], livre qui fascina Lord Cromer comme le montra la longue recension qu’il lui consacra dans The Spectator.

  1. (NDE) : Traduction tout à fait remarquable selon nous et assortie de notes savantes et pertinentes. Cet ouvrage étant un document destiné au travail de l’historien, celui-ci voudra bien excuser la longueur des notes de bas de page. Nous avons déplacé certaines d’entre elles en Annexes, en fin de chapitre pour ne pas surcharger l’immense travail de l’auteur
  2. Ville du Beauvaisis ; Le chevalier Stanislas-Jean de Boufflers 1738-1815, Maréchal de camp, gouverneur du Sénégal (1785) est connu pour ses poèmes et ses contes (NDE)
Nesta Webster

Nesta Webster dans les années 40

De plus en plus passionnée par cette époque de l’histoire européenne, Nesta Webster se plongea dans la littérature sur la Révolution et les ouvrages de souvenirs des témoins, passant trois années à les lire au British Museum et à la Bibliothèque Nationale à Paris. Après la première guerre mondiale, elle fut invitée à donner une conférence sur les Origines et les progrès de la Révolution Mondiale devant les officiers du Royal Artillery à Woolwich (où se trouve l’arsenal de Londres qui fondait les canons de la Flotte), conférence qu’elle dut répéter devant la Brigade des Gardes de Whitehall, puis devant les officiers des Services secrets britanniques. C’est sur l’insistance de ces derniers qu’elle se mit à écrire l’ouvrage World Revolution, (la Révolution mondiale), qui fut un succès et connut six éditions de son vivant, la dernière en 1971, suivie d’une posthume en 1994.

Après Le Chevalier de Boufflers et ce livre, World Revolution, suivirent encore d’autres œuvres non moins remarquables : The Socialist Network (le Réseau Socialiste) ; Surrender of an Empire (la Fin d’un Empire) ; Louis XVI et Marie-Antoinette avant la Révolution; Louis XVI et Marie-Antoinette durant la Révolution, puis Spacious days et Secret Societies and subversive Movements (Sociétés secrètes et Mouvements subversifs), et enfin sa dernière œuvre, The Secrets of the Zodiac (Les secrets du Zodiaque) publiée sous le pseudonyme de Julian Sterne. Par son charme et plus encore son esprit brillant et sa profonde connaissance des sujets qu’elle traita en historienne, elle captiva nombre des esprits les plus brillants du monde politique littéraire et militaire de son époque, et Lord Kitchner en Inde la qualifia « d’opposant de premier plan à la subversion ». Quelle est la nature de cette subversion ? c’est ce que Nesta Webster s’est attachée à déterminer ici dans La Révolution Mondiale, et dans ses deux œuvres postérieures : Secret societies and subversive Movements, et The Secrets of the Zodiac…

« Les Juifs n’essayent même plus de dissimuler que dans leur éternelle haine du Christianisme, secondés par les chefs de la Franc-maçonnerie, ils ont été les auteurs de la Révolution »

(Magazine The Mouth, octobre 1896).
Les notes du traducteur ont été tirées d’ouvrages aussi décisifs que celui de Mgr Meurin « La Franc-maçonnerie, Synagogue de Satan », ceux de Mgr Delassus et ceux récents de J. Bordiot et Jean Lombard, qui, comme Mme Queensborough, ont établi l’implication de la ploutocratie juive anglo-saxonne et de la Maçonnerie dans le financement des révolutions européennes.


Note du Traducteur de l’édition française :

Dans cette Lecture en édition française, adaptée d’après la 7ème édition anglaise de 1974 mise à jour par le collaborateur de longue date de Nesta Webster, A. Gittens, nous avons cru devoir ajouter des notes complémentaires (indiquées entre parenthèses comme NDT), soit se référant aux sources utilisées par l’auteur, mais d’un intérêt spécial pour l’Histoire de France, soit de sources récentes dont l’auteur ne put avoir connaissance, provenant des travaux publiés dans le dernier tiers du XXème siècle pour préciser certains points essentiels. Nous espérons qu’elles aideront le lecteur à mieux comprendre le sens des événements passés et présents.


Préface de l’édition anglaise de La Révolution Mondiale

Les erreurs, même les plus dangereuses, possèdent toutes un élément de vérité, ce pourquoi elles se répandent si souvent ; les esprits les plus éclairés, recherchant l’originalité, y succombent et y persévèrent étrangement, comme fascinés. Le Communisme marxiste qui tient en esclavage un tiers de la population mondiale continue de gagner des adeptes parmi les idéalistes qui voient en lui un modèle de société capable de mettre fin à la pauvreté et d’apporter une distribution plus équitable des richesses.
 
L’ouvrage La Révolution Mondiale n’est pas un répertoire exhaustif des évènements révolutionnaires, mais il s’efforce d’en montrer la cause réelle. Telle est son originalité.
 
A l’époque de la première édition (en 1921), Winston Churchill dans un article de presse déclara qu’il existait « une conspiration d’envergure mondiale pour rejeter la civilisation et reconstruire la société sur la base du développement aveugle de la seule science… de l’envie malveillante et de l’impossible
égalité… C’est cette conspiration qui a joué un rôle essentiel parfaitement identifié dans la tragédie que fut la grande Révolution Française, comme un écrivain contemporain Mme Nesta Webster l’a si brillamment montré, tout comme elle a été le ressort principal de tous les mouvements subversifs du XIXème siècle. Et aujourd’hui, c’est ce gang d’individus étranges sortis des bas fonds des grandes métropoles d’Europe et d’Amérique qui tiennent par les cheveux le peuple de Russie et sont devenus les maîtres indiscutés de cet immense Empire. »
 
Pour cette édition nouvelle et entièrement révisée, l’auteur Nesta Webster a pu bénéficier de documents auxquels elle n’avait pas eu accès auparavant.
 
Chaque révolution a ses « héros » et ses « dieux », mais c’est avec une grande abondance de preuves que l’auteur montre quels escrocs, quels imposteurs furent les « dieux » du Communisme. N. Webster montre que Marx usa du Communisme comme d’une profession ; ses sentiments pour les travailleurs ne dépassaient pas ceux du forgeron pour le métal qu’il forme. La sinistre correspondance entre Marx et son ami fortuné Engels montre tout le cynisme de cette paire de Socialistes: dans une lettre à Engels, Marx parle « des minables petits boutiquiers une classe lamentable, qui prétendent se faire payer pour ce qu’ils lui ont fourni. Et plus loin : « Mes enfants semblent avoir hérité de leur père un penchant pour la boisson » et il explique : « Mais après tout, je pense que le Bordeaux et le Porto sont bons pour eux. » Marx, pour le premier semestre de 1863, eut un revenu de 621 £ sterling, ce qui n’était pas négligeable pour le champion des « damnés de la terre », de la classe ouvrière qu’il était à cette époque. Engels, qui vivait de son côté fort bien, augmentait lui ses revenus en volant dans la caisse de la firme dont il était l’un des associés. N. Webster montre également que Lénine n’était en rien l’ami des travailleurs, mais fut un agent stipendié du Gouvernement allemand, envoyé en Russie pour fomenter la révolution. Et aujourd’hui, le président Mao, un assassin de masses, proclame que Marx et Lénine ont été les héros des travailleurs. Tels sont les mythes qu’expose cette nouvelle édition.
 
Toute l’histoire du mouvement révolutionnaire est méticuleusement retracée depuis ses origines lointaines jusqu’à ce jour, avec ses émeutes organisées et richement financées, et son culte du chaos et de la corruption. Ce livre est aussi la seule étude scientifique qui montre comment contrer intelligemment la Révolution. C’est un manuel aussi essentiel aux Services de Sécurité d’État qu’aux leaders syndicaux anti-communistes.

Voici deux recensions de la première parution dans presse :

« Un livre solide et sans compromis. » (Sunday Express).

« L’ouvrage de Madame Webster sera un outil précieux pour mobiliser l’opinion publique. » (Western Mail).

L’édition anglaise de 1971, republiée en 1994, fut réalisée sous la direction d’Anthony Gittens. Celui-ci avait fait partie d’un petit groupe de documentalistes qui travailla pour Nesta Webster dans les années vingt. Il reçut alors mission de s’infiltrer parmi les groupes communistes et d’extrême-gauche dans la région des Docks du Nord lors de la grève générale de 1926 en Angleterre, et les rapports qu’il fit aidèrent alors les Autorités et permirent à Mme Webster d’écrire « The Socialist Network » (Le Réseau Socialiste). Il se consacra dès lors à l’étude du Communisme et des mouvements subversifs, sujet sur lequel il rassembla une bibliothèque unique.


Préface de l’auteur à la sixième Édition

de 1971 révisée et mise à jour

Ce livre, publié pour la première fois en 1921, vient d’être révisé, mis à jour et augmenté à la lumière de nouveaux et importants documents historiques. Certains lecteurs avaient suggéré que cette mise à jour de l’ouvrage implique de profondes modifications du texte. Mais ceci aurait alors entraîné un entier bouleversement du plan du livre, qui n’a pas pour objet d’être un long traité de propagande, mais d’être un ouvrage d’histoire retraçant l’origine de l’idée communiste et du mouvement révolutionnaire depuis leurs débuts jusqu’à ce jour, sur le base de faits indiscutables mais en mettant en évidence de temps à autre les causes secrètes.
 
Lorsque j’écrivis ce livre, je ne possédais pas les écrits originaux des Illuminés (de Bavière) et bien que les ayant consultés au British Museum, je me vis forcée de tabler sur les citations qu’en firent le Dr John Robison et l’Abbé Augustin Barruel dans leurs ouvrages. Ces citations, tout en présentant une image tout à fait correcte du gigantesque projet de l’Illuminisme, étaient parfois des traductions libres qui donnaient aux phrases originales un sens plus précis que leurs auteurs ne l’avaient voulu, voilé qu’était au contraire leur texte sous un langage plus ambigu. Après publication de mon livre, et grâce à l’obligeance de Mgr Jouin à Paris, je pus acquérir les « Original Schriften des llluminaten Ordens » en deux volumes, publiés par ordre de l’Électeur de Bavière à Munich en 1786, et dès lors, dans le présent ouvrage et dans l’édition révisée de mon autre livre Secret Societies and subversive Movements, toutes les citations que j’ai faites des documents des Illuminés ont été autant que possible traduits par moi-même à partir des originaux.
 
En 1921, je ne possédais pas non plus la correspondance publiée de Marx et d’Engels, et je dus donc avoir recours aux extraits qu’en donnent certains auteurs comme James Guillaume et Edmond Laskine, mais je fus un peu plus tard à même d’acquérir les quatre volumes des Breifwechsel zwischen Freidrich Engels und Karl Marx, publiés par Dietz à Stuttgart, qui jettent une lumière crue sur le caractère véritable et incroyable de ces deux hommes qui se sont posés en prophètes des classes laborieuses. Les citations que je fournis ici de leurs lettres ont dorénavant été traduites par moi de l’original allemand. Le chapitre X de l’ouvrage original intitulé « La Révolution de 1917 » a été mis à jour et remanié, scindé en trois chapitres : « Socialisme marxiste », « Bolchevisme »  » et « Le Soutien de l’Or ». Tout ce qui a trait au passé du mouvement révolutionnaire reste pratiquement inchangé dans l’ouvrage, mis à part quelques petites révisions, et à ceci près que dans un chapitre préliminaire on a daté son début, non pas de Rousseau, mais du premier siècle de l’ère chrétienne.
 
Pour l’époque contemporaine, il a été nécessaire de reprendre le texte à la lumière des évènements survenus depuis l’édition princeps. En 1921, le sol de l’Europe tremblait encore des suites du premier conflit mondial, et la menace d’une Allemagne vaincue mais demeurée une puissance restait largement à l’horizon dans les pays alliés. Au même moment, le rôle des Juifs dans le Bolchevisme rapporté dans le Livre blanc du Foreign Office et complété par la publication des Protocoles des Sages de Sion et les articles du Morning Post publiés en livre sous le titre de La Cause de l’agitation mondiale avait provoqué une violente controverse autour de la « Question juive ». Ne pas mentionner ces questions dans la présente édition aurait été manifester un désintérêt pour les affaires contemporaines, et j’ai donc consacré quelques pages aux Protocoles.
 
Aujourd’hui cependant, la question allemande et la question juive ont changé, et elles requièrent un point de vue différent. Car bien que l’on doive garder à l’esprit l’origine allemande de l’Illuminisme et que l’aide apportée par l’Allemagne impériale aux débuts des Bolcheviques soit un fait établi, l’arrivée d’Hitler vit une Allemagne résolument antibolcheviste. La révolution ou guerre d’Espagne (de 1936), l’accord de Munich et les évènements qui amenèrent la IIème guerre mondiale ont été de portée si considérable sur l’immense développement actuel des activités révolutionnaires dans le monde que j’ai ajouté un nouveau chapitre en fin d’ouvrage pour traiter de cette phase. Après discussion avec mon éditeur, je lui ai laissé le soin de compléter ce chapitre. A lui également de faire place aux derniers développements, mais en gardant toujours la méthode qui fut la mienne tout au long des années, de s’efforcer de montrer les causes des évènements, ce qui est plus important que d’en dresser la simple nomenclature.

Nesta Webster, Cadogan Place, Londres avril 1960



PRÉFACE DE L’AUTEUR POUR LA 1ère ÉDITION
(Publiée en 1921)

Parmi tous les livres, brochures et articles de presse consacrés à la Révolution mondiale que nous avons pu examiner, on est surpris de constater combien peu s’attachent à une investigation scientifique des origines du mouvement révolutionnaire. On avance fréquemment pour explication, ce qui pour moi est très fallacieux, que l’agitation actuelle résulterait de « la lassitude de la guerre ». On nous expose que la nature humaine, exaspérée de la trop longue horreur du récent conflit mondial, est victime d’une « crise nerveuse » qui s’exprime dans un mécontentement d’ampleur mondiale. A l’appui de cette théorie on nous dit que les guerres précédentes ont semblablement été suivies de périodes de troubles sociaux, et donc que par un processus analogue on devait s’attendre aux mêmes symptômes après la levée des contraintes de celle-ci exactement comme cela s’était passé antérieurement. Il est certes exact que les conflits politiques entre nations ont souvent dans le passé été suivis de troubles sociaux par exemple les guerres napoléoniennes par des troubles industriels en Angleterre, la guerre Franco-Prussienne (de 1870) par l’agitation révolutionnaire, non seulement dans le pays envahi, mais aussi chez les conquérants ; cependant envisager ces manifestations sociales comme résultant directement du conflit international qui les ont précédées, c’est se tromper sur leurs causes fondamentales.
 
Car la Révolution n’est pas le produit d’une guerre, mais c’est une maladie sociale qu’une nation affectée par les suites d’une guerre a le plus de risques d’attraper et de développer, tout comme un individu affaibli par la fatigue a plus de risques de contracter une maladie qu’un homme en pleine vigueur. Cependant cette prédisposition même n’est pas la cause essentielle de l’explosion de la fièvre révolutionnaire. La grande Révolution française ne fut précédée d’aucune guerre de quelque importance, et pour l’observateur réfléchi, l’Angleterre de 1914 était aussi proche de la révolution qu’en 1919. La guerre mondiale qui survint, loin d’avoir entraîné une explosion révolutionnaire dans le pays, la retarda bien au contraire, en ressoudant toutes les classes autour de l’impératif de la défense nationale.
 
La vérité est que depuis cent quarante-cinq ans le feu de la révolution a couvé constamment sous l’ancienne structure de la Civilisation et par moments a même explosé en incendies risquant de détruire de fond en comble tout l’édifice social que dix-huit siècles avaient construit. La crise actuelle n’est pas un phénomène des temps modernes, mais la poursuite d’un immense mouvement commencé au milieu du XVIIIème siècle. En un mot, la Révolution est un seul et même phénomène qui a trouvé sa première expression en France en 1789. A la fois par sa nature et son objectif, elle diffère totalement des révolutions antérieures qui avaient pour origine des causes ponctuelles dans l’espace ou dans le temps.
 
La révolution qui nous menace aujourd’hui n’est pas locale mais universelle ; elle n’est pas politique mais sociale [1], et l’on doit en rechercher les causes, non pas dans le mécontentement populaire, mais dans une conspiration profondément cachée qui utilise le peuple pour ses objectifs destructeurs. Afin d’en suivre le cours, il faut comprendre la double nature de ce mouvement, en étudiant à la fois les aspects et les manifestations extérieures des forces révolutionnaires du Socialisme, de l’Anarchie, etc., et la puissance qui se cache derrière, comme figuré sur la Carte annexée en fin d’ouvrage.
 
L’auteur pense que jusqu’ici aucun livre n’a été écrit précisément sous cet angle : nombre d’ouvrages intéressants ont été consacrés aux sociétés secrètes, d’autres à l’histoire des évènements révolutionnaires, mais aucun jusqu’à présent n’avait tenté d’établir le lien entre les deux de manière systématique. L’objet du présent ouvrage est donc, non seulement de décrire l’évolution des idées socialistes et anarchistes et leurs succès révolutionnaires, mais en même temps de suivre à l’œuvre cette force occulte terrible, obstinée, incessante et totalement destructrice, qui constitue la plus grande menace que l’espèce humaine ait jamais dû affronter. Je me suis cependant toujours efforcée de faire la différence entre la Maçonnerie britannique et la Maçonnerie continentale, montrant que la première est une association honorable qui non seulement est hostile aux doctrines subversives, mais est un puissant soutien de la légalité, de l’ordre public et de la religion. Je suis d’ailleurs redevable à certains membres distingués de la Maçonnerie britannique de l’aide précieuse et des conseils qu’ils m’ont apportés dans ce travail, ce dont je veux les remercier ici.
  1. (NDT) Les éléments de ce livre et les évènements des deux siècles écoulés montrent que cette entreprise révolutionnaire totale est d’ordre éthique, éventuellement ethnique et donc essentiellement religieux, en ce sens que le Démon a ses adorateurs.

Préface de l’Éditeur pour la sixième Édition

En préparant avec l’auteur cette édition révisée de La Révolution mondiale, celle-ci me montra ses notes et me fit part de ses suggestions pour ce que nous pensions devoir être le dernier chapitre. Nous étions à la fin des années cinquante, mais dans les mois qui suivirent, l’expansion rapide de la décomposition partout dans le monde montra clairement qu’il faudrait ajouter encore un chapitre traitant de l’expansion du Communisme après la guerre en Afrique et en Extrême Orient. Nesta Webster discuta ultérieurement de ces évènements en détails et me chargea d’interpréter ses réflexions et ses idées dans un autre chapitre.
 
Au total et après de nombreuses recherches, j’ai dû ajouter quatre chapitres en fin d’ouvrage : le chapitre XIV : La Deuxième guerre mondiale, d’après les notes de l’auteur, suivi de trois autres, respectivement : La Révolution Chinoise, la Révolution Africaine et Le Chaos mondial. C’était il y a longtemps, à l’époque des Accords de Munich, que Nesta Webster commença de percevoir la tournure des évènements. En octobre 1938, elle me montra une lettre qu’elle avait reçue d’un ami en poste dans les Services diplomatiques à Bruxelles. Ce n’était pas, me dit-elle, un Nazi, mais bien plutôt le contraire. La lettre datée du 3 octobre disait ceci :
« En dépit de la joie générale, de sérieuses raisons nous font penser que nous ne sommes qu’au début de nos difficultés. Le camarade Litvinov est une fois de plus parmi nous probablement pour quelques jours, et pour montrer à tout un chacun combien « il est écœuré » par « les manœuvres impérialistes « qui ont rendu la guerre européenne impossible. D’une part le camarade Litvinov doit consulter ses alliés communistes français et organiser le sabotage de ce répit durement gagné pendant que de l’autre, il attend les rapports de son camarade Maisky de Londres,qui a eu pour instructions de rencontrer dimanche les membres de l’Opposition (Attlee, Sir Archibald Sinclair et Lloyd George) et de « protester énergiquement contre le procédé inqualifiable des entretiens de Munich, qui exclurent la Russie Soviétique ». Mr Maisky a reçu la mission de créer de l’agitation contre M. Chamberlain, et il ne fait aucun doute qu’il suivra ces instructions à la lettre. »
Mme Webster me fit de cette lettre le commentaire suivant :
« J’imagine facilement que les Illuministes et les Bolcheviques travaillent nuit et jour à ruiner les efforts de paix de Chamberlain et à déclencher la guerre. Si elle survient, ce sera le piège dans lequel sombrera la Civilisation européenne, et la porte ouverte aux Soviets. »
Dans mes chapitres sur la IIème guerre mondiale et sur la Révolution Chinoise, je me suis efforcé de monter comment ce piège a été habilement armé. La guerre avec l’Allemagne a conduit à la bolchevisation de la plus grande moitié de l’Europe, et la guerre avec le Japon a permis à la Révolution chinoise de se répandre sur une large partie de l’Asie. J’ai également la certitude qu’un troisième piège est en préparation sous forme d’une guerre simulée ou d’un incident entre la Russie soviétique et la Chine, dans laquelle les puissances occidentales seront incitées à prendre part, dans l’idée fausse que cette guerre sera la fin du Communisme. Un tel conflit servirait en fait à la mise en esclavage final du Monde libre, si ses leaders avaient la folie de s’en mêler. A la date de la mise sous presse du volume est resurgi le vieux bateau de l’antisémitisme soviétique. C’est un mensonge usuel des révolutionnaires pour tromper le public. Il n’y a pas le plus petit signe qu’ait diminué le nombre des Juifs au sein du Conseil des Ministres soviétique, ni au Politburo ou à l’Académie des Sciences. La machine de propagande soviétique a néanmoins lancé une prétendue campagne anti-sioniste pour persuader les Arabes et les Musulmans que la Russie s’est faite le champion des États Arabes contre Israël.
 
Mais des centaines de Juifs en âge de faire leur service militaire peuvent cependant émigrer de Russie soviétique en Israël comme « réfugiés », et à moins que les hommes d’État Arabes n’aperçoivent la supercherie, leurs peuples pourraient bien se trouver piégés dans un esclavage pire que les horreurs de Gaza [1]. Il y a fort heureusement des signes qui montrent qu’un certain nombre de Juifs sionistes ont commencé de comprendre que l’État d’Israël lui-même est utilisé pour la cause de la Révolution Mondiale.
 

Anthony Gittens, décembre 1970.

  1. (NDE) : On se rappellera que lors de la fondation d’Israël (1947), un million neuf-cents mille Palestiniens, qui vivaient là depuis deux mille ans, ont été déportés par les Israélites ; lesquels assuraient sur toutes les ondes « qu’ils revenaient eux-mêmes des camps de déportation nazis».


Confirmations

« Assurément, je dénie aux bolcheviques tout titre à représenter la Russie… Ils méprisent d’ailleurs une notion aussi triviale que la nationalité… Sitôt que Lénine [1] fut au pouvoir, il commença par faire signe à d’obscurs individus qui se cachaient dans leurs repaires à New-York, Glasgow, Berne ou ailleurs, et il rassembla ainsi les cerveaux dirigeants d’une formidable secte, la plus formidable secte dans le monde. »
Winston Churchill, Discours à la Chambre des Communes du 5 Novembre 1919 [2].
« — Ce mouvement parmi les Juifs n’est pas nouveau. Depuis l’époque de Spartacus-Weishaupt jusqu’à celle de Trotsky (Russie), de Bela Kun (Hongrie), de Rosa Luxembourg (Allemagne) et d’Emma Goldman (USA), en passant par celle de Karl Marx, cette conspiration mondiale en vue de rejeter la Civilisation et de reconstruire la société sur bases d’un développement monopolisé de la science aveugle, de l’envie malveillante et de l’impossible égalité est allée sans cesse croissant.
— « Comme un écrivain contemporain, Mme Webster, l’a si bien montré, c’est cette conspiration qui joua un rôle parfaitement identifiable dans la Grande Révolution française. C’est elle qui a été le principal ressort de tous les mouvements subversifs au cours du XIXème siècle, et pour finir, aujourd’hui, ce gang d’individus extraordinaires sortis des bas-fonds des grandes métropoles d’Europe et d’Amérique du Nord tient désormais le peuple de Russie par les cheveux, et ils sont devenus les maîtres pratiquement indisputés de cet énorme empire. »
  1. Lénine était Juif par sa mère.
  2. Article « Sionisme contre Bolchevisme » de Winston Churchill dans le Illustrated Sunday Herald du 8 février 1920.

Annexe I

— (NDT) : Le Monde du 6 juin 2001 a publié une intéressante, bien que trop succincte, étude sur l’OCI (l’Organisation Communiste Internationaliste), à propos de l’appartenance à la hiérarchie de cette secte communiste du premier Secrétaire du PS Lionel Jospin, Premier Ministre. On y apprend que, derrière son président Lambert, elle a été fondée par Boris Fraenkel, juif né russe de parents Mencheviks, communiste dès sa jeunesse et émigré en France, ami de Maries Sperber. Fraenkel, qui se proclame bi-sexuel et fut le traducteur d’Eros et Civilisation d’Herbert Marcuse (juif émigré aux USA, subversif lui aussi là-bas des campus et disciple du juif érotomane Wilhelm Reich comme Fraenkel) Fraenkel déclare avoir été « le père » de Mai 68, dont les leaders agitateurs furent Cohn Benda (ou Bendit), Bernard Guetta, et d’autres militants juifs, comme Alain Krivine animateur et porte-parole d’une autre secte Communiste trotskyste la LCR, Daniel Gluckstein alias Seldjouk l’actuel Secrétaire général de l’OCI, devenu Parti des Travailleurs, et Marc Sauvageot.
 
— Dans cet article et de cette même mouvance sont cités les noms de David Komer animateur d’une secte dénommée l’Union Communiste Internationaliste, Jean-Marie Brohm professeur de sociologie à Montpellier co-auteur avec Fraenkel de La lutte sexuelle des jeunes en 1966 (Édit. Maspero), Benjamin Stora, Gérard Bloch, Claude Gémard alias Raoul, Yvan Berebbi, Patrick Dierich, Charles Berg n° 3 de l’OCI alias Jacques Kirsner, alias Charles Jérémy, Denise Salomon, Gérard Broué
 
— Les membres de l’organisation, qui a de nombreuses filiales et a changé de noms plusieurs fois, signale l’article, ont essaimé dans les Instituts d’études pédagogiques, l’Éducation nationale, le cinéma, la presse la radio télévision et les spectacles (avec Ch. Berg, (Kirsner), Bertrand Tavernier, Pierre Arditi, Alain Corneau, A Métayer, B. Munit et « beaucoup d’autres » (pour la presse pratiquement aucun nom fourni sauf A Lierbet directeur d’un journal du PS,ct Ph Campinchi, mais on sait que B. Guetta lui aussi activiste de mai 68 est collaborateur de France-Inter) l’OCI a infiltré très abondamment la Sécurité Sociale, les syndicats notamment FO et la CGT (et les Autonomes), les Mutuelles et organisations corporatives étudiantes, l’Administration et l’Éducation nationale (Krivine, et Fraenkel) et le PS (avec J.- L .Mélanchon, Julien Dray, juif de la LCR, J Y. Cambadélis et plusieurs centaines d’autres, faisant du PS une filiale de I’OCI) et dans d’autres partis,et donc le Gouvernement avec JOSPIN et plusieurs de ses ministres et collaborateurs le gouvernement français de Chirac-Jospin est donc bien un gouvernement communiste dirigé par un trotskyste tout cela correspondant très exactement à la stratégie de Weishaupt, confirmant dans les faits actuels qu’elle est une stratégie juive, mise en œuvre par eux, et que le Parti Socialiste est l’alter ego et une métastase du PC International).


CHAPITRE I – UN MIRAGE


Tout au cours de l’Histoire, la vision d’un monde idéal où l’espèce humaine jouirait d’une part égale aux biens de la vie a hanté l’imagination des rêveurs. Attirés par cet étrange mirage, des troupes d’enthousiastes ont marché inlassablement, pleines d’espoir d’atteindre le vert oasis terrestre où l’espèce humaine pourrait enfin se reposer, mais ne réussissant finalement qu’à se heurter aux inexorables lois qui gouvernent la vie sur la planète. En d’autres termes, il s’agit d’un rêve impossible. Imaginons un habitant de Mercure ou de quelque autre planète où le soleil brillerait sans fin, où aucun élément inclément ni rude de la Nature ne viendrait troubler la paix d’une espèce humaine
[1] qui n’aurait jamais chuté de son état originel de bonheur, et qui viendrait visiter notre terre : la première chose qui le frapperait serait sans aucun doute les inégalités qui prévalent sur toute la surface du globe. Il verrait des hommes et des femmes jouissant d’une insouciante existence dans « l’été des lys de l’Eden », pendant que d’autres s’abritent pêle-mêle sous de misérables igloos au milieu des neiges et de la nuit glacée du Grand Nord ; il en verrait certains, habitant d’agréables villages entourés de bois verdoyants et de champs fertiles, et d’autres, parqués dans les rues étroites des villes, souvent dans la saleté et la misère, privés de la beauté que la nature a répandue sans compter dans le monde entier. Mais par dessus tout, il serait frappé de voir que certains nagent dans l’abondance pendant que d’autres travaillent dur et peinent pour leur pain. Car, si, sur Mercure, tous peuvent vivre « comme les lys des champs et ne travaillent ni ne filent [2] », il pourrait alors s’étonner et demander :
 « Pourquoi donc cette inégale répartition des richesses du travail ? Les fruits de la terre ne devraient-ils pas être communs à tous, et le travail également partagé par tous ? »
C’est à cette conclusion, admissible de la part d’un habitant d’une autre planète ignorant des conditions qui prévalent sur la nôtre, qu’ont néanmoins abouti les rêveurs évoqués plus haut. Les inégalités qu’ils ont cherché à supprimer, ils les ont attribuées à ce qu’ils ont appelé les lois faites par l’homme, au lieu de les attribuer aux lois de la Nature, qui font que ces inégalités se retrouvent, non seulement parmi les humains, mais aussi dans le règne animal. Pendant que des myriades de fourmis travaillent sans relâche à ériger leurs monticules, comme les esclaves de l’ancienne Égypte érigeant les pyramides, et que les abeilles n’ont de cesse de fleur en fleur de se presser de recueillir le miel pour leur ruche industrieuse, vaches et moutons se reposent paresseusement dans leurs prairies ou dorment à l’ombre sous les arbres, et dans les étangs bordés de joncs odorants, les truites se meuvent sereinement dans l’eau claire et fraîche à la surface de laquelle voguent paresseusement les canards et les cygnes.
  1. C’est-à-dire capable d’une pensée rationnelle, chaque individu étant une personne, comme disait Boëce.
  2. Evangile selon Saint Luc.
En matière de propriété, notre habitant de Mercure verrait une inégalité encore plus frappante. Pourquoi certains sont-ils plus qu’abondamment pourvus en biens de ce monde et d’autres n’ont-ils rien ? « La propriété, c’est le vol » déclara l’anarchiste Proudhon en 1840 comme une découverte, alors que cet aphorisme avait couru soixante ans plus tôt. Or la propriété d’un bien, nous l’observerons plus loin, n’est pas le propre de l’espèce humaine. L’oiseau a son nid, le chien tient à son os et le défend férocement. Aussi le visiteur venu d’une autre planète, après quelque expérience de la vie sur la nôtre, sera amené à comprendre que l’homme a vécu partout selon les lois de la nature, que le travail n’est pas la malédiction qui condamna Adam à gagner son pain à la sueur de son front mais bien au contraire la plus grande bénédiction qui pût lui être donnée, lui permettant d’employer utilement ses énergies pour garder la santé morale et physique.
C’est donc par l’oubli des lois de la nature que depuis les temps les plus lointains des théoriciens se sont élevés pour déclarer qu’afin de surmonter les inégalités de la vie humaine, il fallait que toutes les richesses et les propriétés fussent réparties et allouées à tous en proportions égales ou bien gérées en commun, personne alors n’étant autorisé à posséder quoi que ce soit en propre. La première solution au problème fut sérieusement proposée dans le passé par une école de pensée. Ses prophètes oubliaient seulement de réaliser que, si l’on divisait et répartissait tout aujourd’hui, tout serait de nouveau inégal le lendemain. L’un dissiperait sa part, un autre la doublerait en la plaçant habilement, et 1’homme pratique et énergique deviendrait vite plus prospère que le paresseux et le gaspilleur. La Parabole des dix talents illustre parfaitement les capacités différentes des hommes à user de l’argent. Bien plus, avec une égale distribution des richesses, il n’y en aurait pas assez pour en donner à tous et assurer à tout le monde la prospérité, et l’on réduirait seulement tout un chacun à un niveau fatal de pénurie. Lorsque, à un moment donné, ce plan fut lancé parmi les travailleurs en France, un Rothschild de Paris se chargea de dégonfler habilement la baudruche, et ayant découvert que son valet était imbu de cette idée, il lui dit :
« Alors, tu penses que toute la richesse de France devrait être répartie également ? Eh bien, j’ai calculé ce que serait ta part dans un tel système et je vais te la donner immédiatement. La voici !… Et il tendit à l’homme une pièce de 5 francs. »
L’absurdité de cette théorie est donc depuis longtemps devenue évidente à tous les socialistes et a été remplacée depuis par l’autre, à savoir que puisque la richesse ne peut demeurer également répartie, elle ne devrait appartenir à personne, et tout devrait être en commun. C’est ainsi qu’est sorti un nouveau plan de réorganisation de la vie humaine sous la forme du Communisme.

Le Communisme idéal

C’est la théorie qui a enflammé l’imagination d’un nombre infini de groupes, de sociétés et de penseurs isolés dans le passé, et d’innombrables essais ont été tentés pour le mettre en pratique. Les avocats de ce système ont prétendu que le Christ et Ses disciples ont approuvé la communauté des biens [1], mais il n’y en a pas en réalité la moindre évidence ; la première expérience communiste de l’ère chrétienne est mentionnée dans les Actes des Apôtres, où l’on rapporte que certains convertis au Christianisme à Jérusalem avaient décidé de renoncer à leurs propriétés et d’avoir tout en commun ; la suite fut l’histoire bien connue d’Ananie et de Saphira qui ne voulurent pas verser tout leur avoir dans le fonds commun.
Des objecteurs du système s’élevèrent donc dès son origine, et il semble avoir échoué si totalement que l’on ne nous en parle plus du tout ensuite : il semble avoir disparu. On apprend simplement qu’une collecte fut faite pour les saints pauvres de Jérusalem [2]
  1. Par exemple E. Cabet : « Histoire populaire de la Révolution française »(1840) chap. IV, p. 328
  2. Épitre aux Romains XV, 26.
Mais au Moyen-âge le projet ressuscita, et entre le XIIème et le XVème siècle naquirent d’innombrables sectes communistes ou partiellement communistes, comme les Vaudois dans le Sud de la France à la fin du XIIème siècle et les Apostoliques dans le Nord au XIIIème siècle, les Beghars à la même époque en Allemagne et aux Pays- Bas, les Hussites en Bohème, les Taborites, les Frères de Bohème au XVème siècle [1]. Ces sectes étaient essentiellement religieuses et non politiques, mais elles véhiculaient cependant une tendance révolutionnaire ou du moins de rébellion, dirigée non pas tant contre les gouvernements que contre les normes usuelles de moralité, car comme Kautski [2] le fit remarquer le Communisme produisait une inévitable aversion envers le mariage et la vie familiale, ce qui à son tour entraîna le célibat et la possession en commun des femmes [3].
  1. NDT, les sectes mentionnées s’élevant contre la religion, la morale et la société chrétienne furent toutes d’inspiration et d’origine cathare, c.a.d. juive, et pour plusieurs étaient déjà organisées en trois grades ou trois cercles analogues à ceux de la Maçonnerie, cf. « 2000 ans de complots contre l’Église » de Maurice Pinay.
  2. Karl Kautski, 1854-1938, Juif allemand, théoricien marxiste.
  3. K. Kautski : Le communisme en Europe Centrale à l’époque de la Réforme.
Toutes ces sectes communistes connurent des divisions et ne durèrent que peu de temps. La seule forme de Communisme dans son vrai sens de tout posséder en commun qu’il ait jamais été possible de réaliser effectivement est celle pratiquée dans les communautés religieuses chrétiennes. Les monastères et les couvents pratiquent tout naturellement le Communisme, mais ce qui leur permet de le faire paisiblement est qu’ils sont composés de personnes ayant renoncé à tout intérêt pour les biens terrestres et qui concentrent toutes leurs pensées et leurs désir sur le Royaume des Cieux. Le Communisme séculier, de par son insistance sur le matérialisme, élimine le seul facteur qui rende possible ce système : la Foi en Dieu et en l’Au-Delà.

Le Communisme révolutionnaire

C’est la forme de Communisme qui s’est signalé pour la première fois en France en 1185, lorsqu’un Ordre se forma se faisant appeler la Confrérie de la Paix, avec pour objet premier de mettre fin aux guerres, mais aussi avec l’idée d’établir la communauté des terres. Dans leurs attaques fort peu pacifiques contre les nobles et le clergé, les Confrères en question déclaraient : « De quels droits usurpent-ils les biens qui devraient être communs à tous, comme les prairies, les bois, le gibier qui court dans les champs et les forêts, les poissons qui peuplent les rivières et les étangs, ces dons que la nature destine de manière égale à tous ses enfants. » En fonction de quoi, les Confrères entreprirent de détruire les châteaux et les monastères, mais les nobles organisant leur propre défense par les armes finirent par détruire les Confrères [1].
  1. Le Chevalier de Malet « Recherches politiques et historiques qui prouvent l’existence d’une secte révolutionnaire son antique origine, son organisation, ses moyens ainsi que son but, et dévoilent entièrement l’unique cause de la Révolution française » (1817), p. 19.
La répercussion de ces mouvements fut ressentie en Angleterre en 1381 au cours du Soulèvement des paysans. Après une marche sur Londres de soixante mille paysans sous la conduite de Wat Tyler, Jack Straw et John Ball, les légitimes demandes des classes laborieuses d’être libérées du servage furent acceptées par le jeune roi, mais les leaders du mouvement demeurèrent à Londres pour fomenter une révolte. D’après Froissard, la majorité des protestataires venus à Londres « voulaient surtout spolier les riches, détruire les nobles et piller Londres », mais John Bail prêcha la communauté de tous les biens.
Kautsky considère cet aspect de la révolte comme étant : « Comme étant essentiellement l’œuvre de prêcheurs itinérants communistes du continent » et y distingue alors « une caractéristique qui le différencie du Communisme chrétien primitif et le rend analogue à celui des temps modernes : l’esprit révolutionnaire [1]. »
  1. Karl Kautsky, op. cit. p. 5. (NDT): les sectes mentionnées s’élevant contre la religion catholique, la morale et la société chrétienne, furent toutes d’origine et d’inspiration cathares, ie. juives, et, pour plusieurs, étaient déjà organisées en trois grades ou trois cercles analogues à ceux de la maçonnerie ; cf. « 2000 ans de complots contre l’Église », Maurice Pinay.

 

EXTRAIT


Aux racines françaises

de la dépopulation

La Terreur sous la Révolution française voit pointer les premiers éléments génocidaires,
avant même la théorie malthusienne

Vers la fin de 1793, il devint évident qu’il était impossible d’absorber l’excédent de main d’œuvre ainsi crée, car les attaques contre les villes manufacturières de France avaient porté le coup fatal au commerce, et la République devait faire face à des centaines de milliers de travailleurs auxquels elle ne pouvait trouver d’emploi. C’est alors que le Comité de Salut Public, anticipant la théorie de Malthus, s’embarqua sur son terrible projet du « Système de dépopulation« 

Que ce plan ait véritablement existé est un fait indéniable, compte tenu de la surabondance de témoignages de l’époque. Dans mon livre sur La Révolution française j’ai cité sous ce rapport pas moins de trente-deux témoins, tous révolutionnaires, et depuis, j’ai encore trouvé le fait corroboré par les lettre d’un Anglais, du nom de Readhead Yorke, qui voyagea en France en 1802 et s’enquit particulièrement de cette question auprès du peintre David, l’ami de Robespierre :

– « Je lui demandai s’il était vrai que le projet avait été envisagé de réduire la population de France au tiers de son nombre actuel (environ 20 millions à l’époque, Ndr). Il répondit que cela avait été discuté très sérieusement, et que l’auteur du projet était Dubois-Crancé. »

La Révolution Mondiale, Le complot contre la civilisation de Nesta Webster, p.101

« Monsieur de la Méthérie m’assura qu’à l’époque des tribunaux révolutionnaires, il avait été sérieusement envisagé de réduire la population française à 14 millions d’habitants. Dubois-crancé fut un distingué et enthousiaste partisan de cette politique humaniste et philosophique »

La France en 1802, Lettre de Readhead Yorke, cité par Nesta Webster dans La Révolution Mondiale, Le complot contre la civilisation , p.102

« Aux yeux de Maximilien Robespierre et de son conseil, dit Babeuf, la dépopulation était indispensable parce que le calcul avait été fait que la population française était excédentaire par rapport aux ressources du sol et aux besoins de l’industrie utile, c’est-à-dire qu’avec nous, les hommes étaient trop nombreux pour pouvoir vivre dans l’aisance, qu’il y avait trop de bras pour exécuter les travaux essentiellement utiles, et voici l’horrible conclusion que puisque la population superflue s’élevait à tant … il fallait donc sacrifier une portion de sans-culottes; que ce résidu pourrait être éliminé dans une certaine mesure, et que des moyens devraient être trouvés pour cela » (1)

(1) « (NDT) : on pourra consulter Babeuf La guerre de Vendée et le système de dépopulation, présenté et annoté par R. Secher et J-J Brégon (éd. Tallandier, Paris 1987). Une politique qui, en la fin du XX ème siècle est d’actualité mondiale, pour des raisons alternativement dites politiques, religieuses,tribales, n’importe, mais en réalité économiques et « écologiques » (sic !) pour réserver à l’ethnie-reine les richesses de la terre : « c’est là notre politique, s’est vanté William Paddock, l’un des conseillers du département d’Etat américain sous H. Kissinger er Cyrus Vance en 1981 (…). Elle implique et explique les carnages des guerres révolutionnaires et des guerres mondiales du XX ème siècle, toutes provoquées par la judéo-maçonnerie mondiale

La Révolution Mondiale, Le complot contre la civilisation , p.103


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D’autres lectures inspirantes :

 

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Une réflexion sur “La révolution mondiale, Le complot contre la civilisation

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