Les Dessous du protestantisme : Martin Luther et la question juive

Martin Luther est à l’origine du Protestantisme, schisme chrétien avec le Catholicisme.


Penchons nous sur deux aspects du personnage et de sa doctrine, en rapport avec les sujets d’étude du site : l’usure bancaire naissante dans le protestantisme et l’ouvrage de Martin Luther sur les juifs, non-répertorié de son œuvre littéraire.

  • Les Juifs et leurs Mensonges – Martin Luther, 1543
    (Éditions de l’Évidence, 2010, avant-propos de Sylvie Chefneux)
  • Nous sommes Luther [PDF]
    (La lecture du Talmud a transformé Martin Luther en un ennemi des juifs)
  • Playmobil et son Martin Luther antisémite
  • Catholicisme et usure

 

 

Les Juifs et leurs Mensonges
Martin Luther, 1543

Éditions de l’Évidence — 2010 [PDF]


Avant-propos

 

« Une introduction au traité Les Juifs et leurs Mensonges du grand Martin Luther (1483-1546) est indispensable. Pourquoi ?
Parce que ce texte pose problème.

 

  • Le public lira cet ouvrage avec les préjugés de notre époque et en conclura au texte le plus « antisémite » de tous les temps ; plus encore que Drumont, que les Protocoles des Sages de Sion ou la philosophie nazie de Rosenberg ! D’ailleurs, nous vous présentons ici notre traduction en français d’une traduction anglaise trouvée sur un site internet avertissant : « ATTENTION, ce document est manifestement antisémite ».
  • Pourquoi ne trouve-t-on ce texte en langue allemande que sous forme d’extraits réédités à l’époque du IIIème Reich ?!
  • Plus étrange encore : pourquoi ce texte est-il absent des Œuvres Intégrales de Luther éditées à Genève ? Pourquoi les luthériens d’Europe ne le publient-ils pas ? Martin Luther a 60 ans en 1543 lorsqu’il écrit son traité Les Juifs et leurs Mensonges. Il est donc, trois ans avant sa mort, en pleine maturité, au sommet de sa philosophie. Pourquoi cette gêne de la part des Protestants ? Si Luther était “antisémite”, alors autant ne pas se revendiquer luthérien ; s’il ne l’était pas, la dissimulation de cet écrit prouve que ses « disciples » n’ont pas de réponse au problème que pose cette œuvre. Où sont les luthériens dignes des écrits de leur maître ?

De quoi accuse-t-on exactement Luther, ce géant Spiritualiste et Civilisateur moderne ?

  • Serait-ce d’être antisémite ? Est-ce un problème de Race qui se pose à lui ? Cette question « biologique » avait-elle seulement un sens avant Gobineau ou Hitler ? Évidemment non : ce Racisme date de 160 ans ! Rappelons qu’Hitler disait que Jésus était Aryen ! Luther, lui, considérait Jésus le juif comme le Rédempteur.
  • Accuse-t-on Luther d’antijudaïsme ? Serait-ce donc un problème de Mentalité, de Mode de pensée qui le préoccupe ? Est-ce qu’il ne reconnaissait pas pleinement l’Ancien Testament juif comme l’origine de la religion chrétienne ?
  • Quant à l’accusation d’antisionisme, je ne devrais même pas la relever ! Est-il besoin de rappeler que l’“État” d’Israël n’est qu’une monstruosité Politique colonialiste barbare, datant de 400 ans après Luther ! Quant à l’équation antisionisme = antisémitisme à la mode aujourd’hui, il ne s’agit que d’une honteuse escroquerie intellectuelle ! comme le prouve l’opposition des juifs orthodoxes au projet sioniste de B. Disraëli et T. Herzl. Rien ! Absolument rien de tout cela ne peut concerner Luther !
Au 16ème siècle, la première préoccupation aussi bien des Humanistes que des Protestants est de se débarrasser de la Tradition Chrétienne Latine, cause selon eux de toutes les superstitions et idolâtries. Avec Luther, il faut revenir aux Écritures et s’en contenter, car tout est là, à la source. Des écoles fleurissent de toutes parts où l’on se met au Grec pour comprendre la Septante (275 A.C.), la première « Bible », et l’opposer à la Vulgate (version Latine) de St Jérôme (331-420), et à l’Hébreu pour mieux fixer le texte de l’Ancien Testament. Car il faut désormais répandre dans les masses les Saintes Écritures en langue vernaculaire (langue parlée du pays) en exploitant l’invention toute nouvelle de l’imprimerie.

Ainsi, les Réformés vont se trouver entourés de gens amoureux de la langue hébraïque comme Reuchlin, qui formera Mélanchton à l’exégèse, et de nombreux lettrés en viennent à se sentir très proches des juifs. Pour ce “retour aux sources” salutaire, Luther attend donc beaucoup des juifs.

Or la guerre éclate entre Luther et la Pape. Que se passe-t-il ? Les chefs juifs, comme un seul homme, se rangent derrière… le Pape ! Comme à l’époque du Christ où le Sanhédrin choisit le camp de Rome et à celle de Mahomet où ils trahissent leur parole ! Quelle déception alors pour les Réformés ! Comment Luther va-t-il analyser cela ? Il dit :

 

  • Papistes, Turcs et Juifs sont à mettre dans le même sac ; ils choisissent le même camp : celui des Païens.
  • Si l’Évangélisme triomphe de cette crise, nous pourrons certainement convertir la masse (non les chefs !) des catholiques et des musulmans, mais cela s’avère étrangement impossible pour les Juifs en tant que collectivité.
Luther dit :
« Mon but n’est pas de me quereller avec les Juifs, ni d’apprendre auprès d’eux comment ils interprètent ou comprennent les Écritures ; je sais déjà cela parfaitement bien. Je me propose encore moins de convertir les Juifs, car c’est impossible ! »

Luther sentait le problème sans pouvoir le théoriser ! Mais il y était confronté de manière aiguë et il lui fallait prendre des décisions pratiques, pour la société.
Luther ne se trompait pas, ni sur son analyse des faits, ni sur l’impossible conversion des Juifs. Mais il n’avait pas la réponse à cette “question juive” et ne pouvait pas l’avoir historiquement. Et ceci n’a absolument rien à voir avec de l’antisémitisme, de l’antijudaïsme ou de l’antisionisme !

Le problème de la “Semence d’Abraham” est double :

 

  • D’un côté, la faute est bien aux mauvais bergers : en période de crise, les Rabbins se mettent toujours du côté du plus fort du moment… pour se retourner contre lui dans un deuxième temps.
  • De l’autre – et c’est cela qui est fondamental – la nature spécifique de l’Hébraïsme est fondée sur la procréation (on est juif par la mère !). L’Hébraïsme ne relève pas de la Religion.

Sur les 400 pages de « Qui est juif ? 50 sages répondent à Ben Gourion en 1958 », document inédit jusqu’à sa publication par Éliezer Ben Rafaël en 2001, nous lisons :
« La Torah n’utilise pas le mot de RELIGION », et « Chez les Juifs, contrairement aux autres religions [!], la Procréation remplace la Conviction ».

L’Ancien et le Nouveau Testament renferment deux modes de pensée (et donc d’action) contraires, correspondent à deux conceptions du monde opposées.

Le premier mode de pensée de l’homme est Matérialiste (de la Matière) : la Mère Émanatrice du Monde impose la Nature primant sur Humanité.
Le second est Spiritualiste (de l’Esprit) : le Père Créateur du Monde impose l’Humanité primant sur Nature.

Nos grands-parents Primitifs (première humanité), nos ancêtres les Gaulois, Celtes, Égyptiens ou Juifs, fonctionnaient de la même manière, de manière Égalitaire, Ritualiste, Mythique. Ils étaient
Gardiens de la Tradition et donc Réactionnaires (“on avance à reculons”), ce qui explique que “tout va très lentement” (250 000 années d’histoire).
Nos parents Civilisés (humanité seconde et contraire à la précédente), nos ancêtres depuis les Grecs jusqu’aux Modernes comme Kant, fonctionnaient de la même manière, de manière Libertaire, Logique, Dogmatique. Ils avaient un Idéal et donc étaient Révolutionnaires, ce qui explique que « tout va très vite » (2 500 ans d’histoire).
Aujourd’hui, pour la première fois de l’histoire, nous avons une réponse satisfaisant les Juifs en tant que Communauté : l’Église Réaliste l’apporte avec son Sionisme Spirituel qui mettra le vieux Racisme réhabilité au service de la troisième espèce que nous avons tous à engendrer. L’histoire ne réclame-t-elle pas enfin de fonder l’homme complet Réaliste (Matérialiste-Spiritualiste) : de faire de toute notre Race une seule Famille et de tous les Parents de Vraies Personnes ? Mais ceci est une autre question que nous traitons par ailleurs [1].
 
Sylvie Chefneux pour l’Église Réaliste – avril 2006
Merci à  pour son aide si précieuse.

 

  1. Nous traitons à fond ce sujet dans Les Hébreux : peuple de l’échec ? (287 pages) de Freddy Malot. Voir aussi, du même auteur, La Sagesse Traditionnelle, La Mère Fondamentale, etc. (nde)

 

Partie 1

Je m’étais fait à l’idée de ne plus écrire à propos des Juifs ou contre eux. Mais depuis que j’ai appris que ce peuple méchant et détestable n’arrête pas de nous attirer à lui par la ruse, nous les Chrétiens, j’ai publié ce petit livre, afin d’avoir ma place parmi ceux qui s’opposent aux activités diaboliques des Juifs et qui recommandent aux Chrétiens de rester sur leur garde en ce qui les concerne. Je n’aurais pas pensé qu’un Chrétien pouvait être trompé par les Juifs au point de se sentir coupable de leur exil et de leurs malheurs. Pourtant, le diable règne sur le monde, et là où la parole de Dieu est absente il a la tâche facile, non seulement avec les faibles mais aussi avec les forts. Que Dieu nous vienne en aide. Ainsi soit-il.

Grâce et paix dans le Seigneur. Cher monsieur et ami, j’ai reçu un traité dans lequel un Juif engage le dialogue avec un Chrétien. Ce Juif ose déformer les passages des Écritures que nous citons à l’appui de notre foi, relatifs à notre Seigneur Jésus et Marie sa mère, et les interpréter très différemment. Avec ces arguments, il pense pouvoir détruire les fondements de notre foi.

Voici ma réponse, à vous et à lui. Mon but n’est pas de me quereller avec les Juifs, ni d’apprendre auprès d’eux comment ils interprètent ou comprennent les Écritures ; je sais déjà cela parfaitement bien. Je me propose encore moins de convertir les Juifs, car c’est impossible. Nicolas de Lyre [1] et Paul de Burgos [2], ces deux excellents hommes, ainsi que d’autres, nous ont exactement décrit les mauvaises interprétations que font les Juifs, il y a respectivement deux cent et cent ans. Ils ont en effet réfuté minutieusement celles-ci. Pourtant, cela ne fut d’aucune utilité pour les Juifs qui se sont peu à peu enfoncés dans l’erreur.
  1. Nicolas de Lyre (env. 1270-1349) : franciscain français.
  2. Paul de Burgos (env. 1350-1435) : rabbin de Burgos, converti à la foi chrétienne en 1390 ou 1391.
Les Juifs n’ont réussi à tirer aucun enseignement de la terrible détresse qui est la leur depuis mille quatre cent ans d’exil. Ils n’en verront pas non plus la fin ou l’issue définitive, ainsi qu’ils le supposent, en s’adressant à Dieu avec des lamentations et des cris véhéments. Si de tels coups sont sans effet, on peut raisonnablement penser que notre discours et nos explications seront encore moins efficaces.

Par conséquent, un Chrétien pourrait se contenter de ne pas discuter avec les Juifs. Mais, si vous devez ou vous désirez parler avec eux, n’en dites pas plus que ce qui suit : « Écoute, Juif, sais-tu que Jérusalem et ta souveraineté, ainsi que ton temple et tes prêtres, ont été détruits il y a 1460 ans ? » Car cette année que nous, les Chrétiens, nommons l’an 1542 après la naissance du Christ, se situe exactement 1468 ans, presque 1500 ans, après la destruction de Jérusalem et l’expulsion des Juifs de la ville par Vespasien et Titus. Laissons les Juifs s’acharner sur ce sujet et en discuter aussi longtemps qu’ils le voudront.

La colère impitoyable de Dieu prouve suffisamment qu’ils se sont vraiment trompés et égarés. Même un enfant peut le comprendre. Car on n’ose pas penser que Dieu serait assez cruel pour punir son propre peuple pendant si longtemps, si terriblement, si impitoyablement et, en outre, pour garder le silence, ne lui apporter aucun réconfort ni par les mots ni par les actes et ne fixer ni limite dans le temps, ni fin à cette détresse. Qui pourrait mettre sa foi, son espoir, et son amour en un tel Dieu ? Donc cette œuvre de colère prouve que les Juifs, certainement rejetés par Dieu, ne sont plus son peuple, et lui n’est plus leur Dieu. Cela est confirmé par Osée 1 : 9 : “Appelle son nom Lo-Ammi [1], car vous n’êtes pas mon peuple et je ne suis pas votre Dieu”. Oui, malheureusement, telle est leur destinée, et une destinée vraiment terrible. Ils pourront interpréter cela comme ils le voudront ; les faits sont devant nos yeux, et ils ne nous trompent pas.
  1. Lo-Âmmi : non-mon peuple. Nom symbolique du fils du prophète Osée. Sur les prophètes, voir le document : Les Prophètes après Salomon.
Si les Juifs avaient une once de raison ou d’entendement, ils se diraient sûrement : “O Seigneur Dieu, nous nous sommes trompés. Notre malheur est trop grand, trop long, trop profond ; Dieu nous a oubliés !” etc. Je ne suis pas juif, mais soyez certain que je n’aime pas assister à la colère impitoyable de Dieu à l’encontre de ce peuple. Cela donne un frisson de crainte dans le corps et dans l’âme, car je me demande à quoi ressemblera le courroux éternel de Dieu en enfer contre les faux Chrétiens et tous les infidèles. Bon, que les Juifs considèrent notre Seigneur Jésus comme ils le voudront. Nous voyons que les paroles prononcées par Jésus se sont réalisées, dans Luc 21 : 20 : “Mais quand vous verrez Jérusalem encerclée par les armées, sachez alors que sa désolation est proche … car ce seront des jours de vengeance. Car une grande détresse sera sur la terre, et la colère contre ce peuple”.

En bref, nous l’avons déjà dit, ne vous engagez pas trop dans des discussions avec les Juifs à propos des articles de notre foi. Ceux-ci ont, depuis leur jeunesse, été nourris de tant de venin et de rancœur contre notre Seigneur qu’il n’y a rien à espérer tant qu’ils n’auront pas atteint le point où leur misère les fera finalement plier et les forcera à reconnaître que le Messie est venu, et que c’est notre Jésus. D’ici là, il est bien trop tôt, oui, il est inutile de discuter avec eux pour savoir comment Dieu est trine, comment il est devenu homme, et comment Marie est la mère de Dieu. Aucune raison humaine ni cœur humain ne pourra jamais admettre ces choses, encore moins le cœur aigri, haineux et aveugle des Juifs. Comme on l’a déjà dit, ce que Dieu ne peut pas corriger avec des coups aussi cruels, nous ne pourrons pas le changer avec des mots et des actes. Moïse ne réussit pas à corriger le Pharaon au moyen de fléaux, de miracles, de supplications ou de menaces ; il dut le laisser s’enfoncer dans la mer.

Maintenant, pour renforcer notre foi, nous voulons aborder quelques sottises grossières des Juifs concernant leur croyance et leur exégèse des Écritures, étant donné qu’ils insultent notre foi avec beaucoup de malveillance. Si cela pouvait amener quelques Juifs à changer et se repentir, ce serait pour le mieux. Pour le moment, nous ne parlerons pas avec les Juifs, mais des Juifs et de leurs manigances, afin que nous aussi, les Allemands, en soyons informés.

Les Juifs se vantent et sont démesurément fiers de leur origine ; ils sont les descendants sur terre du peuple le plus en vue, d’Abraham, Sara, Isaac, Rebecca, Jacob, et des douze patriarches, et donc du peuple saint d’Israël. Saint Paul lui-même l’admet lorsqu’il dit dans Romains 9 : 5 : Quorum patres, c’est-à-dire : “À eux appartiennent les patriarches, et le Christ est de leur race”, etc. Et le Christ lui-même déclare dans Jean 4 : 22 : “Le salut vient des Juifs”. En conséquence, ils se vantent d’être le peuple le plus noble, oui, le seul peuple noble sur la terre. Par rapport à eux et selon eux, nous les Gentils (Goyim [1]), nous ne sommes pas humains ; en fait, nous méritons à peine d’être considérés comme de pauvres larves. Car nous ne sommes pas de ce sang, de ce lignage, de cette naissance et de cette descendance supérieurs et nobles. Voici leur argument, et je pense vraiment que c’est la raison la plus importante et la plus forte de leur fierté et de leur orgueil.
  1. Goy : Gentil, païen (étranger, impur). Goyim (pluriel de Goy) : “nations” ! “peuples” ! Ennemis, barbares. Troupe d’animaux, essaim d’insectes (sauterelles !). (cf. Dictionnaire Strong, réf. 1471)
Dieu doit donc supporter cela dans leurs synagogues, leurs prières, leurs chants, leurs doctrines, et, pendant toute leur vie, les Juifs se présentent devant lui et le tourmentent cruellement (s’il m’est permis de parler de Dieu de cette façon humaine). Il doit donc écouter les supplications et les louanges qu’ils lui adressent afin qu’il les sépare des Gentils, les reconnaisse comme descendants des saints patriarches, et les choisisse pour être le seul peuple saint, etc. Et il n’y a pas de limites et pas de fin à cet orgueil concernant leur origine et leur naissance physique des ancêtres.

Et pour rajouter à leur sottise stupide, folle et délirante, ils s’enorgueillissent et remercient Dieu, d’abord d’avoir été créés humains et non animaux ; puis d’être Israélites et non Gentils ; enfin, d’avoir été créés hommes et non femmes. Ils n’ont pas appris ces âneries d’Israël, mais des Gentils. Car l’histoire rapporte que le Grec Platon adressait à Dieu de tels louanges et remerciements – si cette arrogance et ce blasphème peuvent être dénommés louanges à Dieu. Cet homme aussi louait ses dieux pour les trois raisons énoncées : il était un être humain et pas un animal ; un homme et pas une femme ; un Grec et pas un non-Grec ou un barbare. C’est l’orgueil d’un fou, la gratitude d’un barbare qui blasphème Dieu. De même, les Italiens se croient les seuls êtres humains ; ils imaginent que tous les autres peuples du monde sont inhumains, de simples canards ou souris par rapport à eux.

Personne ne peut retirer aux Juifs la fierté de leur sang et de leur origine d’Israël.
Dans l’Ancien Testament, ils ont perdu plus d’une bataille dans les guerres menées sur ce terrain, bien qu’aucun ne l’ait compris. Tous les prophètes les ont blâmés à ce sujet, car cela dénote une présomption arrogante et charnelle dénuée d’esprit et de foi. Des Juifs furent aussi exécutés et persécutés pour cette raison. Saint Jean-Baptiste les prit sévèrement à partie à ce propos, en disant : “Ne vous permettez pas de dire en vous-même, ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham” [Mathieu 3 : 9]. Il ne les appelait pas les enfants d’Abraham, mais une “engeance de vipères” [Mathieu 3 : 7].
Oh, cela était trop insultant pour la race et le noble sang d’Israël, et les Juifs déclarèrent : “Il a un démon” [Mathieu 11 : 18]. Notre Seigneur les appelle aussi une “engeance de vipères” ; en outre, dans Jean 8 : 39, il déclare : “Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez ce qu’Abraham faisait… Vous êtes de votre père le diable”. Il leur était intolérable d’entendre qu’ils n’étaient pas les enfants d’Abraham, mais ceux du démon ; ils ne supportent pas non plus de l’entendre aujourd’hui. S’ils devaient renoncer à cette vantardise et à cet argument, tout leur système qui repose là-dessus s’effondrerait et se transformerait.

Je crois que si le Messie des Juifs, celui qu’ils attendent, venait et les débarrassait de leur orgueil et de ses fondements, ils le crucifieraient et blasphèmeraient sept fois plus contre lui que contre notre Messie ; et ils diraient aussi que ce n’était pas le vrai Messie, mais un démon imposteur. Car ils se sont représentés leur Messie comme quelqu’un qui renforcerait et soutiendrait cette erreur arrogante et charnelle concernant la noblesse du sang et du lignage. Cela revient à dire que ce Messie les soutiendrait lorsqu’ils blasphèment Dieu et qu’ils considèrent avec dédain ses créatures, y compris les femmes, qui sont comme nous des êtres humains et à l’image de Dieu ; de plus, les femmes sont notre propre chair et notre propre sang, comme mères, sœurs, filles, épouses, etc. Car conformément au triple chant de louanges mentionné auparavant, les Juifs ne considèrent pas que Sara (en tant que femme) soit aussi noble qu’Abraham (en tant qu’homme). Ils souhaitent peut-être s’honorer eux-mêmes d’être nés à demi noble, d’un père noble, et à demi ignoble, d’une mère ignoble. Mais finissons-en avec ces âneries et ces supercheries.

Nous nous proposons de discuter leur argumentation et nous prétendons prouver de façon convaincante, devant Dieu et le monde, que celle-ci est totalement creuse et s’en trouve condamnée ; nous ne le ferons pas pour les Juifs car, comme on l’a déjà dit, ils ne l’accepteraient ni de Moïse, ni de leur Messie lui-même. C’est pourquoi nous citons Moïse dans la Genèse, qu’ils devraient certainement croire s’ils sont de vrais Israélites. Lorsque Dieu a institué la circoncision, il a dit, entre autres choses : “Tout mâle incirconcis sera retranché de son peuple” [Genèse 17 : 14]. Par ces mots, Dieu condamne tous ceux qui sont nés de la chair, qu’ils soient d’extraction noble, haute ou basse.

Il n’exempte même pas de ce jugement la semence d’Abraham, bien qu’Abraham fût non seulement d’extraction noble et haute par Noé, mais fût aussi déclaré saint (Genèse 15) et devînt Abraham à la place d’Abram (Genèse 17). Pourtant aucun de ses enfants ne fera partie du peuple de Dieu, mais tous en seront exclus, et Dieu ne sera pas leur Dieu, à moins que ce peuple ne soit aussi, au-delà et au-dessus de sa naissance, circoncis et accepté dans l’alliance de Dieu.

Il est certain que, aux yeux du monde, une personne est jugée, à juste titre, plus noble qu’une autre du fait de son origine, plus raffinée qu’une autre du fait de son intelligence, plus forte et plus adroite qu’une autre du fait de son corps, ou plus riche et plus puissante qu’une autre du fait de ses possessions, ou meilleure qu’une autre du fait de ses vertus particulières. Car cette vie mortelle, malheureuse et pécheresse, doit se signaler par de grandes différences et inégalités ; les exigences de la vie quotidienne et le maintien du gouvernement les rendent indispensables.

Mais se rengorger devant Dieu et s’enorgueillir d’être si noble, si haut placé, et si riche par rapport aux autres peuples, c’est de l’arrogance démoniaque, étant donné que toute naissance de la chair est condamnée sans exception à ses yeux dans le verset susmentionné, si son alliance et sa parole ne viennent pas à la rescousse une fois encore et ne créent pas une nouvelle naissance différente, tout à fait différente de l’ancienne première naissance. Donc, si les Juifs fanfaronnent devant Dieu dans leurs prières, et se glorifient d’être du sang et du lignage nobles des patriarches, d’être leurs enfants, et si Dieu doit être attentionné et bienveillant à leur égard à cause de cela, alors qu’ils accusent les Gent ils d’être ignobles et pas de leur sang, mon cher ami, pouvez-vous supposer l’effet qu’aura une telle prière ? Voici l’effet qu’elle aura : Même si les Juifs étaient aussi saints que leurs ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob eux-mêmes, oui, s’ils étaient des anges du ciel, une telle prière justifie qu’on les précipite dans les profondeurs de l’enfer. Que ces prières sont loin de les délivrer de leur exil et d’annoncer leur retour à Jérusalem !

Car, quel est l’effet de cette prière arrogante et démoniaque sinon faire mentir la parole de Dieu, car Dieu dit : Quiconque naît et n’est pas circoncis sera non seulement ignoble et inutile, mais sera aussi damné et ne fera pas partie de mon peuple, et je ne serai pas son Dieu. Les Juifs enragent contre cela par leur prière blasphématoire comme pour dire : “Non, non, Seigneur Dieu, cela n’est pas vrai ; tu dois nous entendre, car nous sommes du noble lignage des saints ancêtres. Du fait de cette noble origine, tu dois nous reconnaître comme seigneurs sur la terre et dans les cieux aussi. Si tu omets de le faire, tu trahis ta parole et tu es injuste envers nous, car tu as juré à nos ancêtres que tu accepterais leur semence comme ton peuple pour l’éternité”.

C’est comme si un roi, un prince, un seigneur, ou une personne riche, habile, raffinée, pieuse, vertueuse, parmi nous les Chrétiens, s’adressait à Dieu ainsi : “Seigneur Dieu, vois quel grand roi et seigneur je suis ! Vois comme je suis riche, raffiné et pieux ! Vois quelle fille ou quel garçon habile je suis par rapport aux autres ! Sois bienveillant à mon égard, aide-moi, et compte tenu de tout cela sauve-moi ! Les autres n’en sont pas aussi dignes, car ils ne sont pas aussi habiles, riches, raffinés, pieux, nobles, et bien-nés que moi”. Que mérite cette prière, selon vous ? Elle mériterait que le tonnerre et les éclairs s’abattent du ciel et que le soufre et le feu de l’enfer frappent d’en bas. Cela serait une juste punition ; car la chair et le sang ne doivent pas s’enorgueillir devant Dieu. Car comme Moïse le dit, quiconque naît, que ce soit des saints patriarches ou d’Abraham lui-même, est déclaré condamné devant Dieu et ne doit pas fanfaronner devant lui. Saint Paul dit la même chose dans Romains 3 : 27, comme aussi Jean 3 : 6.

Cette prière était aussi celle du Pharisien dans l’Évangile quand il se vantait d’être béni, et disait : “Je ne suis pas comme les autres hommes”. En outre, sa prière était joliment agrémentée, car il la disait avec des actions de grâce et en s’imaginant qu’il était assis sur les genoux de Dieu comme son fils préféré. Mais le tonnerre et les éclairs du ciel l’ont jeté dans les profondeurs de l’enfer, comme le déclare le Christ lui-même, disant que le publicain était légitimé mais le Pharisien condamné. Oh, de quoi, nous pauvres vers de vase, asticots, puanteur, saleté, prétendons-nous nous vanter devant lui qui est Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui nous créa de la poussière et du néant ! En ce qui concerne notre nature, notre naissance et notre essence, nous ne sommes que saleté et nullité à ses yeux ; tout ce que nous sommes et que nous avons vient de sa grâce et de sa grande miséricorde.

Abraham était sans doute plus noble même que les Juifs car, comme nous l’avons dit précédemment, il descendait du plus noble des patriarches Noé qui, à son époque, était le seigneur le plus grand et le plus noble, le prêtre et le père du monde entier et des neuf patriarches suivants [1]. Abraham regarda, écouta, et vécut avec chacun d’eux, et certains (comme par exemple Cham, Chélah, Héber) lui survécurent de nombreuses années. Donc Abraham ne manquait effectivement pas de sang et d’origine nobles ; et pourtant, ce la ne l’aida finalement pas à faire partie du peuple de Dieu. Non, il était idolâtre, et il serait resté condamné si la parole de Dieu ne l’avait pas appelé, comme Josué nous en informe dans le chapitre 24 : 2 en citant les mots de Dieu : “Vos pères, Térah [ou Tharé], père d’Abraham et père de Nahor, habitaient depuis toujours de l’autre côté du fleuve et ils rendaient un culte à d’autres dieux. J’ai pris votre père Abraham de l’autre côté du fleuve et je lui ai fait parcourir tout le pays de Canaan”.
  1. Voir le document : Genèse – X.
Même plus tard, après avoir été appelé et sanctifié par la parole de Dieu et par la foi, selon Genèse 15, Abraham ne se vantait pas de sa naissance et de ses vertus. Lorsqu’il parla avec Dieu (Genèse 18), il ne dit pas : “Regardez comme je suis noble, né de Noé et des saints patriarches, et descendant de votre sainte nation”. Il ne dit pas non plus : “Comme je suis pieux et saint par rapport aux autres !” Non il dit : “Voyez, j’ai pris sur moi de parler au Seigneur, moi qui ne suis que poussière et cendre” [Genèse 18 : 27]. C’est vraiment ainsi qu’une créature doit parler à son Créateur, sans vouloir savoir ce qu’il est pour lui et comment Dieu le considère. Dieu a dit d’Adam et de tous ses enfants (Genèse 3 : 19) : “Tu es poussière, et à la poussière tu retourneras” – comme la mort elle-même nous en persuade de façon visible et patente –, pour contredire, s’il était besoin, toute stupide, vaine et irritante présomption.

Maintenant vous pouvez constater quels bons enfants d’Abraham sont réellement les Juifs, comment ils s’y sont pris avec leur père, oui, quel bon peuple de Dieu ils sont. Ils se vantent devant Dieu de leur origine et du noble sang hérité de leurs ancêtres, méprisant tous les autres peuples, bien que Dieu les considère sous tous les aspects comme de la poussière et des cendres, et comme des damnés de naissance ainsi que tous les autres païens. Et en plus, ils font passer Dieu pour un menteur ; ils assurent être dans leur droit et, avec leur prière blasphématoire et odieuse, ils cherchent à arracher la grâce de Dieu et à récupérer Jérusalem.

En outre, même s’il était possible que les Juifs fussent sept fois plus aveugles qu’ils ne le sont, ils devraient pourtant réaliser que, en ce qui concerne son origine, Ésaü ou Édom, était aussi noble que Jacob, car il avait non seulement le même père, Isaac, et la même mère, Rebecca, mais il était aussi l’aîné ; et en ce temps-là, la primogéniture conférait la plus haute noblesse par rapport aux autres enfants. Mais est-ce que son origine similaire et sa primogéniture même, qui le faisait plus noble que Jacob, lui profitèrent ? Il ne faisait toujours pas partie du peuple de Dieu, bien qu’il appelât Abraham grand-père et Sara grand-mère, comme le faisait Jacob, et en fait, comme on l’a déjà dit, avec encore plus de raison que Jacob. Réciproquement, Abraham lui-même, ainsi que Sara, devaient le considérer comme leur petit-fils, le fils d’Isaac et de Rebecca ; ils devaient même le considérer comme l’aîné et le plus noble, et Jacob comme le moins noble. Mais dites-moi, que lui apportèrent de bon cette origine et ce noble sang hérités d’Abraham ?

Certains peuvent riposter qu’Ésaü perdit son honneur en devenant mauvais, etc. Nous devons d’abord rappeler que la question de départ est de savoir si la noblesse du sang en elle-même a tant de valeur, aux yeux de Dieu, qu’elle permet d’être ou de devenir le peuple de Dieu. Si tel n’est pas le cas, pourquoi les Juifs accordent-ils une place aussi importante à cette naissance vis-à-vis des autres enfants ? Mais si cela est juste, pourquoi Dieu ne les préserve-t-il pas de la chute ? Si Dieu considère que l’origine suffit aux descendants des saints patriarches pour en faire son peuple, il n’osera pas les laisser devenir mauvais, perdant ainsi son peuple et devenant un non-Dieu. S’il les laisse cependant devenir mauvais, il est certain qu’il ne considère pas la naissance comme un moyen de se donner un peuple.

En second lieu, Ésaü ne fut pas exclu du peuple de Dieu parce qu’il devint mauvais par la suite, et Jacob ne fit pas partie du peuple de Dieu du fait qu’il vivrait plus tard dans le bien. Non, alors qu’ils étaient encore dans le ventre de leur mère, la parole de Dieu les distingua l’un de l’ autre : Jacob fut appelé, Ésaü ne le fut pas, conformément à ces mots : “L’aîné servira le plus jeune” [Genèse 25 : 23]. Cela n’avait rien à voir avec le fait qu’ils furent portés par la même mère ; qu’ils furent tous deux nourris avec le même lait et le même sang d’une seule et même mère, Rébecca ; qu’ils naquirent de celle-ci en même temps. Aussi, que la chair, le sang, le lait, le corps et la mère fussent communs ne pouvait pas servir à Ésaü, ni empêcher que Jacob soit touché par la grâce qui transforme les gens en enfants ou peuple de Dieu ; seuls sont ici décisifs la parole et l’appel, qui ne tiennent pas compte de la naissance.

Ismaël aussi peut dire qu’il est également un fils naturel et véritable d’Abraham. Mais que lui apporte son origine ? En dépit de celle-ci, il doit abandonner la maison et l’héritage d’Abraham et les laisser à son frère Isaac. Vous pouvez dire qu’Ismaël naquit d’Agar, alors qu’Isaac naquit de Sara. En tout cas, cela renforce notre argument. Car la venue d’Isaac, né de Sara, résulta de la parole de Dieu et non de la chair et du sang, étant donné que Sara n’avait plus l’âge normal de porter des enfants. Toujours à propos de l’origine, bien qu’Ismaël soit de la chair et du sang d’Abraham et son fils naturel, la chair et le sang de ce père saint ne lui sont pourtant d’aucune utilité. Cela lui nuit plutôt, car il n’a que la chair et le sang d’Abraham sans avoir aussi la parole de Dieu en sa faveur. Le fait qu’Isaac soit du sang d’Abraham ne l’handicape pas, même si cela ne fut d’ aucune utilité à Ismaël, car la parole de Dieu le distingue de son frère Ismaël, qui est de la chair et du sang de ce même Abraham.

Pourquoi cela devrait-il faire tant d’histoires ? Après tout, si la naissance a de l’importance pour Dieu, je peux revendiquer que je suis aussi noble que n’importe quel Juif, oui, aussi noble qu’Abraham lui-même, que David, que tous les saints prophètes et apôtres. Je n’aurais pas non plus à les remercier de me considérer aussi noble qu’eux-mêmes, devant Dieu, à cause de ma naissance. Et si Dieu refuse de reconnaître ma noblesse et mon origine à l’égal de celles d’Isaac, Abraham, David, et de tous les saints, je maintiens qu’il est injuste envers moi et qu’il n’est pas un juge équitable. Car je n’abandonnerai pas, et ni Abraham, ni David, ni les prophètes et les apôtres, ni même un ange du ciel ne me refuseront le droit de me glorifier que Noé, en ce qui concerne l’origine ou la chair et le sang, soit mon ancêtre naturel et véritable, et que sa femme (quelle qu’elle soit) soit mon ancêtre naturelle et véritable ; car nous sommes tous des descendants, depuis le Déluge, de ce seul Noé. Nous ne descendons pas de Caïn, car sa famille fut engloutie pour toujours dans le déluge avec de nombreux cousins, beaux-frères, et amis de Noé.

Je me glorifie aussi de ce que Japhet, le fils aîné de Noé, soit mon ancêtre naturel et véritable et que sa femme (quelle qu’elle soit) soit mon ancêtre naturelle et véritable ; car comme le dit Moïse dans Genèse 10, il est l’ancêtre de nous tous, les Gentils. Ainsi, Sem, le second fils de Noé, et tous ses descendants, n’a pas de raison d’être plus fier de sa naissance que son frère aîné Japhet. Si la naissance doit vraiment jouer un rôle, alors Japhet, en tant que frère aîné et héritier véritable, a des raisons d’être plus fier que Sem, son frère cadet, et les descendants de Sem, qu’on les appelle Juifs, Ismaélites ou Édomites. Mais en quoi cette primogéniture naturelle sert-elle le bon Japhet, notre ancêtre ? En rien du tout. Sem jouit de la préséance – non par la naissance, qui aurait donné la préséance à Japhet, mais parce que la parole et l’appel de Dieu emportent ici la décision.

Je pourrais repartir au commencement du monde et suivre nos ancêtres communs depuis Adam et Ève, puis Seth, Énos, Kênân, Mahalalêl, Yéred, Hénoc, Mathusalem, Lamec [1]; car tous ceux-ci sont nos ancêtres comme ils sont ceux des Juifs, et nous partageons également l’honneur, la noblesse et la gloire de cette descendance comme les Juifs. Nous sommes de la même chair et du même sang qu’Abraham et que toute sa semence. Car nous étions comme eux dans les reins des mêmes saints ancêtres, et il n’y a aucune différence concernant la naissance, la chair et le sang, comme nous le dit la raison. Donc, les Juifs aveugles sont vraiment insensés et stupides, beaucoup plus absurdes que les Gentils, de se glorifier devant Dieu de leur origine, bien que rien ne justifie qu’ils soient meilleurs que les Gentils ; car nous partageons la même origine, une même chair et un même sang, ceux des premiers ancêtres, des meilleurs et des plus saints. Une personne ne peut adresser à une autre des reproches ou des réprimandes, concernant un point particulier, sans s’impliquer elle-même du même coup.
  1. Voir le document : Genèse – V.
Mais continuons. David nous met dans le même sac avec gentillesse et conviction lorsqu’il déclare dans le Psaume 51 : 5 [ou 7] : “Voyez, je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché”. Maintenant, que vous soyez Juif ou Gentil, né d’Adam ou d’Abraham, d’Énos ou de David, allez vous vanter devant Dieu de votre haute noblesse, de votre excellent lignage, de vos vieux ancêtres ! Vous voyez bien ici que nous sommes tous conçus et nés dans le péché, par notre père et notre mère, et aucun être humain ne fait exception.
Mais que signifie être né dans le péché sinon être né dans la colère et la condamnation de Dieu, de sorte que par nature ou par naissance nous sommes inaptes à être le peuple ou les enfants de Dieu ; que notre naissance, notre gloire et notre noblesse, notre honneur et nos louanges ne signifient rien de plus et ne peuvent signifier rien de plus que cela ; que, n’ayant à notre crédit que notre origine, nous sommes condamnés à être des pécheurs, des ennemis de Dieu, et réprouvés par lui ? Donc, Juifs, vous avez votre fierté, et nous Gentils nous avons la nôtre comme vous, et vice et versa. Maintenant avancez et priez pour que Dieu veuille respecter votre noblesse, votre race, votre chair et votre sang.
Je voulais donc dire cela pour renforcer notre foi ; car les Juifs n’abandonneront pas leur fierté et leur orgueil concernant leur noblesse et leur lignage. Comme on l’a dit plus haut, leurs cœurs sont endurcis. Notre peuple doit néanmoins rester sur ses gardes de crainte d’être trompé par ce peuple impénitent et maudit, qui fait passer Dieu pour un menteur et méprise avec arrogance le monde entier. Car les Juifs voudraient nous attirer vers leur foi, nous les Chrétiens, et ils le font partout où ils le peuvent. Pour que Dieu devienne bien veillant à leur égard, les Juifs devront d’abord bannir ces prières et chants blasphématoires qui vantent de façon si arrogante leur lignage, de leurs synagogues, de leurs cœurs, de leurs bouches, car ces prières accroissent encore et aiguisent la colère de Dieu à leur encontre. Pourtant ils ne le feront pas ; ils ne se feront pas non plus servilement humbles, sauf pour quelques individus particuliers que Dieu attirera à lui et délivrera de leur terrible désastre.

L’autre fierté et noblesse qui fait jubiler les Juifs est la circoncision reçue d’Abraham ; à cause de celle-ci, ils méprisent vainement et dédaigneusement tout le genre humain. Mon Dieu, qu’avons-nous à faire, nous les Gentils, de leurs synagogues, de leurs prières, de leurs chants et de leurs doctrines ! Comme nous puons à leurs narines, nous pauvres gens non circoncis ! Vraiment, Dieu lui-même devrait soumettre les Juifs à de misérables tourments, si je peux m’exprimer ainsi, lorsqu’ils l’affrontent avec cette prétention et cet orgueil indescriptibles : “Loué sois-tu, Roi du monde, qui nous distingue des autres nations et nous sanctifie par l’alliance de la circoncision !” Et avec beaucoup d’autres mots semblables, qui signifient tous que Dieu les estimera plus que tout le reste du monde car, conformément à sa loi, ils sont circoncis, et condamnera tous les autres peuples, comme ils le font eux-mêmes et en ont le désir.

Cette glorification de la noblesse fait que les Juifs sont fiers de leur origine. En conséquence je pense que, si Moïse lui-même apparaissait, avec Élie et leur Messie, et essayait de leur retirer cet orgueil ou d’interdire ces prières et cette doctrine, les Juifs les considéreraient probablement tous les trois comme les pires démons de l’enfer, et ceux-ci ne sauraient pas comment les blâmer et damner de façon adéquate, leur dire qu’ils ne croient pas en eux. Car les Juifs ont décidé entre eux que Moïse, ainsi qu’Élie et le Messie, approuveraient la circoncision ; oui, ils  l’approuveraient plutôt que de se joindre à ceux qui critiquent l’arrogance et la fierté de cette circoncision, et considérer aient les Gentils, comme ils le font eux-mêmes, comme d’horribles saletés et puanteurs car non circoncis. Moïse, Élie et le Messie doivent faire ce que les Juifs prescrivent, pensent et désirent. Ces derniers soutiennent qu’ils ont raison, et si Dieu lui-même agissait autrement qu’ils ne pensent, il aurait tort.

 

  • Fin de la première partie. Suite dans le [PDF]


 

 

Nous sommes Luther

Intégralité du PDF disponible sur internet

Sur les juifs et leurs mensonges est publié par Martin Luther en Janvier 1543* à Wittenberg. (*Une erreur s’est glissée dans le PDF, ndlr)

« Luther commence son traité « Sur les juifs et leurs mensonges » avec la confession qu’il voulait « faire imprimer cette brochure pour compter parmi ceux qui se sont opposés aux intentions malveillantes des juifs et qui ont mis en garde les chrétiens vis-à-vis des juifs. » (« Sur les juifs et leurs mensonges », est apparu en langue moderne dans son deuxième tirage aux éditions Alibri, Aschaffenburg en 2016, p.15).

Donald Trump, 45e président des États-Unis d’Amérique, a émergé pour donner une nouvelle voix à l’avertissement de Luther.

Les églises protestantes ont trahi leur père fondateur spirituel au profit du judaïsme, en gardant caché le danger juif et en montrant le chemin du réformateur comme défendeur des juifs et du Talmud et au lieu de cela, a fait sienne l’interprétation juive de cette inimitié comme « anti-sémitisme ».

Quand au début du 16e siècle, l’Ordre dominicain mena une campagne soutenue contre le Talmud avec pour objectif d’inciter l’empereur du « Saint Empire romain de la nation allemande », à brûler ces écrits juifs, Luther en ardent défenseur du judaïsme et de leur droit d’adhérer au Talmud s’opposa aux Dominicains.

En général, il fait référence à la situation misérable des juifs de la Diaspora. Aux dirigeants de l’empire, il conseilla la chose suivante :

 

« S’ils doivent être aidés, ce n’est pas selon les lois du Pape, mais par charité chrétienne que nous devons pratiquer et les accepter amicalement en leur permettant la publicité et le travail pour qu’ils puissent devenir raisonnable et obtenir une place avec et parmi nous. »

(Écrits recueillis de Luther, édition de 1841, écrits polémiques, Tome III ; cité ici par Heinrich Grätz, Histoire des juifs, Vol 9, p.188 sq.).

Heinrich Grätz, qui, en tant qu’historien, est mentionné dans le même souffle que Mommsen et Ranke, commente cette citation :
« C’était un avis que les juifs n’avaient pas entendu depuis mille ans ».
(Ibid, page 189).
Ce fut la lecture du Talmud -entre temps, Luther avait appris l’hébreu- qui l’a amené à avertir du danger juif et à donner une mesure et un but à toutes les persécutions des juifs.

Que dit le Talmud sur les relations des juifs avec les non-juifs (les Goyim) ? Dans le Talmud babylonien, les enseignements suivants sont donnés : (On ne peut en montrer qu’une partie ici. Poursuivre la lecture ici) (Voir aussi Les Dessous du talmud, Ndlr)

 

Tosephot, Fol. 94b : « La semence des non-juifs (étrangers, Nokhrim) est la semence des bêtes » (Idem dans Kethuboth 3b. Kidduschin).
Fol. 82a : « Le meilleur médecin appartient à l’enfer et le meilleur boucher est un camarade d’Amaleks et vous devez tuer le meilleur des Goyim. » (Voir aussi : Jérusalem. Kidduschin 40b; Sophrim XV. 10 ; Aboda zara 26b.Tosepho I ; Majmonides : Jad chasaka (Starke Hand) : 49b ; R. Jismael : Mechitah (Zerstörung: lla.). (« Vous devez tuer le meilleur des Goyim » est une formule récurrente, ce qui signifie que tous les Goyim devraient être tués. Si aujourd’hui A est le meilleur et donc devrait être tué, un autre prendra sa place comme le meilleur, qui devrait également être tué… et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de Goyim, alors il n’y aurait plus de meilleur. / HM).

Sotah, Fol. 35b : « Il est dit (Jes. 35, 12) ‘Les peuples seront brûlés à la chaux. Tout comme la chaux n’a aucune substance, mais brûle seulement ; ainsi sont les peuples du monde (non juifs) sans substance (le jour du jugement) seront brûlés.' ».

Baba mezia
, Fol. 33b : « …’Nous contemplerons vos amis et ils porteront l’opprobre. » (Isai. 66, 5). C’est-à-dire : « les peuples du monde porteront l’opprobre, les Israélites se réjouiront ».

Tosephot
, Fol. 61a : « Voler un frère (Israélite) est interdit, le vol d’un non-Juif est autorisé, car il est écrit (3. Mos. 19, 13) : « Vous ne devez pas commettre d’injustice envers votre frère », mais Jehuda dit que ces mots n’ont aucune influence sur le Goy, car il n’est pas ton frère. « 

Fol. 111b : « Selon R. Jehuda, le vol d’un frère (Israélite) est interdit, le vol d’un non-Juif est autorisé. » (ci-dessus Fol. 61a.)

Baba bathra
, Fol. 54b : « Les biens des non-juifs sont comparables au désert, ils sont comme des biens sans propriétaire, et quiconque les saisit en premier les acquiert. » (Idem pour les Choschen hamischpath 156,5 and 271,4.).

Sanhedrin
, Fol. 57a : « …Le versement du sang d’un non-juif par un non-juif et d’un Israélite par un non-juif est interdit mais permis par un Israélite sur un non-Juif. « 

Fol.59a : « Si un non-juif célèbre le sabbat, il mérite de mourir, car il est écrit (1. Mos 8,22), ils ne doivent pas se reposer ni le jour ni la nuit. » Si un non-Juif se préoccupe des lois (Thora), il mérite de mourir, car il est écrit (5. Mos 33,4) : « Moïse a transmis les enseignements comme héritages ».

Aboda zara
, Fol. 4b : Tos. : « Un hérétique peut être tué de votre propre main ».
Fol. 26a : « Un Israélite ne doit pas aider à la naissance d’un non-juif, car elle engendre par là-même un enfant qui pratiquent l’idolâtrie. » (Idem dans Orach chajjim 330, 2.) « Un non-juif peut ne pas allaiter l’enfant d’un juif, parce qu’elle peut être soupçonnée de verser du sang. » (Également dans Jore de’a 154,2).
Fol. 26b : « R. Abahu a enseigné à R. Jochanan : les étrangers et les bergers de petites bêtes (ne devraient) pas être retirés (soit d’un danger mortel, soit d’un puits), mais pas poussés non plus, mais les hérétiques, les traîtres et les renégats devraient être jetés dedans et ne pas en être retirés… S’il y a des escaliers dans le puits, ils devraient être détruits… et lui dire : pour que mes bêtes ne tombent pas, une pierre (pour la couvrir) devrait être disponible, et devrait être roulée sur l’ouverture et dire : je couvre l’ouverture jusqu’à ce que j’eusse conduit mes bêtes, si une échelle devait y être, on devrait l’enlever et lui dire : je vais d’abord chercher mon fils sur le toit. » (Idem dans Fol. 13b et dans Sanhedrin Fol. 57a.).
Fol. 37a : « Rabina a déclaré : une fille non-juive de trois ans et un jour, puisqu’elle convient alors aux rapports sexuels, souille également telle une personne affectée par son flux. » La fille souillée n’a aucun plaisir pendant les rapports sexuels.

Baba kamma
, Fol. 113b : « Comment (savons-nous) que l’appropriation des biens d’un non-juif est autorisée ? Il est écrit (5. Mos. 22,3) : concernant toute propriété perdue de votre frère, ‘vous devez le retourner à votre frère, mais pas à un non-juif. S’il le lui ramène cependant, il commet une infraction grave à la loi. » (Idem ici : Choschen hamis-chpath 226, 1, 226, 2).

Joma
, Fol. 85a : « R. Joseph dit : « Là où il est question de sauver une vie, nous ne nous conformons pas à la majorité. Si la majorité est non-juive, on n’est pas obligé de sauver une vie. »

Baba kamma
, Fol. 113a : « Si un Israélite apparaît avec un non-juif devant un tribunal, vous devez lui donner ses droits conformément à la loi juive et dire (au non-juif) : c’est ainsi selon votre loi ; si cela ne fonctionne pas, traiter ce non-juif avec une tromperie. »

Joiria
, Fol. 84b : « Si neuf chrétiens et un juif étaient enterrés sous des décombres le jour du sabbat, et qu’un autre juif les sauve, nous croyons qu’ils seraient tous reconnaissants envers le juif, même s’ils savaient que le juif ne l’a fait que pour sauver son coreligionnaire. »


Les juifs du Talmud sur eux-mêmes

 

Kidduschin, Fol, 4b : « Dix mesures (Kab) de la sagesse ont été livrées au monde ; la terre d’Israël a reçu neuf mesures et le reste du monde a reçu une mesure ; dix mesures de beauté ont été livrées au monde ; la terre d’Israël a reçu neuf mesures et une mesure pour le reste du monde. »

Sanhedrin
, 104a : « Raba dit au nom de R. Jochanan : Partout où ils (les juifs) arrivent, ils doivent devenir des princes sur leurs maîtres. » (C’est-à-dire : ils doivent s’efforcer de dominer.)

Sanhedrin
, Fol. 37a : « L’être humain n’a été créé que pour vous apprendre que quiconque détruit une âme israélienne, selon les Écritures ne fait pas moins que s’il détruisait le monde entier. Et quiconque a reçu une âme israélienne, selon les Écritures ne fait pas moins que s’il avait créé le monde entier. »

Pesachim
, Fol. 49a : « Une personne commune n’est pas autorisée à manger de la viande. Il ne faut pas se joindre à un voyage avec une personne commune. On peut déchirer une personne commune comme on pourrait le faire d’un poisson. (par la colonne vertébrale.) Si quelqu’un marie sa fille avec un homme commun, c’est comme s’il l’attachait et la posait devant un lion. Il l’a frappe et a des relations sexuelles avec elle sans ressentir de la honte. »
Le philosophe juif-libéral autoritaire, professeur et expert du Talmud, Hermann Cohen a déclaré sous serment le 5 avril 1988 comme expert juridique au tribunal pénal de Marburg :

 

« Les règles religieuses et morales contenues dans le Talmud sont obligatoires pour les juifs et comptent comme loi ».
Que penserions-nous de Martin Luther s’il n’avait pas prévenu les Allemands à propos des juifs, une fois qu’il eut pris connaissance du Talmud, le moule intellectuel de la communauté juive qui, depuis des milliers d’années, a transformé le peuple hébreu en ennemi des Gentils par excellence ? Ses recommandations, à propos des juifs, sont loin d’égaler les ordres de meurtre et de génocide que Moïse, le fondateur de la religion, a imposé au peuple hébreu, avec une conformité inconditionnelle. Cet arrière-plan explique suffisamment le fait étonnant que Martin Buber, le sage juif de notre époque, a appelé les juifs « le déni de la vie des peuples ».

Le trait d’union autorisé par cette petite nation entre « juif » et « chrétien » comme l’identification de la « tradition » religieuse de l’Occident (voir Wolfgang Huber) n’est rien d’autre que la corde du bourreau autour du cou de l’église chrétienne.

Le joug juif-tel que promis dans la bénédiction d’Esau (1. Moïse 27,40)-
doit enfin être rejeté ! »

 


 

Playmobil et son Martin Luther antisémite

Source : mounadil.wordpress.com

Voilà maintenant qu’une figurine Playmobil suscite une polémique reprise par USA Today, un quotidien américain à grand tirage.
La polémique est pourtant partie d’un journal berlinois qui tire à 60 000 exemplaires dans une capitale allemande qui compte 3,5 millions d’habitants! dans un pays de plus de 80 millions d’habitants!
C’est que la polémique porte sur le caractère anti-juif voire antisémite d’un personnage en plastique qui représente Martin Luther, le réformateur protestant, à l’occasion du 500ème anniversaire en 2017 de l’affichage par l’ancien moine catholique de ses 95 thèses.
Il faut être un théologien avisé et pointilleux pour comprendre en quoi cette figurine pourrait être anti-juive ou antisémite.
Ou encore connaître un peu la biographie de Martin Luther. Dans ce cas, on comprend que la simple mise en valeur du personnage est un affront fait aux Juifs. Le problème étant que Martin Luther est un personnage incontournable non seulement pour l’Allemagne mais pour le christianisme protestant en général et donc le monde chrétien.
Et l’image de Martin Luther est des plus positives chez les protestants comme l’atteste par exemple le fait qu’un célèbre pasteur américain portait son nom. Je veux parler bien sûr du Révérend Martin Luther King.
On ne manquera pas d’être amusé de voir à quel point le judaïsme est en capacité de dicter sa loi au christianisme, ici protestant, sur la base du fait que ce christianisme minorerait, voire écarterait, l’Ancien Testament commun au judaïsme et au christianisme.
Dans l’article, on ne nous dit pourtant à aucun moment quel regard porte le judaïsme sur le Nouveau Testament (les Evangiles).
L’article cite par contre un synode protestant qui qualifie Jésus de Juif. On se demande bien sur quelle base théologique.

« La figurine jouet de Martin Luther
suscite des accusations d’antisémitisme »

Par Tom Heneghan, Religion News Service, USA Today 4 janvier 2017 traduit de l’anglais par Djazaïri

« Quand il est question de Martin Luther et de l’antisémitisme, même des jouets populaires en Allemagne ne peuvent échapper à un examen de nature théologique.

 

Playmobil, un des plus grands fabricants allemands de jouets, a mis sur le marché une figurine en plastique de 8 centimètres représentant Martin Luther pour commémorer le 500ème anniversaire cette année de la Réforme.
Drapé dans une robe noire, la figurine de Luther tient une plume dans une main et sa traduction en allemand de la Bible dans l’autre.

Le succès a été énorme.
Environ 500 000 pièces ont été vendues, principalement en Allemagne – en particulier dans les villes où Luther a vécu et travaillé – mais aussi aux Etats Unis et dans d’autres pays étrangers.

Ce qui en fait la figurine la plus populaire jamais produite par la compagnie bavaroise qui fabrique aussi des figurines de cosmonautes, de pirates, d’ouvriers et même des personnages de crèches de Noël parmi les milliers de jouets différents conçus par Playmobil depuis 1974.

Tout se passait apparemment très bien jusqu’à ce que Micha Brumlik, un professeur d’université à la retraite et commentateur juif respecté, écrive en juin dernier que le jouet populaire était « anti-juif, voire même antisémite. »

Le problème, écrivait-il, était l’inscription sur les pages ouvertes de la Bible que tient le Playmobil Luther. Sur la page de gauche, il est écrit en allemand: « Livres de l’Ancien Testament. FIN ». On lit sur la page de droite: « Le Nouveau Testament, traduit par le Docteur Martin Luther. »

Pourquoi le mot FIN était-il écrit en caractères si gros, demandait Brumlik. « Théologiquement, la seule raison possible est que « l’Ancien Testament » et sa validité devraient être compris comme terminés et remplacés, » écrivait-il dans le journal berlinois Die Tageszeitung.

La réponse à la question de Micha Brumlik en images (à gauche un aperçu de la statue de Martin Luther à Wittenberg

« L’Ancien Testament, les Ecritures du peuple d’Israël communes aux Juifs et aux Chrétiens, est-il obsolète et dépassé comme de nombreux Nazis – les soi-disant Chrétiens allemands – voulaient les voir, où est-il tout aussi important que les Evangiles pour les différentes familles du christianisme? »

L’église régionale protestante de Hesse et Nassau, où se trouve Francfort, s’est promptement associée à la critique de Brumlik pour dire que le mot [fin] pouvait être mal compris.

Dans une lettre ouverte, une organisation de théologiens protestants progressistes considère que le jouer présente une vision discutable de la Bible « dans un contexte politique et social où les opinions anti-juives sont à nouveau à la hausse. »

La charmante figurine n’était absolument pas supposée être en rapport avec ce genre de questions.

L’Office National du Tourisme allemand et les responsables du tourisme à Nuremberg – le centre de l’industrie allemande du jouet – ont conçu le jouet avec Playmobil comme un gadget de marketing pour promouvoir les visites d’événements ayant pour thème la Réforme dans les villes qui ont un lien avec Luther.

L’office du tourisme de Nuremberg la vend sur son site web pour 2.39 euros. Amazon Allemagne a une trentaine de commentaires dithyrambiques de la part de clients satisfaits.

C’est un des innombrables souvenirs mis en vente pour l’anniversaire, en plus de la bière Luther, des nouilles Luther, des magnets pour réfrigérateur Luther, un plateau de jeu Luther et, bien sûr, toute une série de nouveaux livres sur l’homme, sa vie et la Réforme.

Un théologien protestant est intervenu comme conseiller pour le projet Playmobil qui a pris pour modèle du jouet une statue célèbre de Luther qui se dresse à Wittenberg, la ville d’Allemagne orientale où, selon la tradition, il avait placardé ses
95 thèses sur la porte d’une église le 31 octobre 1517.

 

Statue de Matin Luther à Wittenberg

L’église évangélique d’Allemagne, la principale association d’églises protestantes du pays, s’est empressée d’adopter la figurine, commandant même un exemplaire grandeur nature pour l’exposer lors d’événements de promotion de la commémoration de la Réforme.

Si elle n’avait au départ pas d’objection contre l’inscription [le mot FIN] critiquée par Brumlik, l’association, connue par son acronyme allemand EKD, a dû gérer ces dernières années d’autres aspects de l’héritage embarrassant de l’antisémitisme de Luther dans le cadre de la préparation de l’anniversaire.


Lors de son synode annuel de 2015, l’organisation a adopté une résolution affirmant que « la vision par Luther du judaïsme et sa diffamation des Juifs sont, selon notre lecture actuelle, en contradiction avec la fois en le Dieu unique qui s’est révélé lui-même dans le Juif Jésus. »


En novembre dernier, le synode de 2016 de l’EKD a officiellement renoncé à la « mission auprès des Juifs », un projet d’évangélisation que la plupart des églises régionales avait abandonné dans les décennies qui ont suivi l’holocauste mais qui avait gardé une certaine faveur dans les congrégations les plus conservatrices.

Dans son article, Brumlik rappelait aux lecteurs que Luther était « un des pères fondateurs de l’antisémitisme moderne » et l’auteur du tristement célèbre livre « Des Juifs et de leurs mensonges » dans lequel l’ancien moine catholique exhortait ses adeptes à incendier les maisons des Juifs et leurs synagogues et à confisquer leur argent.

Les jouets Playmobil ont rendu tant d’enfants heureux que la compagnie ne peut certainement pas s’inscrire dans cette tradition, affirmait Brumlik. Rappeler en usine toutes les figurines de Luther n’était pas la réponse mais peut-être la compagnie pouvait-elle retirer le mot « FIN » de la page du livre ou, du moins, l’écrire en plus petits caractères.

Après discussion avec ses sponsors, l’office du tourisme de Nuremberg a annoncé que le mot « FIN » serait supprimé des futurs exemplaires du jouet. Le modèle théologiquement plus correct sera disponible en mars.

Le Luther de Playmobil est devenu si connu en Allemagne que l’évêque Heinrich Bedford Strohm, président de EKD, l’a mentionné dans son sermon du Nouvel An à Berlin.

« En cette année jubilaire, l’important ce ne sont pas les figurines Playmobil, les chaussettes Luther et les bonbons de la Réforme, » a-t-il dit dimanche. « Ils ne sont font qu’ouvrir une porte pour que le message soit entendu. Et il est clair et plus que jamais pertinent – redécouvrir le Christ. »

 

Catholicisme et usure

Partie 5 La distinction entre intérêt et dividende. Source : egaliteetreconciliation.fr


Supposons que j’ai besoin de cinq mille euros pour améliorer mon potager mais ne les ai pas. Mon voisin les possède et n’en a pas besoin d’ici quelques semaines. Il me les prête. Je crois qu’il sera convenable pour moi de lui marquer ma reconnaissance en lui passant une petite partie des produits que j’obtiens grâce au capital producteur que j’ai ainsi pu me procurer. C’est mon travail qui a rendu son capital profitable, oui. Mais ce capital lui-même représente du travail accumulé. Nous sommes donc deux, dont les activités passées pour lui, présentes pour moi, font surgir de la production. Le fait pour lui d’avoir attendu à tirer sur la production du pays en récompense de son travail, m’a permis à moi d’obtenir des moyens de production que je n’aurais pas possédés sans cela.

Nous pouvons donc diviser les fruits de cette collaboration. La production due au capital est à déterminer, par l’entente et par l’équité. Ce que mon prêteur va retirer dans ce cas est, à proprement parler, un dividende (nous avons divisé les fruits de la production). Le dividende est parfaitement justifiable, lorsqu’il y a production fructueuse. Et par conséquent l’argent peut réclamer des dividendes lorsqu’il y a fruits. Autrement, non. Mais pour permettre cela, il faut que l’augmentation de la production crée automatiquement une augmentation d’argent. Sinon, le dividende, tout en étant parfaitement dans l’ordre, devient impossible à satisfaire en pratique. Dans l’exemple des cinq mille euros qui ont servi à acheter par exemple des outils, le prêteur a droit à une partie des résultats, puisque la production a augmenté grâce à son prêt : s’il accepte d’être payé en produits, pas de problème. Mais si c’est de l’argent qu’il demande, c’est une autre affaire puisque, même si la production a augmenté, il n’y a pas eu d’augmentation correspondante d’argent en circulation. Le système du crédit social (1), qui fait naître l’argent nouveau sans intérêt, au rythme de la production nouvelle, règlerait le problème.

Notre-Seigneur a chassé les changeurs d’argent du Temple. Notre soumission avilissante n’est pas conforme à l’Évangile du Christ. N’est-il pas temps de chasser les financiers internationaux et leur système prédateur d’argent-dette, et d’installer un système d’argent honnête et sans dette, un argent émis par le travail de tous ? Nous sommes prisonniers d’un faux système inhumain dominé par l’argent-dette : ce réel mensonger doit être dénoncé au nom du Christ et de son Évangile.


Quelques citations des autorités catholiques :

 

« Les banquiers, qui ont le pouvoir de créer l’argent, ne sont en droit que les dépositaires et gérants du capital financier. Ils veulent nous mener au point où, pendant la moitié de l’année, nous vivons de ce crédit, et l’autre moitié, travaillons pour les taxes. Par-là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l’organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer. » Pie XI, Quadragesimo Anno, n° 106.

« L’État… est tombé au rang d’esclave et devenu le docile instrument de toutes les passions et de toutes les ambitions de l’intérêt. »
Quadragesimo Anno, n°109.

« Un peu partout, au nom des lois du marché, on oublie les droits de l’homme. Ceci survient par exemple lorsque l’on estime que le profit économique justifie la perte du travail pour quelqu’un qui, en plus du travail perd la possibilité de vivre et de pouvoir faire vivre sa famille. Ceci survient aussi lorsque, pour augmenter la production, on refuse à celui qui travaille le droit de se reposer, de s’occuper de sa famille, de programmer sa vie de tous les jours. C’est toujours ainsi lorsque la valeur du travail est définie non pas en fonction de l’effort de l’homme mais du prix du produit, et ceci a également pour conséquence que la rémunération ne correspond pas à la fatigue. »
Jean-Paul II, Sosnowiec, Pologne, le 14 juin 1999.

« La société occidentale n’est-elle pas devenue un gigantesque développement de la parabole biblique du riche qui festoie et du pauvre Lazare ? L’ampleur du phénomène met en cause les structures et les mécanismes financiers, monétaires, productifs et commerciaux qui, appuyés sur des pressions politiques diverses, régissent l’économie mondiale : ils s’avèrent incapables de résorber les injustices héritées du passé et de faire face aux défis urgents et aux exigences éthiques du présent. »
Jean-Paul II, Redemptor Hominis, n° 16.


La position de l’Islam sur le prêt à intérêt

Le Coran condamne l’usure, tout comme la Bible chrétienne. Mais les musulmans ont pris ces paroles au sérieux, et ont établi, depuis 1979, un système bancaire en accord avec les règles du Coran : les banques prêtent sans intérêt, et au lieu de payer des intérêts aux déposants, elles les associent aux projets dans lesquels elles investissent : si ces projets font des profits, les banques partagent ces profits avec leurs déposants. Comparé au système usuraire actuel, c’est une tentative plus qu’honorable de mettre le système bancaire en accord avec les lois morales.

En Islam, tout prêt à intérêt est prohibé, quel que soit son taux. L’interdiction du prêt à intérêt (Riba), dont la pratique différencie principalement le système bancaire international actuel du système bancaire islamique, est considérée comme l’ultime barrière au développement ultime du mondialisme financier.

À l’époque de l’invention du Coran (NDLR : de son apparition), la pratique du prêt à intérêt était très répandue dans les sociétés arabes. Au sujet de l’usure : « Ô croyants ! Craignez Dieu ; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part de Dieu et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés. » Coran, Sourate II, versets 278 et 279.

« Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est tout à fait comme l’intérêt” Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. »
Coran, Sourate II, verset 275.

Les théologiens musulmans ont déduit que le croyant musulman ne devait donc pas prêter son argent à intérêt, ni même avoir recours au prêt à intérêt. Devant l’apparition des nouvelles pratiques bancaires judéo-protestantes, au cours du XXe siècle, les savants musulmans se sont interrogés. En 1979, une commission de juristes musulmans venus de 36 pays s’est réunie en Égypte, à al-Azhar, afin de statuer sur la question de l’intérêt. Ils confirmèrent unanimement cette prohibition.

Le principe du rejet du prêt à intérêt est une caractéristique fondamentale du système bancaire islamique mais il diffère du système bancaire judéo-protestant (2) à d’autres titres et notamment par le rapport particulier que joue la banque islamique dans ce système. En effet la banque islamique n’est pas un simple pourvoyeur de fond intéressé uniquement aux garanties offertes par les emprunteurs, encore moins un simple coffre de dépôt de valeurs, mais un véritable partenaire de l’entrepreneur emprunteur. La banque islamique offre à ce titre des nombreux services de gestion à ses clients, afin de les soutenir dans leur entreprise et assurer ainsi une activité économique saine et profitable aux deux partenaires.

Nous nous trouvons ici en face d’un système bancaire finalement plus proche de la doctrine sociale de l’Église catholique que le système judéo-protestant.

 

  1. Le système du crédit social est en accord avec la doctrine sociale de l’Église catholique. Il semble donc que les propositions financières du crédit social permettraient de sortir de ce cercle vicieux. Ces principes nous permettront de comprendre et la situation dans laquelle nous sommes enfermée et apporteront des solutions qui incarneront le catholicisme dans la vie économique. Ce crédit libre de dette est la seule sortie possible si l’on veut éviter aux générations futures l’esclavage généralisé.
  2. La notion protestante puritaine affirmant qu’il est mal de recevoir « quelque chose pour rien », même s’il s’agit des dons gratuits du Créateur, n’est pas catholique. Selon cette logique puritaine, nous devrions « mériter » ce que nous recevons par la « sueur de notre front » dans un emploi, quel qu’il soit. Ne peut-on pas dire que sans doute une bonne partie de ceux qui occupent un poste pour occuper un poste devraient plutôt s’occuper de leur maison et de leur famille, cultiver leur potager, donner un coup de main aux voisins ou autres personnes de leur entourage ?

Le prêt à intérêt est-il interdit chez les chrétiens ?

Extrait de Le crédit dans les trois monothéismes

(…) L’Église depuis ses origines interdit clairement les pratiques usuraires, qui exploitent la situation de ceux qui sont dans le besoin. L’usure est condamnée par plusieurs conciles, dont Latran en 1179.
Le récent Catéchisme de l’Église catholique dénonce encore « les systèmes financiers abusifs sinon usuraires » entre États, ainsi que les trafiquants, « dont les pratiques usurières et mercantiles provoquent la faim et la mort ». La question posée par les théologiens dès le Moyen Âge est de savoir si réclamer plus qu’on ne donne dans le cadre d’un prêt relève ou non de l’usure.
C’est ce que pense par exemple le pape Urbain III, quand, en 1187, il condamne toute forme d’intérêt en référence à Luc 6, 35 : « Prête gratuitement, n’espère rien en retour. » Les théologiens reprennent également l’argument d’Aristote selon lequel l’argent qui n’est pas une chose vivante ne peut engendrer.
L’interdiction du prêt à intérêt est encore rappelée en 1745 dans l’encyclique Vix pervenit, dans laquelle Benoît XIV condamne un prêt à 4 % contracté par la ville de Vérone au début des années 1730. Par la suite, le Magistère n’est jamais revenu sur cette condamnation.
Entre-temps, les théologiens scolastiques ont identifié quatre cas dans lesquels des prêts peuvent être rémunérés, en distinguant le versement d’un intérêt et la compensation d’un éventuel dommage ou d’un risque. La légitimité d’un intérêt en tant que prestation d’un service rendu fit certes son apparition dans le code de droit canonique de 1917, mais ne fut pas reprise dans la version de 1983.

La doctrine diffère chez les protestants, puisque, au XVIe siècle, Calvin fut le premier, en s’appuyant sur un passage de l’Évangile selon saint Luc (4, 34-35), à distinguer les « prêts de secours », qui doivent toujours être gratuits, et les « prêts de production ». Le premier est l’équivalent du crédit à la consommation ; le second, du crédit aux entreprises.
Le péché d’usure est alors commis lorsque le prêteur se sert de la misère des plus pauvres pour en tirer un bénéfice financier. En revanche, si le prêteur prend des risques, Calvin considère normal qu’il soit rémunéré. Calvin estime surtout que, comme n’importe quelle marchandise, l’argent est productif et qu’il est donc légitime que le créancier reçoive sa part de cet enrichissement. (…)

 


 

 

LUTHER ET LE LUTHÉRIANISME

Par le Père Henri DENIFLE

L’ouvrage du P. Denifle sur Luther et le Luthéranisme a produit en Allemagne une grande émotion. Les polémiques qu’il a suscitées et qu’il continue d’alimenter rappellent celles qu’avaient fait naître les œuvres similaires de Döllinger et de Janssen. Les deux ouvrages de Döllinger et de Janssen ont été traduits dans notre langue. L’on a pensé qu’une traduction de l’œuvre de Denifle répondrait aussi aux désirs des nombreux Français ou étrangers qui, à des degrés divers, sont empêchés de lire l’ouvrage allemand. D’autant plus que cette œuvre est loin d’être uniquement une contribution à l’histoire du protestantisme : elle touche aussi à l’histoire générale, à la théologie scolastique, mystique et patristique, à l’exégèse ; on y trouve une étude profonde de psychologie et de controverse dogmatique. C’est une véritable encyclopédie, le dernier effort d’un puissant esprit qui, pendant de longues années, avait promené son activité intellectuelle de l’étude de la philosophie et de la théologie scolastiques à celle des mystiques allemands du XIVe siècle, et qui à des travaux sur la paléographie et la diplomatique avait ajouté des œuvres magistrales sur les   moyen âge et sur la désolation des églises de France pendant la guerre de Cent Ans.
On découvre un Luther sans camouflage de ses textes que l’on voudrait cacher, sous prétexte d’un « tact » fallacieux. Denifle dit qu’il lui a fallu montrer Luther tel qu’il est, et que, dès lors, son livre n’est pas destiné à la jeunesse. En effet, l’un de ses chapitres et plusieurs autres passages valent presque Rabelais, la grossièreté et l’obscénité ne sont pas en reste.

 

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