Les Dessous de « l’Ordre » Skull and Bones

vignette-lamer-dessous-des-cartes-skull-and-bonesSkull and Bones est l’exemple type d’une société secrète qui, grâce au travail remarquable du professeur Antony Sutton, a pu être portée à la connaissance du public. Cette fraternité impénétrable (sauf invitation) existe le plus légalement du monde depuis 1832 dans l’université américaine de Yale.
Elle a généré depuis sa création environ 2500 membres qui, en plus d’investir des postes de pouvoir, ont crée eux-même des autorités américaines et les ont présidées, influant de l’intérieur et orientant peu à peu un changement subtil mais profond (et inconstitutionnel) de l’Amérique.

 

«Lors de ma dernière année d’étude (à l’université de Yale), j’ai rejoint la société secrète Skull and Bones, une société tellement secrète que je ne peux en dire plus.»

Georges W. Bush, Avec l’aide de Dieu, Paris, éditions Odile Jacob, 2000, p. 76

le-pouvoir-secret-americain-l-orde-des-skull-and-bones-suttonNote : cette fraternité secrète m’avait jusqu’à présent fait l’effet d’un club sans importance, jusqu’à la lecture du livre Le pouvoir secret américain – L’ordre de Skull & Bones de Antony Sutton. Avec force de détails, il compile le peu de documents publiques existants (deux anciens articles de presse à charge ainsi que les almanachs de l’ordre qui lui ont été remis, ainsi que le compte-rendu d’un cambriolage de leur QG par des étudiants).

Apparait alors, grâce au parcours politique connu de ses membres, toute la trame d’arrière-fond où s’est déroulée une lente orientation de la société américaine, à travers l’importation de doctrines nouvelles et de l’introduction de la psychologie, matière inconnue avant. La refonte progressive de l’Éducation, le développement de fondations et le financement -voire la création- de certaines organisations ont permis d’orienter la société américaine dans le sens que veulent les membres de l’Ordre, successeurs d’une société secrète allemande.

 

 

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Un Crâne, des os

Folklore morbide & photos de famille

Chaque année, 15 personnes de dernière année d’études sont approchées par les membres de l’année précédente. Selon divers témoignages, ces « élus » sont hautains, voire méprisants vis-à-vis des autres étudiants. Ils arborent des boutons de manchettes ou des broches représentant leur blason, le crâne et les os. Leur « initiation » est curieuse. En outre, les membres successifs de l’ordre posent chaque année de la même manière :
"Quinze membres de la confrérie de la mort. Chaque nouvelle coterie est constituée de quinze personnes toujours prises en photo de la même manière avec un guéridon couvert d'une nappe où est brodé l'emblème de la société sur laquelle sont entreposés deux fémurs en croix et un crâne. L'assemblée est dominée d'une horloge de parquet indiquant huit heures du soir. Les os sur la table seraient les restes de la dépouille de Geronimo, dont la société secrète aurait profané la sépulture."

« Quinze membres de la confrérie de la mort. Chaque nouvelle coterie est constituée de quinze personnes toujours prises en photo de la même manière avec un guéridon couvert d’une nappe où est brodé l’emblème de la société sur laquelle sont entreposés deux fémurs en croix et un crâne. L’assemblée est dominée d’une horloge de parquet indiquant huit heures du soir. Les os sur la table seraient les restes de la dépouille de Geronimo, dont la société secrète aurait profané la sépulture. » (Wikipedia)

Le futur président Bush, à gauche de l'orloge

Le futur président Bush, à gauche de l’horloge en 1968

Le combat d’un descendant de Geronimo contre Yale

 lefigaro.fr, 02/2009

Geronimo est décédé en 1909 à l'âge de 90 ans, à Fort Sill. (AFP)

Geronimo est décédé en 1909 à l’âge de 90 ans, à Fort Sill. (AFP)

« L’arrière-petit-fils du célèbre rebelle apache soupçonne une société secrète de la prestigieuse université américaine d’avoir dérobé sa dépouille vers 1918. Il intente une action en justice afin de «libérer» l’esprit de son aïeul.

Selon les siens, Geronimo ne repose pas en paix. C’est pour y remédier et «libérer» son esprit que son arrière-petit-fils intente une action contre le gouvernement américain. Harlyn Geronimo entend ainsi récupérer sa dépouille et ses objets funéraires pour les ramener sur ses terres au Nouveau-Mexique et lui dresser une sépulture digne de la tradition apache.

ossements-skull-and-bones«Cela fait 100 ans que mon arrière-grand-père est mort», à 90 ans d’une pneumonie alors qu’il était prisonnier de guerre. «Cela correspond à 100 ans d’emprisonnement», estime ce vétéran du Vietnam de 61 ans, défendu par l’ex- secrétaire à la Justice, Ramsey Clark. (Voir la vidéo de sa conférence de presse ci-dessous) 

Outre le président américain Barack Obama et le secrétaire à la Défense, Robert Gates, accusés en leur qualité de responsables du gouvernement, sa plainte vise surtout la prestigieuse université de Yale et l’une de ses sociétés secrètes : Skull and Bones, littéralement l’Ordre Crâne et Os.

Une vieille légende veut qu’un membre de cet ordre ait subtilisé le crâne, deux os, une bride et des étriers de Geronimo, dans sa tombe de Fort Hill, dans l’Oklahoma. Son crâne aurait été disposé dans un bocal de verre et serait toujours dans des locaux de l’ordre surnommés «la Tombe», à New Haven. » (…)

Ce bâtiment a été plusieurs fois pénétré par des étudiants « profanes », depuis le 19ème siècle. Une vidéo récente est proposée ici, pour le folklore (là n’est pas l’important : le prochain chapitre de ce dossier -sous la vidéo- vaut son pesant de cacahuètes) :

 

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Successeurs des illuminés

L’Ordre est issu d’une société secrète allemande héritière de Weishaupt

Nous savons que la secte des Illuminés de Bavière fut dissoute suite à l’obtention fortuite, par la police allemande, de documents secrets de l’ordre. Antony Sutton livre dans son ouvrage l’information capitale suivante : le fondateur de Skull and Bones (en 1832) revenait d’Allemagne, où il rencontra dans une université une fraternité secrète qui lui confia le soin d’ouvrir une succursale (un « chapitre ») en Amérique. Skull and Bones n’a donc pas une origine américaine, mais allemande.

Sutton confirme ce lien grâce à un « détail » de taille : sur les quelques documents écrits de Skull and Bones qui nous sont parvenus, les dates sont toutes écrites d’une curieuse façon : il s’agit toujours de « l’ère n°2 » après on-ne-sait-quoi. Il a réussi à rapprocher cet élément de la date de dissolution de la secte allemande, et cela concorde.

Comme nous l’avions indiqué dans notre dossier Les Dessous de la notion « illuminati », ce n’est pas parce qu’un groupe clandestin est dissout que son idéologie cessera d’exister. Sutton apporte la preuve que l’idéologie illuministe a perduré au sein d’autres fraternités secrètes, et à l’image de Weishaupt à l’université d’Ingolstadt, a prospéré par le biais d’universités allemandes ou américaines.


Skull and Bones apparait alors comme continuité de l’illuminisme,
sur le continent américain…

« Il y a une chose remarquable, qui ressemble fortement à une preuve irréfutable quant à l’existence d’un lien direct de Skull & Bones avec les illuminés de Bavière. Les almanachs sont réservés aux membres et destinés à un usage interne, de sorte qu’il est logique de penser que tous les faits et informations qui y figurent sont authentiques et ont une signification pour l’ordre. Ces bottins revêtent tous, d’une façon ou d’une autre, à un certain endroit, les lettres P et D. Ainsi, par exemple, celui de 1833 donne : 2e ère [P], 3e décennie [D]. »
(Les deux paragraphes suivants sont un peu techniques, et sont la suite d’observations données plus tôt dans l’ouvrage, mais je ne recopierai pas tous ces éléments ici). Reprenons le fil :
« L’ère est toujours caractérisée par le chiffre 2. Les décennies augmentent de 1 tous les dix ans, ce qui nous donne les décennies 3,4, 5, etc.
Le nombre qui suit le « D » est toujours inférieur au numéro alloué à la promotion. Il augmente par 2 jusqu’en 1970, puis par 1 après 1970. En d’autres termes, la première liste de membres -celle de la promotion de 1833- est désignée par « P.231-D.31 ».
En bref, l’Ordre a posé le pied aux États-Unis quand il en était déjà à la troisième décennie de sa deuxième ère.
Une question nous vient à l’esprit : où tout cela a-t-il donc commencé ? Probablement en Allemagne. La première décennie de la deuxième ère a dû s’ouvrir en 1800, et la première ère aurait dû prendre fin au cours de la décennie 1790-1800. Cela nous ramène aux temps où l’Electeur de Bavière dut dissoudre la secte des Illuminés.

Le pouvoir secret américain – L’ordre de Skull & Bones de Antony Sutton, Hades Editions 2015, p.358-359


Il convient de préciser que ces éléments ne sont pas les seuls donnés dans l’ouvrage. Sutton retrace les éléments historiques importants impliquant les membres successifs de l’Ordre. On y observe alors d’autres relations avec l’illuminisme européen, avec des noms. En outre, comme chez les illuminés, les membres de l’Ordre sont tous affublés d’un surnom ressemblant à ceux que se donnaient les bavarois : « Spartacus » était le nom de code d’Adam Weishaupt, par exemple.

 


Quelles organisations l’Ordre a t-il infiltré ?

L’évolution de la société américaine depuis un siècle n’est pas le fruit d’un développement libre des opinions, des idées et des décisions individuelles naissant au sein du peuple. Bien au contraire, l’orientation générale de cette évolution a été façonnée de toutes pièces, puis encouragée, par l’Ordre.

p.66

Nous pouvons observer que l’Ordre tire les ficelles au sein de nouveaux organismes, c’est-à-dire qu’il en choisit le premier président d’honneur ou directeur, puis les idées et, ensuite, quand les choses se déroulent comme prévu, il s’efface et se tient dans les coulisses.

p.68

Parmi les universités, nous pouvons invoquer l’exemple de l’université Cornell dont Andrew Dickson White (initié en 1863) fut le premier président, ou de l’université Johns-Hopkins fondée sur un système éducatif allemand, dont Daniel Coit Gilman (initié en 1852) fut le premier président (1875-1901).
Dans les sociétés universitaires, l’American Historical Association, l’American Economic Association, l’American Chemical Society (Société américaine de chimie) et l’American Psychological Association ont toutes vu le jour grâce à des membres de l’Ordre ou par des personnes proches de l’Ordre. Ce sont des institutions importantes pour le contrôle de l’opinion.
Cette tradition qu’a l’Ordre d’entrer toujours le premier sur scène se remarque particulièrement à propos des fondations,

p.68

L’auteur donne ici une liste de fondations où gravitent étroitement des membres de l’Ordre. Il fera de même dans divers autres domaines comme l’Eglise, la justice, les médias et l’édition, l’industrie, la réserve « fédérale », la Maison-Blanche et le gouvernement.


« L’Ordre » (USA) et « le Groupe » (UK)

L’Ordre dont parle Sutton est comparable au « Groupe » dont parle Carroll Quigley dans son « Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine » :
La société secrète britannique désignée par le vocable « le Groupe » ou tout simplement par « nous » a été fondée au cœur de l’université d’Oxford, tout comme l’Ordre a vu le jour à Yale, mais sans « atours » maçonniques.

p.73

Le Groupe et l’Ordre ont tous deux été crées par des anglophiles souhaitant modeler le monde entier selon une culture hybride hégélienne et anglo-saxonne. Les particularités des Latins, des Slaves et des Asiatiques ne sont pas un seul instant considérés dans ces objectifs, et il est évident que ces cultures seront peu enclines à devenir des satellites de l’Empire britannique ou de la Nouvelle-Angleterre des Yankees.

p.74

Dialectique hégélienne

(…) l’objectif de l’Ordre ne se situe ni à « gauche », ni à « droite ». La « gauche » et la « droite » sont des leviers artificiels permettant d’imposer des changements, et les extrêmes politiques de la gauche tout comme ceux de la droite sont des éléments nécessaires à un processus de transformation contrôlée.
La solution de cette énigme politique de façade doit être trouvée dans la logique hégélienne. Rappelons-nous que Marx et Hitler – relevant respectivement de l’extrême « gauche » et de l’extrême « droite »-, présentés par les manuels scolaires comme d’irréductibles ennemis, ont tous deux raisonné à partir d’un même système philosophique: l’hégélianisme. Cela fait grincer des dents les intellectuels qui s’intéressent au marxisme et au national-socialisme, mais ce fait est bien connu de tout étudiant en sciences politiques.
La méthode dialectique n’est pas née avec Marx, comme les marxistes le prétendent. Elle est née avec Fichte et Hegel, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, en Allemagne. Au sein de la méthode dialectique, l’affrontement des contraires provoque une synthèse. Par exemple, un conflit politique entre la gauche et la droite produit un tiers système politique, synthèse des deux, qui ne sera ni de droite, ni de gauche. Ce conflit des contraires est nécessaire pour faire naître les changements. De nos jours, cette méthode est identifiable dans les documents produits par la Commission Trilatérale dans lesquels le « changement » est encensé et où la « gestion des conflits » est considérée comme un moyen de rendre ce même changement effectif.
Le conflit est une donnée essentielle du système hégélien. En outre, selon Hegel et toutes les pensées qui en découlent, l’État est absolu. L’État exige de chaque individu, de chaque citoyen, une obéissance totale. Dans ces systèmes dits « organiques », l’individu n’existe jamais pour lui-même : il ne doit qu’être une fonction au sein des rouages de l’État. Il n’est libre que dans la mesure où il obéit à l’État. La liberté n’existait pas dans l’Allemagne hitlérienne, comme il n’y a pas de liberté individuelle pour le marxisme, et comme il n’y en aura pas non plus au sein du Nouvel Ordre Mondial. Que cela ressemble au livre « 1984 » de George Orwell est évident…
Pour résumer, l’État est souverain et le conflit doit être utilisé pour construire la société idéale. Les individus doivent s’émanciper en obéissant aux dirigeants.

p.80-81

D’autres citations suivront sous peu (en cours)

 

 


Le pouvoir secret américain
L’ordre de Skull & Bones

de Antony Sutton

le-pouvoir-secret-americain-l-orde-des-skull-and-bones-suttonPRÉFACE DE L’AUTEUR : Après 16 livres et 25 années de recherches fondamentales, je pensais que j’avais tout entendu… que le monde était un désordre confus, probablement au-delà de toute compréhension, certainement au-delà de tout salut, et que je ne pouvais pas faire grand chose à son sujet. En 1968 mon livre « Technologie de l’Ouest et Développement Économique Soviétique » a été publié par l’Institution Hoover à l’université Stanford.

En trois volumes substantiels, j’ai détaillé comment l’Ouest avait construit l’Union Soviétique. Cependant, le travail a produit un puzzle apparemment insoluble – pourquoi avons nous fait ceci ? Pourquoi avons nous construit l’Union Soviétique, pendant que nous avons aussi transféré la technologie à l’Allemagne de Hitler ? Pourquoi Washington veut dissimuler ces faits ? Pourquoi avons nous soutenu le pouvoir militaire Soviétique ? Et soutenu le notre simultanément ?

Dans les livres subséquents, la série des « Wall Street », j’ai posé plus de questions – mais aucune réponses. J’étais arrivé plus ou moins à la conclusion qu’il n’y avait aucune réponse rationnelle qui pouvait être prouvée.
Alors il y a à peu près un an, j’ai reçu une fournée de huit pouces de documents – rien de moins que la liste d’adhésion à une société secrète américaine. En jetant un coup d’œil sur cette liste, il était évident que ce n’était pas un groupe ordinaire. Les noms inscrits représentaient le Pouvoir, avec un P majuscule. Plus j’ai cherché à approfondir chaque individu, un modèle a émergé… et un monde autrefois flou est devenu clair comme du cristal.
Le livre que vous lirez ici est une version combinée, d’une série qui fait un rapport sur cette recherche. Chaque volume est construit sur le volume antérieur dans un processus logique, pas à pas.
Ces volumes expliqueront pourquoi l’Ouest a aidé les soviets et Hitler ; pourquoi nous allons à la guerre, pour perdre ; pourquoi Wall Street aime les marxistes et les nazis ; pourquoi les enfants ne peuvent pas lire ; pourquoi les églises sont devenues des sources de la propagande ; pourquoi des faits historiques sont supprimés, pourquoi les politiciens mentent et cent autres pourquoi.
Cette série est infiniment plus importante que les séries originales de « Technologie De l’ouest » sur les transferts technologiques.

 

Si je devais avoir une œuvre majeure,
c’est
ce livre.

ANTONY C. SUTTON
Phénix, Arizona,
Le 30 juillet 1983

Anthony Sutton sur la secte des Skull and Bones



Autres publications

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Skull and Bones, l’élite de l’Empire

(13 janvier 2006)
« Au sein de la très élitiste et puritaine université de Yale sont co-optés chaque année quinze fils de très bonne famille. Ils forment une société secrète aux rituels morbides : les Skull and Bones (Crâne et os). Tout au long de leur vie, ils se soutiennent et s’entraident face aux velléités démocratiques d’une plèbe qu’ils abhorrent. Les deux candidats à la dernière élection présidentielle, George W. Bush et John Kerry, loin d’être des adversaires, s’y côtoyaient en secret depuis trente-six ans. Alexandra Robbins a consacré aux Booners une enquête qui fait référence. Son livre est maintenant disponible en français.
L’association des Skull & Bones nourrit une importante littérature conspirationniste, qui rend responsable ses membres du scandale du Watergate, de l’invasion de la Baie des Cochons ou encore de l’assassinat de John F. Kennedy. Par ses connexions avec le milieu des affaires, notamment le secteur bancaire, ces anciens potaches de l’université de Yale contrôleraient la finance mondiale, voire l’avenir de la planète. Les Skull & Bones auraient d’ailleurs noyauté le Council on Foreign Relations, la Commission Trilatérale, la CIA, etc.
Il n’est pas question de discuter dans Voltaire, une publication laïque, de l’ésotérisme pratiqué au sein de cette organisation au cours des rites d’initiation, ou des cérémonies annuelles, mais d’analyser sa fonction sociale et son éventuel rôle politique. Les Skull & Bones illustrent surtout comment, aux États-Unis, s’est perfectionné un système de reproduction des élites par le biais d’une sélection qui, contrairement au mythe du self-made man, ne doit rien au hasard ou aux qualités individuelles. En effet, comme le souligne Anthony Sutton, les membres les plus actifs de l’organisation viennent d’un « noyau d’environ 20 à 30 familles », attachées à la défense de leur héritage et de leur lignée. Il existe ainsi de nombreux mariages entre des représentants des familles membres des Skull & Bones, bien que seuls les étudiants mâles aient pu, jusqu’à une date récente, adhérer à l’organisation.


Yale, une université puritaine et élitiste


Les Skull & Bones sont nés sur le campus de l’université de Yale. Un choix qui, selon la remarquable enquête de la journaliste de l’ Atlantic Monthly, Alexandra Robbins, ne doit rien au hasard [1].
Au début du XVIIIe siècle, l’ensemble des universités états-uniennes, qu’il s’agisse d’Harvard, Dartmouth, Williams, Bowdoin, Middlebury ou encore Amherst, ont été fondées par des Congrégationalistes. Mais ils subissent alors la concurrence des Presbytériens, ce qui incite le président d’Harvard, Increase Mather, à agir. En 1701, il quitte son poste et créée une nouvelle université, « afin que l’Intérêt de la Religion soit préservé, et que la Vérité soit transmise aux générations futures ». Avec l’aide de dix pasteurs, dont neuf viennent d’Harvard, il parvient ainsi à fonder le Collegiate School of Connecticut. En 1711, Isaac Newton, Richard Steel et Elihu Yale sont approchés pour transmettre des livres de leur collection personnelle à la jeune institution. Les contacts avec Yale, devenu extrêmement riche grâce à ses activités au sein de la Compagnie des Indes orientales et en tant que gouverneur de la colonie de Madras, sont particulièrement fructueux. Non content de fournir des livres, il finance également largement l’université, qui lui rend hommage en prenant son nom, à partir de 1720, Yale University.
Les liens avec le congrégationnalisme garantissent le puritanisme de l’enseignement et du mode de fonctionnement de Yale. Les étudiants et professeurs doivent prononcer une profession de foi à leur entrée dans l’établissement, et peuvent être renvoyés si leur sincérité est sérieusement mise en doute. À ce puritanisme s’ajoute un élitisme forcené : les étudiants sont classés, dès leur arrivée à Yale, non pas en fonction de leurs capacités, mais de la position sociale de leurs parents. En tête de classe, les fils ou petit-fils de gouverneurs, de vice-gouverneurs. Puis viennent les membres des familles de juges de la Cour suprême. Un plus bas dans le classement, on trouve les fils de pasteurs et d’anciens élèves. En queue de peloton, les fils de fermiers, de marchands et d’artisans. Ce classement décide de la place attribuée à chaque élève dans les salles de classe, à la chapelle et à la cantine. Le plus étonnant, note Alexandra Robbins, n’est pas que ce classement d’entrée dépende du statut social de la famille de l’élève, chose courante dans beaucoup d’universités au XVIIIe siècle, mais plutôt qu’il n’évolue pas avec la scolarité. Ainsi Yale devient l’exemple idéal-typique d’une institution reproduisant les élites et leur hiérarchie interne. Le déclassement est en général occasionné par un manquement disciplinaire, et sanctionne le fait que l’élève a ainsi entaché l’honneur de sa famille.
Il faut ajouter à ce mode de fonctionnement peu banal la licence explicitement donnée aux élèves plus âgés de bizuter, voire de brimer et d’humilier les étudiants des classes inférieures. Le règlement prévoit une série de mesures visant à assurer le respect de la hiérarchie la plus arbitraire, fondée uniquement sur l’âge. Lyman Bagg a raconté dans un ouvrage, Quatre ans à Yale, paru anonymement en 1871, comment il analysait les mécanismes mis en place par l’institution. Ces pratiques autorisées reflètent selon lui le « pouvoir énorme des « coutumes » de l’école dans la création d’une folie temporaire qui fait des hommes faibles des êtres cruels et des hommes bons des êtres sans pitié ».
Cette propension à l’élitisme, à la hiérarchie brutale et au puritanisme incite les élèves, à la fin du XVIIIe siècle, à monter plusieurs sociétés parallèles à l’université. Il s’agit au départ d’associations littéraires, telles que Linonia et Brothers in Unity. L’ensemble des élèves est appelé à adhérer à l’une ou l’autre des organisations. Ce qui n’est pas assez élitiste pour ceux qui souhaitent une stricte reproduction de la nouvelle « aristocratie » états-unienne. En 1780 la branche Alpha de l’organisation Phi Betta Kappa est fondée à Yale. Plusieurs autres sociétés fleurissent à l’époque : la Beethoven Society, l’Hexahedron Club… Petit à petit, les salons littéraires perdent de leur importance, remplacés par des sociétés secrètes, plus élitistes et plus fermées. Au milieu du XIXe siècle, on en dénombre trois principales : les Skull and Bones (Crâne et os), les Scroll and Key (Parchemin et clé) et Wolf’s Head (Tête de loup).
Parallèlement, le corps enseignant de Yale décide de suivre le mouvement. Six ans après la création de Skull & Bones, six membres de l’élite enseignante de l’université se réunissent au sein du « Club », bientôt appelé le « Old Man’s Club ». Parmi ses six membres fondateurs, on trouve les professeurs Josiah Willard Gibbs et Theodore Dwight Woolsey. Bientôt, l’organisation comptera dans ses rangs William Howard Taft, le futur chief justice du Connecticut Simeon E. Baldwin, l’universitaire Thomas Bergin, le neurochirurgien Harvey Cushing, et le fondateur des Skull & Bones, William H. Russell. Seuls Thomas Bergin et Harvey Cushing ne deviendront pas, par ailleurs membre des Skull & Bones.


La guerre de l’opium


L’université de Yale était un terreau particulièrement fertile pour qu’y prospère une société secrète aussi élitiste et influente que les Skull & Bones. Mais le succès de cette organisation secrète doit aussi beaucoup à la personnalité de son fondateur, William H. Russell. Celui-ci appartient à la grande famille Russell, dont l’un des membres, le révérend Noadah Russell, membre éminent de l’Église congrétionnaliste, a participé à la création de Yale. La famille Russell s’est également impliquée dans la grande guerre de l’opium qui oppose le Royaume-Uni à la Chine dans la première moitié du XIXe siècle.
À la fin du XVIIIe siècle, l’opium cultivé au Bengale avec la bénédiction de l’Angleterre est soumis à un monopole d’exploitation confié à la Compagnie des Indes orientales, une société qui dépend directement de la Couronne et à laquelle Elihu Yale a participé par le passé. La guerre de l’opium, qui commence vers 1815, vise à introduire de force cette drogue sur l’énorme marché chinois. De 320 tonnes annuelles en 1792, la contrebande d’opium atteint 480 tonnes en 1817, puis 3200 tonnes en 1837. La Chine demande alors à la reine Victoria de faire cesser le trafic. La souveraine fait savoir que les revenus ainsi engrangés par le Royaume-Uni sont trop importants pour qu’elle décide d’y renoncer. La tension monte entre Pékin et Londres : en février 1839, un trafiquant chinois est exécuté devant les représentations cantonaises des commerçants britanniques. En juin 1839, la Couronne accepte de détruire d’importantes cargaisons d’opium. De nombreux Anglais quittent alors Canton et Macao pour relancer le trafic d’un peu plus loin, sous la protection officielle de la marine britannique. Dans ces conditions, l’incident est inévitable : le 4 septembre, c’est la première bataille navale de la guerre de l’opium, qui aboutit à la destruction de nombreux navires chinois. Ces affrontements révèlent « la faiblesse des jonques de guerre chinoise et la sanglante détermination des protestants anglais pour que soient victorieux les principes du libéralisme fondé sur le trafic de l’opium » [2].
Samuel Russell, cousin de William Russell, est un important protagoniste de la guerre de l’opium. De nationalité états-unienne, il est le fondateur de la Russell & Company en 1813, qui va concurrencer, dans les années 1820, la domination britannique sur le trafic de drogue en direction de la Chine. L’un des membres éminents de la société était Warren Delano, Jr, le grand-père de Franklin Delano Roosevelt.


Du club Eulogie aux Skull and Bones


C’est dans ce contexte que William Russell crée les Skull & Bones, en 1832. Il est difficile d’établir avec précision dans quelles circonstances. Il s’agirait, au départ, d’une réaction à l’exclusion d’un membre des Phi Beta Kappa, Eleazar Kingsbury Forster. Indigné par le procédé, et souhaitant redonner sa vitalité à Yale, William Russell aurait condamné Phi Betta Kapa, pris Forster sous son aile et fondé, avec treize autres étudiants de Yale (dont Alfonso Taft [3]), une société encore plus secrète et encore plus forte, originellement intitulée le Club Eulogie, du nom de la déesse grecque de l’éloquence. Sous l’influence d’un récent voyage en Allemagne, Russell importe bon nombre de références germaniques dans le rituel. En 1833, les jeunes membres adoptent la tête de mort et les ossements comme emblème. À la même époque, le chiffre 322 devient le « chiffre clé » de l’organisation. C’est en effet en 322 avant JC qu’est mort l’orateur grec Démosthène. Selon la « tradition Skull and Bones », la déesse Eulogie aurait alors rejoint le paradis, avant de redescendre en 1832 et de rejoindre la société secrète.
En 1856, les Skull and Bones sont officiellement incorporés au sein du Russell Trust, propriété de William H. Russell, grâce à Daniel Coit Gilman (Bones 1852), président fondateur de l’Université John Hopkins. Le 13 mars de la même année, l’organisation déménage son quartier général au sein d’un bâtiment impressionnant sur le campus de Yale, pompeusement baptisé « la Tombe ». L’endroit est rapidement submergé de reliques guerrières et morbides : on y trouve, d’après les témoignages de membres recueillis par Alexandra Robbins, une accumulation de drapeaux, de tentures noires, d’armes recueillies sur les champs de bataille. Pour ne pas oublier qu’il s’agit d’une confrérie d’étudiants, une série de balles de baseball provenant des rencontres mythiques remportées par Yale est exposée dans une pièce. Le logo de la tête de mort est apposée quasiment sur tous les endroits vierges, tandis que des ossements de carcasses animales sont accrochées à divers murs. Quelques squelettes et ossements humains sont également exposés. La plupart des tableaux présents dans l’enceinte représentent la Mort rencontrant tel ou tel personnage célèbre. Une atmosphère proche de l’univers de la famille Adams selon Marina Moscovici, conservateur d’art du Connecticut qui a travaillé à la restauration d’une quinzaine de tableaux en 1999.
 Quartier général des Skull & Bones, situé sur le campus de l’université de Yale et baptisé « la Tombe ».

Quartier général des Skull & Bones, situé sur le campus de l’université de Yale et baptisé « la Tombe ».

Une polémique a éclaté au début des années 1980 autour du crâne de Géronimo, que les Skull & Bones prétendaient détenir. Ils le montrèrent même à un chef de tribu apache d’Arizona, Ned Anderson. Alors qu’on leur en demandait la restitution, les membres de l’organisation présentèrent un crâne différent de celui montré précédemment, et dont l’analyse révéla qu’il s’agissait de celui d’un enfant de dix ans, et non de celui du chef indien. L’authenticité de la relique, qui a depuis regagné « la Tombe », reste donc discutable.
 Locaux de la S&B sur l'Île Deer


Locaux des patriarches de S&B sur l’Île Deer

Le fonctionnement de l’organisation est aujourd’hui mieux connu. Quinze membres sont recrutés chaque année, ce qui permet d’estimer à environ 800 le nombre de membres vivants de l’organisation à n’importe quelle date donnée. Encadrés par des membres plus anciens, les quinze nouveaux impétrants se réunissent deux fois par semaine pendant un an, pour discuter à la fois de leur vie, de leurs études ou de leurs projets professionnels. Des débats sur des questions politiques et sociales ont également lieu. Une fois par an, la société organise une retraite à Deer Iland, une vaste île située dans le fleuve Saint-Laurent, près de New York, où a été construit un club cossu à l’anglaise. Il s’agit bien de Deer Iland et non de Deer Island, conformément à la volonté de George D. Miller, membre des Skull & Bones et généreux donateur de la résidence [4].
Le rituel d’initiation a fait l’objet des interprétations les plus folles de la part des détracteurs de l’organisation. Pourtant, comme le rituel maçonnique, c’est essentiellement le secret qui l’entoure qui en est l’élément le plus déterminant. Et s’il est possible que les cérémonies se déroulant au sein de « la Tombe » aient eu, un temps, des connotations paganistes, voire satanistes, il faut également rappeler que le bizutage des nouveaux élèves de Yale était, par le passé, particulièrement cruel. Cependant, il est improbable qu’on demande aujourd’hui aux étudiants sélectionnés pour entrer dans l’organisation de se prêter à des jeux sexuels morbides devant l’ensemble des autres initiés.


Le réseau


Le plus fascinant n’est pas ce qui se passe au sein de l’organisation, mais plutôt la cohérence de sa liste de membres, qui révèle le talent des membres de Skull and Bones pour constituer les élites de demain. Ainsi, tout président des États-Unis passé par Yale a été membre des Skull & Bones : il s’agit de William Howard Taft, de George H.W. Bush et de George W. Bush. De même on ne compte plus les personnalités membres de l’organisation qui ont occupé, par la suite, d’importantes fonctions dans le monde politique, diplomatique, médiatique, ou même du renseignement.
L’organisation dispose d’importantes connexions dans le milieu diplomatique, et notamment au sein du Council on Foreign Relations. Ainsi, Henry Stimson, secrétaire à la Guerre de Franklin Delano Roosevelt, l’ambassadeur des États-Unis en Union soviétique, Averell Harriman, ou J. Richardson Dilworth, gestionnaire des intérêts de la famille Rockefeller, étaient membres des Skull and Bones [5].
Des membres de Skull & Bones ont également joué un certain rôle dans l’univers des médias. Henry Luce et Briton Haden, tous deux membres de l’organisation depuis 1920, auraient notamment eu l’idée de créer le journal Time lors d’une réunion à « la Tombe ». Averell Harriman, de son côté, a fondé le journal Today qui fusionna en 1937 avec une autre revue pour devenir Newsweek.
Les connexions au sein de la CIA sont particulièrement impressionnantes : William F. Buckey, membre ultra-conservateur de l’Agence et propagandiste réputé, a été membre de l’association, tout comme son frère, James Buckley, sous-secrétaire d’État à la Sécurité, aux sciences et aux technologies, dans le gouvernement de Ronald Reagan, un poste où il supervisait l’octroi de l’aide militaire états-unienne à destination des régimes de droite. Hugh Cunningham (Bones 1934) a lui aussi accompli une longue carrière dans les services états-uniens, de 1947 à 1973. C’est également le cas de William Bundy, Bonesman de la promotion 1939, et de Dino Pionzio (Bones 1950), chef de station de la CIA à Santiago en 1970, où il s’employa à déstabiliser le régime de Salvador Allende.
Le fait que l’organisation serve de moyen de reproduction à l’élite économique et politique du pays lui a assuré une bienveillance inhabituelle des autorités. Ainsi, en 1943, un acte législatif spécial adopté par l’État du Connecticut a exempté les associés du Russell Trust Association, qui gère, entre autres, les avoirs de la société secrète, de remplir un rapport d’activité comme n’importe quelle autre société. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, ses avoirs ont été gérés par John B. Madden Jr, membre de Brown Brothers Harriman, une société née de la fusion, en 1933, de Brown Bros & Company et de W.A. Harriman & Company. Madden travaillait alors sous les ordres de Prescott Bush, père du futur président George H.W. Bush et grand-père de l’actuel président des États-Unis. Tous ces personnages sont naturellement membres des Skull & Bones.
Autre source de fonds : les Rockefeller. Percy Rockefeller fut membre de l’Ordre, et lia l’organisation aux propriétés de la Standard Oil. Autre grande famille rattachée aux Skull & Bones : les Morgan. J.P. Morgan ne fut certes jamais membre, mais Harold Stanley, membre de l’équipe dirigeante du Morgan’s Guaranty Trust, appartint à l’organisation depuis 1908. W. Averell Harriman, de la promotion 1913, a également été membre du conseil d’administration, tout comme H.P. Whitney et son père, W.C. Whitney. C’est également de manière indirecte que l’organisation a pu profiter des fonds de la famille Ford, apparemment contre l’avis de celle-ci. McGeorge Bundy, membre des Skull & Bones, fut en effet président de la Fondation Ford de 1966 à 1979, après avoir servi de conseiller pour la sécurité nationale sous John F. Kennedy et Lyndon Johnson.


Présidentielle 2004 : le face-à-face Skull and Bones

 

skullbonesLes Skull & Bones n’ont pas véritablement de discours idéologique. Encore qu’il ne soit pas anodin de révérer un financier de la guerre de l’opium et d’utiliser comme objet rituel le crâne présumé du dernier chef d’un peuple que l’on vient d’exterminer. Contrairement à ce que la littérature conspirationniste a pu évoquer, il ne s’agit pas d’un club de néo-nazis, d’ultra-conservateurs, ni même de faucons. Néanmoins, en tant que représentant de l’élite future (ce qui nécessite déjà d’appartenir à la classe sociale disposant des capitaux socio-culturels suffisants pour réussir dans les différents champs de pouvoir), les membres des Skull & Bones partagent une même vision du monde et des rapports sociaux. Tous sont des capitalistes partisans d’un pseudo-libéralisme et attachés aux valeurs de Liberté prétendument incarnées par les États-Unis. Bien que récemment gagnées par les sirènes du « politiquement correct », en admettant progressivement des représentants des minorités ethniques et sexuelles, puis des femmes en 1991 – à la consternation, entre autres, de l’ancien président George H.W. Bush – les élites réunies au sein des Skull & Bones n’en demeurent pas moins l’incarnation quasi-parfaite de la pensée unique de la classe dirigeante états-unienne.
bush-kerry-skull-and-bonesLe fait que les deux principaux candidats à la présidence des États-Unis en 2004, George W. Bush et John Kerry, soient membres de l’organisation, ne peut être interprété comme la manifestation d’une élection arrangée à l’avance entre deux personnalités de connivence. En revanche, on peut légitimement s’inquiéter de la manière dont s’établit la sélection au sein du champ politique états-unien. Car si les deux hommes peuvent s’affronter durement, il est indubitable qu’ils appartiennent l’un et l’autre à un milieu social étroit et homogène et que, à ce titre, ils défendent, malgré leurs divergences, des intérêts proches. D’une certaine manière, pour paraphraser un politicien français, l’élection présidentielle de 2004 ce sera « Skull and Bones ou Bones and Skull ». C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Ordre focalise sur lui autant d’attention : il incarne la quintessence du milieu social le plus favorisé des États-Unis, et dont les vues sont loin de représenter l’idéal démocratique auquel aspire le reste de la population. Individuellement, de nombreux membres de l’organisation ont trempé dans la plupart des « coups tordus » des États-Unis des cinquante dernières années, de l’invasion de la Baie des Cochons à l’élaboration de la doctrine nucléaire, en passant par le renversement de Salvador Allende. Et ils n’ont pu le faire qu’en dehors des institutions démocratiques, dans le secret de leur connivence et sur la base d’une fraternité ancienne. Pourtant, aucune décision de ce type n’a jamais été prise au sein de l’association des Skull & Bones elle-même. Ce n’est pas une structure hiérarchisée, apte à prendre de telles décisions et à les faire appliquer. Quoi qu’il en soit, l’Ordre secret reste la façade la plus immédiatement visible de l’« ennemi de classe » que représente l’« aristocratie impériale » des États-Unis. »
  1. Secrets of the Tomb par Alexandra Robbins, Little, Brown and Company, 2002.
  2. Le blanchiment du crime en permet la répétition – L’arme éthique dans les nouvelles guerres occidentales, de Michel Tibon, Mémoire non publié, 1999.
  3. Alphonso Taft, futur secrétaire à la Guerre en 1876, puis Attorney general et ambassadeur états-unien en Russie, est le père de William Howard Taft, le seul homme politique états-unien à avoir été président du pays puis président de la Cour suprême.
  4. Jeu de mots difficilement traduisible : Deer Island est l’« île du cerf », Dear I land signifie « la terre de cher moi-même ».
  5. Anthony C. Sutton, America’s Secret Establishment : An Introduction to the Order of Skull & Bones, Liberty House Press, 1986.

 


Skull and Bones
La vérité sur L’élite secrète qui dirige les États-unis

de Alexandra Robbins

« Quelle carrière peut raisonnablement envisager un étudiant très moyen (voire carrément médiocre dans certains domaines) sans talent reconnu ni aucune capacité athlétique et doté de surcroît d’un tempérament alcoolique ? Tout va dépendre du réseau sur lequel il compte s’appuyer. S’il est membre des Skull and Bones, n’importe quelle carrière est possible. C’est ainsi que Georges W. Bush, petit étudiant sans envergure entré à Yale en 1964, devient en 2000 le 43 ème Président des Etats-Unis . Une autre question tout aussi intéressante se pose alors : comment un simple petit club universitaire de 15 membres peut-il transformer l’un de ses siens –en l’occurrence le moins capable – en premier décideur politique du monde libre ? C’est dans cette réponse que réside tout l’intérêt de l’enquête d’Alexandra Robins qui décrypte de façon détaillée les multiples facettes du fascinant pouvoir d’influence des Skull and Bones. »
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« Brillante journaliste, Alexandra Robbins a écrit ce livre à 29 ans. Elle collabore avec le New Yorker, le Washington Post, Cosmopolitan, Chicago Tribune… Elle est devenue célèbre à l’âge de 23 ans, pour son enquête sur le parcours universitaire de Bush à Yale. C’est une habituée de la télévision américaine, de CNN au Oprah Winfrey Show. »
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5 réflexions sur “Les Dessous de « l’Ordre » Skull and Bones

  1. Cette série est infiniment plus importante pour ceux qui cherchent la vérité et veulent comprendre . des analyses et des découvertes sur des sujets aussi divers que passionnants du « plan de satan » Sa devise « Il faut créer un homme sans racines, sans autre but que le plaisir et la richesse personnelle, une marionnette docile à l’existence médiocre. » Et ainsi sera assuré le règne de Satan.Surtout n’hesitez pas à faire la comparaison et le parallèle avec  » l’Ordre de Skul & Bones.Le Pouvoir Secret Américain de Antony Sutton » vous verrez un monde autrefois flou est devenu clair comme du cristal.
    On pourrait croire à de la Science Fiction ou à une théorie conspirationniste mais ça n’est pas le cas ! c’est le projet d’actions implémenté dans le monde entier pour répertorier et contrôler toutes les terres, toutes les mers, tous les minéraux, toutes les plantes, tous les animaux, toutes les constructions, tous les moyens de production, toute l’énergie, toute l’instruction, toutes les informations et tous les êtres humains dans le monde. C’est un inventaire des stocks ainsi que leur contrôle !
    Les dessous de cette agenda est de préparer l’arrivée du Dejjal (Antéchriste) Qui selon la tradition musulmane celui-ci serait sur le point d’avoir la permission de sortir.
    Ce livre nous enseigne qu’aussi longtemps qu’il n’y aura pas de justice il n’y aura pas de paix eécn ce monde.On doit s’attendre à ce mal (Antéchriste) il s’agit d’un homme qui sera un imposteur et apparaîtra à la fin des temps et réclamera la Seigneurie.
    Qui n’a pas été vu depuis le commencement du monde jusqu’à aujourd’hui. L’on comprend, aisément pourquoi une telle secte démoniaque ?!
    C’est pourquoi il est urgent de comprendre certaines choses « Comment et Pourquoi ? Ainsi, le Congrès des États-Unis a adopté dans le cadre de  » l’Education Day « , le 26 mars 1991, la reconnaissance des lois noachides comme socle de la société américaine ?! Elle explique la genèse de ce programme et son objectif final : instauration d’un totalitarisme mondial et d’une nouvelle « religion le Noachisme  » ?.
    Les Dessous de « l’Ordre » Skull and Bones de A,thony Sutton, nous résume le plan de domination mondiale élaboré par la race juive sioniste depuis sa dispersion, lors de la prise de Jérusalem par Titus. Il serait puéril de croire que les  » Protocoles  » soient la première rédaction des aspirations d’Israël et de ses efforts séculaires ; ils n’en sont que l’expression plus développée, comme aussi plus actuelle, parce que les événements contemporains en confirment la réalisation ! “ Quelle personne impartiale et raisonnable pourrait nier que les intrigues en cours au Proche, au Moyen Orient et à l’Extrême Orient ne préparent pas la réalisation de ce dessein infernal ?
    Il faut savoir que le diable a une longue expérience dans la pratique de l’égarement ; donc il planifie excellemment tout ce qu’il doit entreprendre. Il tient à conserver son rôle de malfaiteur dans lequel il se complaît bien et il ne s’en fatigue jamais, ni ne se décourage.
    Donc ces adeptes les bonesmanes sont en réalités ses fiideles alliés ayant pour objectif principal d’égarer ceux qui adorent Allah et créer un homme sans racines, sans autre but que le plaisir et la richesse personnelle, une marionnette docile à l’existence médiocre. Et ainsi sera assuré le règne de Satan.
    Merci pour votre travail, vos efforts et votre intelligence !

    • Quand vous dites « Les Dessous de « l’Ordre » Skull and Bones de Anthony Sutton, nous résume le plan de domination mondiale élaboré par la race juive sioniste », je ne suis pas certain que le livre nous donne des éléments allant en ce sens, puisque, une fois n’est pas coutume, il n’est que très rarement fait mention de juifs ; au contraire, le livre parle abondamment des « WASP » (White Anglo-Saxon Protestant = protestants blancs anglo-saxons). Aurais-je mal lu ?

      Sinon votre message me rappelle que je dois encore coucher un paragraphe de résumé de l’hégélianisme fortement présent dans l’ouvrage.

      • J’ai beaucoup pprécié votre observation , a vrai dire je voulais dire des sionistes et ceux faussement convertis qui se distinguent particulièrement du christianisme et de l’islam du fait de son caractère national. Contrairement aux chrétiens et aux musulmans,!
        En France, l’un des principaux acteurs de ce projet totalitaire est Jacques Attali. Cet influent personnage, qui pense sans doute que les temps sont mûrs pour l’arrivée du messie, expriment très explicitement l’idéal juif de gouvernement mondial, et pas seulement dans ses livres, mais aussi lors de ses nombreux passages télévisés. A l’heure où les nations européennes sont en passe de disparaitre, où les peuples européens qui subissent depuis des décennies la propagande moralisatrice de leurs ennemis, acceptent docilement d’être envahis, submergés par des millions d’immigrés du tiers-monde, à l’heure où les banquiers dictent leurs lois aux peuples, et régentent l’univers, les juifs exultent et s’imaginent qu’enfin, les temps messianiques sont en train de s’ouvrir devant eux. Comme d’habitude, ils ne se contiennent plus et leur arrogance, leur mépris du goy, s’affichent au grand jour.
        n’est-ce pas là une espérance messianique, basée sur les prophéties, correspond aussi à un univers intellectuel et psychologique propre aux membres du « peuple élu ?!

  2.  » Les juifs exultent et s’imaginent qu’enfin, les temps messianiques sont en train de s’ouvrir devant eux. Comme d’habitude, ils ne se contiennent plus et leur arrogance, leur mépris du goy, s’affichent au grand jour. »
    Où avez-vous eu l’occasion de voir cela? Sinon, pas d’inquiétude, je suis sur la même ligne que vous, j’ai, moi aussi, lu Anthony Sutton, les 2 Wall Street et L’ordre des Skull and Bones sont dans ma bibliothèque. À savoir que Sutton ne croit pas au « complot juif », il le dit explicitement dans Wall-Street et la révolution bolchevique.

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