Historiquement correct – Pour en finir avec le passé unique

historiquement-correct-jean-sevillaL’historiquement correct, c’est le politiquement correct appliqué à l’histoire : ce n’est pas une lecture scientifique du passé, une tentative de le restituer tel qu’il a été, c’est une interprétation idéologique et politique du monde d’hier, visant à lui faire dire quelque chose pour les hommes d’aujourd’hui, avec les mots et les concepts d’aujourd’hui. L’historiquement correct ne cherche pas à comprendre le passé pour éclairer le présent : il part du présent pour juger le passé. Dans cet état d’esprit, l’histoire devient un écran où se projettent toutes les passions contemporaines. A l’école, à la télévision ou au café du Commerce, l’historiquement correct règne en maître, proposant une histoire tronquée, falsifiée, manipulée. Et c’est ainsi que l’on voit tous les jours traquer l’obscurantisme, l’impérialisme, le colonialisme, le racisme, l’antisémitisme, le fascisme ou le sexisme à travers les siècles, même si ces mots n’ont pas de sens hors d’un contexte précis : l’historiquement correct s’en moque, car son but n’est pas la connaissance mais la propagande. L’historiquement correct pratique l’anachronisme (les événements d’hier sont évalués selon les critères de notre époque) et porte des jugements manichéens, le Bien et le Mal étant définis selon les valeurs qui ont cours aujourd’hui.

Du Moyen Age à la guerre d’Algérie, ce livre étudie dix-huit points chauds de l’histoire française et européenne, plusieurs d’entre eux concernant directement l’histoire du catholicisme : les croisades, les cathares et l’Inquisition médiévale, l’Espagne des Rois Catholiques, les guerres de Religion, l’Ancien Régime, les Lumières et la tolérance, la Révolution et la Terreur, les catholiques sociaux au XIXe siècle, l’abolition de l’esclavage, la colonisation, l’antisémitisme et l’anticléricalisme des années 1900, l’affaire Pie XII. Exposant les événements en les replaçant dans leur contexte, cet ouvrage rappelle des faits oubliés ou dissimulés, qui bousculent les schémas préétablis et les jugements préconçus.

 

L’histoire du livre racontée par l’auteur

Mon quatrième ouvrage. Celui qui a exigé le travail le plus long. Des lecteurs me demandent parfois combien de temps je mets pour écrire un livre. Question secondaire, et à laquelle je suis incapable de répondre. Dans ce cas, toutefois, je me suis exercé, par jeu, à compter le nombre d’heures que j’ai passées sur le manuscrit d’Historiquement correct. Pour l’anecdote, on retiendra que ce chiffre s’établit très précisément, de janvier 2001 à janvier 2003, à 2183 heures de travail. Le tout mené de front avec mon activité de journaliste : un ami m’a dit que c’était comme si j’avais travaillé l’équivalent de trois années en l’espace de deux ans. Il est cependant évident que je n’aurais pu écrire un tel ouvrage à 25 ans : Historiquement correct est d’abord et surtout le fruit d’années de lecture.Xavier de Bartillat, directeur de Perrin, et toutes ses équipes, ont parfaitement préparé et accompagné cette aventure. Car c’est une aventure que de publier un livre qui devient sous vos yeux un best-seller. Des chiffres ? Toutes éditions confondues, l’ouvrage a passé la barre des 120 000 exemplaires vendus. Huit passages à la télévision (dont l’émission d’Ardisson !), une trentaine d’émissions de radio, plus de cent articles, une quarantaine de conférences à travers toute la France, des centaines de lettres ou de courriels (j’ai personnellement répondu à tous)…

Je n’ai jamais prétendu avoir le monopole de «l’historiquement incorrect», ni être un spécialiste de tous les sujets traités dans l’ouvrage : mon but était de donner la parole à ceux-ci, en présentant une synthèse de leurs travaux à l’intention du grand public. D’autres que moi auraient pu publier un tel livre. Mon seul mérite est de l’avoir entrepris en sentant qu’il correspondait à un besoin. Son succès le prouve : je crois pouvoir dire qu’Historiquement correct a changé quelque chose dans le paysage intellectuel.

Les professeurs de l’enseignement secondaire et les universitaires ont été nombreux à me remercier. Beaucoup de parents font lire l’ouvrage à leurs enfants, mais beaucoup de lycéens ou d’étudiants le lisent d’eux-mêmes. C’est avec ce livre que j’ai gagné un jeune public, dont la fidélité s’est confirmée, un an plus tard, quand le Terrorisme intellectuel a été réédité, puis maintenue par la suite. Si j’ai contribué, si peu que ce soit, à la formation des esprits de demain, j’ai atteint mon but.

Source : jeansevillia.com

Jean Sévillia à propos de son livre
« Historiquement correct » – Archive INA