[Actu] Nouveaux programmes d’Histoire : l’effacement de la France

education-danger-fabrique-d-idiotsL’Histoire, nous ne le savons que trop bien sur ce blog, est écrite par les vainqueurs, qui l’arrangent à leur sauce pour servir leur propagande.

Depuis des décennies, l’accent était mis sur les Lumières, sur la « République triomphantes » des obscurantismes (comprendre la lutte anticatholique, véhiculée par les judéo-maçons principalement).

bfm-cimetieres-chretiensIl semble que le dogme change pour les besoins du pouvoir. A savoir, le reniement généralisé, en Europe, des états-nations, au profit du conglomérat mondialiste européen (on se souvient notamment de Merkel qui évacue le drapeau allemand pour les besoins d’une photo officielle).

Pour ce faire, en France, sont peu à peu mais inexorablement reniés les repères historiques, comme l’identité catholique séculaire ou le passé des rois de France. Encore récemment, on observait une manip chez BFM, qui consistait à préférer la mention « cimetières municipaux » plutôt que a mention initiale de « cimetières chrétiens ».

Dans l’Education, chaque rentrée propose son lot de surprises quant aux changements dans les manuels, comme en Histoire notamment, comme le montrent ces deux articles parus ces jours-ci dans les médias mainstream:


Pascal Bruckner : les nouveaux programmes d’histoire

ou l’effacement de la France

Pascal_BrucknerFIGAROVOX/ENTRETIEN – L’essayiste et romancier Pascal Bruckner revient sur la réforme du collège (et) les nouveaux programmes d’histoire.

La réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem n’en finit pas de susciter la polémique. Les cours de latin, de grec et les classes bi-langues vont être supprimés tandis que l’instauration de cours d’improvisation inspirés de Jamel Debbouze est évoquée. Que cela vous inspire-t-il?

Pascal Bruckner: C’est vraiment prendre les Français pour des imbéciles. On leur supprime le latin, le grec et l’allemand pour leur donner à la place du Jamel Debbouze. L’école devient le véhicule de l’ignorance et non du savoir. L’idéal de l’excellence, porté par Jules Ferry, a été progressivement délaissé par les idéologues au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale. Désormais, c’est le cancre qui devient le plus grand dénominateur commun dans la classe. Initialement, l’école de la République avait pourtant l’ambition inverse de porter une classe d’âge vers le niveau le plus élevé. Dans la novlangue actuelle, apprendre à nager aux élèves devient, «se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé». On touche le fond! La première réforme à entreprendre d’urgence serait de renvoyer tous ces «Trissotin» de la technocratie républicaine sur les bancs de l’école.

Dans les nouveaux programmes d’histoire la chronologie est abandonnée, l’enseignement de l’islam est obligatoire tandis que le christianisme médiéval et les Lumières sont optionnelles. Qu’en pensez-vous?

Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. A mon sens il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter: l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le «manteau de cathédrale qui la recouvre»?Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire.

Nouveaux programmes d’histoire :

atomisation sociale, culpabilité et haine de soi

madeleine-de jesseyFIGAROVOX/HUMEUR – Madeleine de Jessey s’interroge sur la pertinence des nouveaux programmes d’histoire et craint que ces derniers n’enferment les élèves dans une logique de repentance. Madeleine Bazin de Jessey est agrégée de Lettres classiques. Porte-parole de Sens Commun, elle est secrétaire nationale en charge des programmes de formation à l’UMP.

Après avoir unanimement indigné les professeurs de Langues anciennes et irrité les tenants de l’amitié franco-allemande, la réforme du collège risque à nouveau de faire parler d’elle, sur le front de l’histoire cette fois. Tant qu’à faire, autant énerver tout le monde, égalité oblige.

L’Education nationale a en effet mis au point de nouveaux programmes d’histoire pour le collège. On saluera le souci de ne pas faire «disparaître de cet enseignement le cadre national ni la perspective chronologique propre à l’histoire». Alors que la France se divise en communautés disparates sans parvenir à forger une destinée et une fierté communes, on approuvera aussi la visée poursuivie par ces nouveaux programmes: «Dans un ordre chronologique, le programme permet de mieux lire et comprendre le monde d’aujourd’hui en insistant sur des moments forts, des traits marquants des sociétés du passé et des problématiques indispensables à la formation du citoyen.»

C’est en parcourant ensuite la liste des sujets abordés que l’inquiétude surgit: le Conseil supérieur des programmes (CSP) distingue les sujets «obligatoirement étudiés» des sujets «traités au choix de l’enseignant». Ainsi, l’étude de l’Islam sera obligatoire, mais celle du christianisme médiéval facultative – ceux qui choisiront de l’enseigner devront le faire uniquement sous l’angle de l’ «emprise de l’Eglise sur les mentalités rurales». Dans une société en mal d’intégration et de cohésion nationale, on ne manquera pas de s’étonner d’une curiosité si grande pour les religions venues d’ailleurs, et d’une révulsion si manifeste pour nos racines « judéo-chrétiennes » (souligné par nous, ndlr). N’est-ce pas pourtant en redonnant à l’élève ces racines que nous le rendrons d’autant plus ouvert à l’altérité? Par ailleurs, où est-il passé, ce «cadre national» que le CSP évoquait précédemment?

Il apparaît ensuite, nous objectera-t-on. C’est vrai, le cadre national est abordé à travers l’étude obligatoire des heures sombres ou controversées du passé (esclavage, colonisation, génocides, déportation…). En revanche, l’enseignement de l’humanisme et des Lumières, problématiques qu’on croirait pourtant «indispensables à la formation du citoyen», n’est que facultatif. Nos repères communs seront donc extraits des cultures venues d’ailleurs et des tragédies de notre histoire. Plutôt que d’amener l’élève à puiser à la source du christianisme, de l’humanisme et des Lumières, le CSP préfère écouler ses stocks de repentance amère et éculée.

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’importance du «devoir de mémoire» ; nous affirmons seulement que la mémoire ne formera le citoyen qu’à condition de l’inspirer et de le libérer, en lui proposant le terreau vivant d’une action positive et généreuse. Plutôt que de séquestrer l’élève dans l’obscurité des fautes et des blessures passées, que ne lui propose-t-on des épopées nationales, des modèles, des figures de courage, d’unité et de résistance, dans lesquels il pourra puiser des valeurs incarnées? Les jeunes générations ont droit, aujourd’hui, à se fondre dans une histoire de France qu’ils pourront enfin connaître et admirer.

Or, loin d’évoquer les plus belles pages de notre histoire, le CSP entend une nouvelle fois enfermer l’élève dans le culte de la culpabilité et de la haine de soi. Le fait n’est pas nouveau: il y a bien longtemps que l’enseignement de l’histoire se fourvoie chez nous dans un travail de sape et d’auto-flagellation prodigieusement masochiste. Avec la réforme du collège, un nouveau cap est franchi. Ne cherchez plus la crise de la France: elle est là, dans ce retournement de soi contre soi.

Source

La Face cachée de l’École

De Arnauld De Tocquesaint

face-cache-de-lEcoleDe rapports de la Cour des comptes en classements internationaux, l’École française est partout brocardée pour ses coûts, son inefficacité et son injustice. Pourtant, rares sont ceux qui dénoncent aussi le travail de sape de l’Éducation antinationale. Dans son livre, La Face cachée de l’École, Arnauld de Tocquesaint révèle la mainmise des idéologues de Mai 68 sur une institution qui, jusque-là, avait fait l’admiration du monde entier et avait servi de creuset national. Le contrôle de la jeunesse, son formatage, relève bien d’un objectif totalitaire dont les élèves et les parents doivent être avertis.

Mais l’auteur, spécialiste des questions scolaires, ne se contente pas de dénoncer, il propose aussi, à la fin de l’ouvrage, des pistes très concrètes de redressement qui n’ont bien entendu aucune chance d’être retenues par le pouvoir socialiste qui n’y a aucun intérêt.

Arnauld de Tocquesaint est historien et essayiste, spécialiste des questions scolaires.


Entretien avec Arnauld de Tocquesaint :
présentation de l’ouvrage

Dans cet entretien en cinq parties, Arnauld de Tocquesaint présente son ouvrage La face cachée de l’École, édité par Kontre Kulture, ainsi que les principaux enjeux de l’instruction aujourd’hui.

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La désinformation par l’Éducation nationale

desinformation-par-l-education-nationaleL’Education nationale, cette institution essentielle pour l’avenir du pays, est devenue une immense machine qui tourne à vide. Enseignants démotivés et démoralisés, élèves livrés à eux-mêmes, cette forteresse d’un syndicalisme aveugle et corporatiste est atteinte d’une faillite patente. Au fur et à mesure que les moyens budgétaires qui lui sont consacrés augmentent, les résultats obtenus chutent de manière dramatique. Car l’Education nationale n’œuvre pas pour former et aiguiser l’esprit critique des élèves, mais, au contraire, pour les  » formater  » en fonction d’une idéologie du politiquement correct qui réduit à néant la véritable liberté de pensée. Voilà pourquoi, s’agissant de l’enseignement public en France, on peut parler d’une véritable désinformation. A ce manque d’ambition s’ajoute une transmission des savoirs de plus en plus élitiste, seuls les élèves de milieux aisés pouvant réellement tirer leur épingle d’un jeu que la démocratisation officiellement affichée de l’enseignement rend pourtant inaccessible à ceux issus de milieux plus défavorisés sur le plan culturel. Un cri d’alarme salutaire, lancé par une femme qui évoque le sujet en toute connaissance de cause.
Comme le constate Vladimir Volkoff en préface du livre de Christine Champion « En 2005, en France, l’échec scolaire est évident » : échec de la pensée des Lumières qui avait présidé à la conception qu’avait Jules Ferry de l’Instruction Publique, à présent ballottée entre égalitarisme et élitisme ; échec des réformes successives tentées ou avortées par les différents gouvernements depuis De Gaulle. L’heure serait pourtant à se féliciter de l’exceptionnel taux de réussite des bacheliers cette année. Serions-nous les victimes consentantes du processus de désinformation que dénonce Christine Champion dans cet ouvrage ? Violent ou pernicieux, le malaise affleure lors des manifestations étudiantes ou encore aux vues du recours croissant au soutien scolaire auprès des prestataires privés.

En effet, si l’Education nationale, de par la manière dont elle forme et contrôle ses enseignants, n’oeuvre pas au développement du sens critique des élèves, elle les formate au contraire à une idéologie du politiquement correct qui réduit à néant la tentative d’accéder à une véritable liberté de pensée. En outre, sous couvert d’une relative démocratisation du savoir et de l’accès à la culture, l’enseignement public théoriquement chargé d’asseoir les fondements du pacte républicain, exacerbe les inégalités et les clivages socioculturels entre les élèves.

Christine Champion, mère de famille nombreuse, née en 1947, est licenciée-ès-lettres (philosophie), et professeur-documentaliste (AECE) depuis 20 ans : d ‘abord 15 ans en CLG, puis en collège pour garçons en grandes difficultés, enfin en lycée professionnel. Elle a aussi assuré des cours particuliers de soutien en français et en philosophie, et dirigé une médiathèque pendant trois ans.

Tableau noir

tableau-noirDix ans déjà –; la Fabrique du crétin (voir plus bas) dressait le constat lucide et accablant des dysfonctionnements de l’Ecole de la République.

Aujourd’hui, Tableau noir dresse le constat impitoyable d’une faillite générale, malgré les réformes entreprises, ou à cause d’elles. Venu au pouvoir avec un pseudo-projet de refondation, le gouvernement socialiste a achevé le désastre initié dans les années 1990. Une faillite voulue, conforme aux engagements européens d’une France à bout d’école comme on est à bout de souffle; faillite de la formation, faillite de la transmission, parce que la faillite principale, c’est celle du renouvellement social.

Ce sont prioritairement les plus pauvres qui paient le plus cher. Loin de les pousser au plus haut de leurs capacités, on ne leur donne même plus les bases qui leur permettraient de comprendre qu’on les sacrifie. Et parallèlement, on massacre aussi les enseignants, quand on en trouve encore : parce qu’il ne suffit pas de vouloir recruter, encore faut-il réinventer un métier chaque jour plus difficile; les ambitions sont chaque année revues à la baisse ou les résultats flamboyants d’un baccalauréat qui ne veut plus rien dire sont l’attestation la plus exemplaire de la faillite du système. Tableau noir, au-delà du constat accablé, est un livre de propositions.

tableau-noir-presentation

fabrique-du-cretinsLa fabrique du crétin : La mort programmée de l’école

Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu’on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d’années ce qui fut l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses  » preuves  » : l’école a cessé d’être le moteur d’un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?


La mort de l’école est-elle programmée ?

Les Idées à l’endroit (TV Libertés, 24 avril 2015)

Les invités d’Alain de Benoist et d’Olivier François sont :

  • Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste et auteur de « La fabrique du crétin »
  • Paul-François Paoli, journaliste au Figaro et écrivain (« les impasses de l’égalité » / « malaise de l’occident »)
  • Alain Kimmel, ancien professeur de civilisation française au centre international d’études pédagogiques de Sèvres.

L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes

enseignement-de-lIgnoranceEn dépit des efforts de la propagande officielle, il est devenu difficile, aujourd’hui, de continuer à dissimuler le déclin continu de l’intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes scolaires imposées, depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts en  » sciences de l’éducation « . Le grand public est cependant tenté de voir dans ce déclin un simple échec des réformes mises en œuvre. L’idée lui vient encore assez peu que la production de ces effets est devenue progressivement la fonction première des réformes et que celles-ci sont donc en passe d’atteindre leur objectif véritable: la formation des individus qui, à un titre ou à un autre, devront être engagés dans la grande guerre économique mondiale du XXIe siècle.Cette hypothèse, que certains trouveront invraisemblable, conduit à poser deux questions. Quelle étrange logique pousse les sociétés modernes, à partir d’un certain seuil de leur développement, à détruire les acquis les plus émancipateurs de la modernité elle-même ? Quel mystérieux hasard à répétition fait que ce sont toujours les révolutions culturelles accomplies par la Gauche qui permettent au capitalisme moderne d’opérer ses plus grands bonds en avant ?


Le déclin de l’école républicaine

De Bernard Hugonnier

le-declin-de-l-ecole-republicaine-bernard-hugonnierLa France souvent se réclame de l’école républicaine. La réalité est tout autre comme a pu le montrer cet ouvrage : l’accès à l’école n’est pas encore universelle ; l’accès égal aux moyens éducatifs est loin d’être parfait ; l’accès à une école d’égale qualité pour tous ne prévaut pas et l’accès à l’égalité des chances est totalement éloigné de la réalité. Dans le même temps l’échec et l’abandon scolaires ne reculent plus et le nombre des élèves en difficulté, qui concernent d’abord la partie la plus déshéritée de la population, ne diminue pas. Après avoir faut un constat de la situation, cet ouvrage fait le point sur les solutions possibles.

Bernard Hugonnier, Maître de conférences à Sciences po, ancien directeur adjoint pour l’éducation à l’OCDE.


Ce que nos enfants n’apprennent plus au collège

(Date de 2011. Source)

LAltermanuel-dHistoire

Périodes clés, grands personnages, institutions, textes fondateurs, découvertes capitales, guerres et batailles… Vous redécouvrirez tous ces pans de l’histoire de France qui ont été oubliés ou réduits à la portion congrue dans les programmes du collège. Comment expliquer la disparition de Clovis, Hugues Capet, Saint Louis, François Ier, Louis XIII, Richelieu ou Mazarin, des programmes du secondaire ? Comment justifier la place désormais mineure accordée à Louis XIV et Napoléon ? Comment expliquer la disparition du traité de Verdun, qui dessine les nouvelles frontières de l’Europe ? De la révocation de l’édit de Nantes ? De la découverte par Pasteur du vaccin contre la rage ? Du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie ? Cet ouvrage clair et pédagogique répare tous ces oublis en présentant les grandes figures et événements historiques qui permettent d’expliquer comment s’est façonné notre pays, au fil des siècles. Richement illustré, il est destiné à tous ceux qui souhaitent enrichir leurs connaissances et transmettre à leurs enfants les éléments fondamentaux de notre histoire commune.

Le saviez-vous ? Clovis, Saint Louis ou François Ier , mais aussi Henri IV, Louis XIV ou Napoléon ne sont plus étudiés dans les collèges français ! Rayés des programmes ou relégués en option. Raison invoquée par l’Education nationale: il faut consacrer du temps, entre la sixième et la cinquième, à «l’enseignement des civilisations extra-européennes», de l’empire du Mali à la Chine des Hans. C’est ce scandale pédagogique et culturel que dénonce l’historien Dimitri Casali dans son salutaire Altermanuel d’histoire de France (Perrin), dont Le Figaro Magazine publie des extraits. Superbement il lustré, l’ouvrage se présente comme un complément idéal aux manuels scolaires recommandés (ou imposés) par les professeurs de collège. Qui fixe les programmes scolaires en histoire ? L’enquête du Figaro Magazine montre que la question engage l’avenir de notre société.

Clovis, Charles Martel, Hugues Capet, Louis IX, dit Saint Louis, François Ier, Louis XIII ont disparu des instructions officielles de sixième et de cinquième. Le programme de sixième passe sans transition de l’Empire romain au IIIe siècle à l’empire de Charlemagne, soit une impasse de six siècles. Les migrations des IVe et Ve siècles (les fameuses «invasions barbares»), pourtant fondamentales dans l’histoire de l’Europe, ne sont plus évoquées.

Ces absences sont incompréhensibles. Comment comprendre la naissance du royaume de France sans évoquer Clovis? Comment mesurer «l’émergence de l’Etat en France » sans appréhender le règne de Louis IX? La Renaissance sans connaître François Ier? «L’affirmation de l’Etat » sans expliquer Louis XIII et Richelieu? Tous les historiens s’accordent sur l’importance de ces personnages et de leur œuvre, non seulement politique, mais aussi économique et culturelle.

Le règne de Louis XIV est quant à lui relégué à la fin d’un programme de cinquième qui s’étend sur plus de mille ans d’Histoire. Faire étudier aux élèves en fin d’année scolaire cette longue période (1643-1715) tient de la mission impossible, sachant que les enseignants peinent à boucler des programmes surchargés. Ce règne est de plus noyé dans un thème «L’émergence du « roi absolu » » qui s’étend du début du XVIe siècle au début du XVIIIe siècle. C’est ainsi tout un pan de l’histoire de France qui risque d’être partiellement ou – au pire – pas du tout traité. Le règne de Louis XIV est pourtant décisif, tant dans l’affirmation du «pouvoir absolu» que dans le rayonnement de la civilisation française, en France et à l’étranger, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Le Brun, Le Nôtre, Hardouin-Mansart, Lully, La Fontaine, Corneille… Autant d’artistes et d’écrivains qui risquent de n’être jamais évoqués dans les classes.

A côté des «oubliés» et des «relégués» des programmes, il y a les «optionnels»… L’une des originalités des nouveaux programmes réside en effet dans le système des options, censé permettre à l’enseignant de construire son propre parcours pédagogique. Si cette démarche est intéressante, elle n’en montre pas moins rapidement ses limites… Ainsi, dans le thème 1 («Les bouleversements culturels et intellectuels») de la partie IV («Vers la modernité») du programme de cinquième, les enseignants doivent faire étudier «la vie et l’œuvre d’un artiste ou d’un mécène de la Renaissance ou un lieu et ses œuvres d’art». Ils pourront donc enseigner, par exemple, Léonard de Vinci ou Laurent de Médicis ou la chapelle Sixtine, mais pas les trois. Dans le thème 2 («L’émergence du « roi absolu »») de la partie IV, ils doivent choisir un règne entre le XVIe siècle et 1715. François Ier, Henri IV, Louis XIII ou Louis XIV. Le choix est impossible.

Parmi ces périodes optionnelles figure le premier Empire (1804-1815). En classe de quatrième, dans le seul chapitre consacré à la Révolution et l’Empire, «La fondation d’une France moderne», l’étude doit être menée à travers un sujet donné. Il y a cinq propositions, dont trois excluent totalement la période impériale:

  • Invention de la vie politique;
  • Le peuple dans la Révolution;
  • La Révolution et les femmes;
  • La Révolution, l’Empire et les religions;
  • La Révolution, l’Empire et la guerre.

Bref, le premier Empire ne donnera lieu, au mieux, qu’à un éclairage thématique. Dans trois cas sur cinq, il ne sera pas étudié ! Ajoutons que cette période a disparu du nouveau programme de seconde.

A-t-on peur des grands personnages?

Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

Elevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume, Clovis est reconnu roi des Francs, à Tournai, en 481. Agé de 15 ans, il est alors maître de toute la Gaule. (Editions Hoebeke)

Clovis, Louis IX, François Ier, Louis XIII, Louis XIV, Napoléon Ier… La disparition ou l’amenuisement de ces souverains et de leur règne laisseraient-ils penser qu’ils n’ont plus de réalité historique? Leur importance n’est pourtant pas remise en cause par les historiens. Comment expliquer alors «l’optionnalisation» du premier Empire en quatrième et sa disparition en seconde? S’agirait-il de gommer un régime jugé trop autoritaire, trop militariste et trop expansionniste? De même, Clovis et Louis IX, dit Saint Louis, seraient-ils devenus trop politiquement «connotés» pour être cités dans les instructions officielles? La même question peut être posée concernant la relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième. Pourquoi faire disparaître ou réduire des règnes notamment caractérisés par le rayonnement de la France à l’étranger? Il est à craindre que la règle du «politiquement correct» ait été appliquée aux programmes, conception moralisatrice de l’enseignement qui tient de la manipulation de l’Histoire.

Faire étudier aux élèves Clovis, François Ier ou Napoléon Ier n’a pourtant rien de réactionnaire en soi. Il ne s’agit bien évidemment pas d’en revenir à une lecture hagiographique, providentielle, épique, patriotique ou dogmatique des «grands personnages», que des générations d’historiens ont bien heureusement remise en cause et déconstruite. Au contraire, il faut présenter aux élèves la complexité de ces hommes, inscrits dans leur époque, sans anachronisme, ni tabou, ni mythologie, et à la lumière des dernières recherches historiques. C’est justement l’étude de leur vie, de leurs actions, de leurs œuvres, de leurs façons de concevoir le monde qui les débarrassera des clichés, des stéréotypes et des images d’Epinal. L’Histoire est toujours la meilleure réponse au mythe. Ces personnages ont aussi une valeur pédagogique car ils permettent d’humaniser une Histoire souvent désincarnée, et sont susceptibles de susciter chez les enfants une véritable émotion, assez proche de celle ressentie lors d’un spectacle.

Ce ne sont pas seulement des personnages historiques, des périodes et des règnes majeurs qui sont écartés, réduits à la portion congrue ou devenus optionnels. Des textes fondateurs, des traités et des lois décisives sont tout simplement passés à la trappe: le serment de Strasbourg (842), l’un des plus anciens textes en langue romane, le lointain ancêtre du français; le partage de Verdun (843), qui dessine une nouvelle carte de l’Europe d’où sont issus les Etats européens; l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose l’usage du français dans l’administration à la place du latin, constituant ainsi une étape clé dans l’unification du royaume de France. La relégation du règne de Louis XIV en fin de programme de cinquième rend extrêmement difficile sinon impossible l’étude de la révocation de l’édit de Nantes (1685), qui marque l’interdiction du protestantisme en France et entraîne l’exil de plus de 250.000 protestants. L’histoire des arts n’est pas épargnée. Le précédent programme de quatrième prévoyait l’étude d’extraits du Bourgeois gentilhomme (1670), des Châtiments (1853) et des Misérables (1862), permettant d’inscrire Molière et Victor Hugo dans leur époque, de mesurer l’importance historique de leur œuvre et de faire prendre conscience aux élèves de leur génie littéraire. Or, les deux plus grands auteurs de la littérature française ont disparu des nouveaux programmes…

Le risque du «zapping» historique

Les instructions officielles imposent l’étude de plusieurs civilisations extra-européennes à certaines périodes: Au choix, «la Chine des Hans à son apogée», c’est-à-dire sous le règne de l’empereur Wu (140-87 avant J.-C.), ou «l’Inde classique aux IVe et Ve siècles», au sein de la partie «Regards sur des mondes lointains» représentant 10 % du temps consacré à l’Histoire de la classe de sixième  – Au choix, l’empire du Ghana (VIIIe-XIIe siècles), l’empire du Mali (XIIIe-XIVe siècles), l’empire Songhaï (XIIe-XVIe siècles) ou le Monomotapa (XVe-XVIe siècles), au sein de la partie «Regards sur l’Afrique» représentant 10 % du temps consacré à l’Histoire de la classe de cinquième. Cette partie comprend l’étude de la naissance et du développement des traites négrières (traites orientales et internes à l’Afrique noire).

La connaissance des histoires de la Chine, de l’Inde ou de l’Afrique est importante et passionnante, notamment à l’heure de la mondialisation. Cependant, force est de constater que, mathématiquement, ces nouvelles thématiques s’intègrent dans les programmes aux dépens de parties capitales de l’histoire de France ou de l’Europe. Il ne s’agit pas, bien sûr, d’établir une quelconque hiérarchie aberrante entre les civilisations: le règne de Louis XIV (1643-1715) n’est ni supérieur ni inférieur à celui de Kankou Moussa, roi du Mali de 1312 à 1332. Il faut tout simplement parvenir à un bon équilibre entre l’étude de l’histoire de France et celle des civilisations extra-européennes.

Le contraste est saisissant avec le nouveau programme de seconde qui est, quant à lui, marqué par un européocentrisme caricatural. Le monde n’y est en effet perçu qu’à l’aune de l’Europe: «Les Européens dans le peuplement de la Terre», «Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne»… L’ancienne partie consacrée à «La Méditerranée au XIIe siècle: carrefour de trois civilisations», qui permettait de mesurer les échanges, les contacts (pacifiques et conflictuels) et les influences entre l’Occident chrétien, l’Empire byzantin et le monde musulman a disparu, au profit d’une lecture strictement européenne du Moyen Age. Il aurait bien mieux valu prioriser en collège l’étude de l’histoire du bassin méditerranéen, de la France et de l’Europe pour approfondir au lycée l’étude des civilisations extra-européennes en leur consacrant une vraie place dans les programmes, bien loin du «zapping» proposé en cinquième.

La place des traites négrières dans les programmes de collège soulève un autre questionnement. Elles sont mentionnées cinq fois dans le seul encadré du programme consacré à la partie «Regards sur l’Afrique», avant de donner lieu à un thème du programme de quatrième, «Les traites négrières et l’esclavage», puis à une étude de l’abolition de l’esclavage en France en 1848 dans le thème 2. Il aurait probablement mieux valu resserrer l’étude des différentes traites négrières sans, bien entendu, dénaturer cette réalité historique fondamentale.

L’histoire de France facilite l’intégration

L’argument souvent utilisé selon lequel ces nouveaux programmes ont notamment été conçus pour épouser la diversité culturelle des élèves est contestable. Ce raisonnement risquerait d’aboutir à un éparpillement des thèmes et des champs d’étude, rendant encore plus difficile l’assimilation des connaissances. Pourquoi ne pas considérer que les élèves, quelle que soit leur origine, sont français et, à ce titre, ont droit à l’histoire de France la plus complète? Il serait ainsi particulièrement intéressant d’intégrer dans les programmes des séquences de cours sur l’histoire de l’immigration en France et en Europe, du Moyen Age à nos jours. Pourquoi ne pas proposer des dossiers consacrés à ces immigrés qui ont fait la France, qu’ils soient des anonymes ou des « grands personnages»? Selon une enquête de l’Ined (rapport «Trajectoires et origines», 2010), bien que de nationalité française, 37 % des jeunes d’origine étrangère ne se sentent pas français. Pour épouser la diversité culturelle des élèves, rien ne vaut l’histoire de France… Les parcours de Blaise Diagne, premier ressortissant d’Afrique noire à devenir ministre, ou de Romain Gary (Roman Kacew de son vrai nom) sont, à ce titre, exemplaires. «Je n’ai pas une goutte de sang français dans mes veines mais la France coule dans mes veines», aimait à rappeler ce dernier. En étudiant les Guyanais Félix Eboué et Gaston Monnerville, premier homme noir à devenir président du Sénat, on peut montrer toute l’importance de l’Outre-Mer dans l’histoire de France. La culture est la base de notre société et cette culture est notamment fondée sur la connaissance de l’histoire du pays où l’on vit, quelle que soit son origine géographique. Comme dit l’adage, on ne comprend que ce que l’on connaît. L’Histoire est une garantie d’intégration, car elle est un moyen d’accéder aux modes de compréhension de notre société.

Rétrograde, la chronologie ?

La disparition de dates et de périodes capitales de l’histoire de France ainsi que le système des options aboutissent à une Histoire à trous, lacunaire, atomisée, qui rend beaucoup plus difficile l’assimilation par les élèves de la chronologie, cette juste représentation de la profondeur historique. Le nouveau programme de première est à ce titre édifiant. Il repose sur un système de modules non pas chronologiques mais thématiques, qui peuvent être disposés dans n’importe quel ordre: «La guerre au XXe siècle»; «Le siècle des totalitarismes»; «Les Français et la République»… Avec ce système, il devient beaucoup plus difficile d’expliquer le rôle déterminant de la Première Guerre mondiale dans la genèse des totalitarismes, ou même le rôle du totalitarisme nazi dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. La chronologie serait-elle devenue démodée? Un comble, car l’Histoire est comme une langue dont la chronologie est la grammaire. Sans elle, notre connaissance du passé est vouée à l’anachronisme, cette incapacité d’inscrire un événement ou un personnage dans son contexte. Sans elle, nous sommes voués à l’amnésie…»

Marion Sigaut analyse deux versions d’un manuel d’histoire

Marion Sigaut analyse deux versions d’un manuel d’histoire

Décadence de l’éducation – Marion Sigaut – 2013


education-aeDénoncer et lutter

Des citoyens s’organisent pour lutter contre l’effondrement de l’éducation

Farida Belghoul, professeure de l’éducation nationale traquée, a organisé en 2014 les Journées de retrait de l’Ecole (« JRE »), action très suivie par les familles en France, préoccupées par la généralisation de l’instigation de la théorie du genre à l’école, au sein d’une société où l’hyper-sexualisation galopante effraie de plus en plus les citoyens de tous horizons confondus.

Depuis fin 2014, les JRE se sont constitué en Ministère de l’Instruction, une organisation dissidente qui entend remettre les méthodes traditionnelles d’enseignement à l’enfance, qui ont fait leurs preuves, au gout du jour. Est alors née la FAPEC, la Fédération Autonome des Parents Engagés et Courageux :

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Farida Belghoul lance le Ministère de l’instruction publique

Farida Belghoul lance le ministère de l’instruction publique afin de pallier les carences de l’enseignement de l’éducation nationale.

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Farida Belghoul et le Père Horovitz sur MetaTV

Le père Horovitz déclare notamment que la méthode d’enseignement actuelle est scandaleuse, et fabrique des crétins; lui enseigne hors du cadre républicain, ses élèves ont un bien meilleur niveau. (Vidéo en 4 parties)

belgoul-horovitz-metatv

L’abbé Olivier Horovitz (Journal TVL du 30/10/2014)

Voir aussi :

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2 réflexions sur “[Actu] Nouveaux programmes d’Histoire : l’effacement de la France

  1. Marion Sigaut : La décadence sur l’état de l’école / 30 Novembre 2013

    « Marion Sigaut revient sur le suicide d’une jeune fille de 13 ans suite à des harcèlements et dresse un tableau de l’état de l’école. »

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