Les Dessous de la guerre en Libye

LIBYEKadhafi est mort pour avoir voulu s’émanciper du cartel bancaire international. Les coupables, en première ligne, sont BHL, Sarkozy & Rothschild.

  • MEDIA-MENSONGE: « Kadhafi veut faire couler des rivières de sang en faisant massacrer les populations de Benghazi. Il faut intervenir militairement pour le stopper. Obama et Sarkozy lancent guerre en violant la résolution 1973 de l’Onu« .
  • VÉRITABLE OBJECTIFFaire main base sur le pétrole libyen – Mettre fin au Premier satellite Africain RASCOM 1 – Faire main basse sur les devises et réserves libyennes – Arrêter le fond Monétaire Africain, Banque Centrale Africaine, Banque Africaine des Investissements – Créer une base militaire d´Africom en Libye – s´emparer des compagnie pétrolières libyennes – Tuer Mohammar Kadhafi.
  • CONSÉQUENCES: près de 50 000 libyens tués par l´Otan.
    (source: Guerres et média-mensonges depuis 1960)

« La vérité sur Kadhafi a fait le tour du monde »

Courte vidéo synthétique qui expose l’état des lieux ;
Des longs témoignages complets suivent plus bas


La réalité crue et écœurante de l’assassinat de Kadhafi
et la réalité de la vie libyenne avant l’agression de l’OTAN

Selon David Pugliese, journaliste à Ottawa Citizen, qui a obtenu des documents des services de renseignements canadiens, ces derniers savaient que l’intervention de l’Otan en Libye en mars 2011 aiderait les islamistes théocratiques militants alliés à al-Qaida et que cela engendrerait un chaos à long terme dans le pays. [Lire « L’Otan savait que son intervention en Libye engendrerait le chaos et profiterait à al-Qaida« ]


Le tragique et honorable héritage

de Muammar Gaddhafi

Alors qu’il est question d’un retour de Saïf al-Islam Gaddhafi dans la vie politique et économique de la Libye, voici les faits historiques auxquels il va devoir faire face…

Tripoli avant la guerre

Tripoli avant la guerre

Muammar Gaddhafi n’a pas fait la Révolution du 1er Septembre 1969 tout seul. Ils étaient douze amis, pour la plupart issus de milieux pauvres, plus une centaine de civils et de militaires. Cette Révolution a été appelée “La Révolution blanche” parce qu’elle avait eu lieu sans effusion de sang (ce qui est rare dans l’histoire du monde). Contrairement à ce qui a été maintes fois dit… c’est le peuple libyen qui, au début des années 80, a accordé à Muammar Gaddhafi le titre de Guide révolutionnaire.

En 2011, c’est bien cette Révolution, qui s’était poursuivie avec le passage de relais de la RAL (République Arabe Libyenne) à la JALPS (Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste) ou État des masses, que les chefs d’États français (Nicolas Sarkozy), britannique (David Cameron), états-unien (Barack Obama) ont voulu détruire. Cette Révolution, malgré un long embargo de 1992 à 2003, avait conduit le peuple libyen à faire de la Libye, en décembre 2010, le pays le moins endetté de la planète. (La grande bourgeoisie occidentale, elle, n’a d’autre compétence que celle de mener les États à la faillite et de plonger les populations dans la misère ou dans les guerres…)

En 2011, c’est aussi, à travers cette Révolution qui trouvait progressivement des prolongements dans la création des États-Unis d’Afrique, la réelle indépendance et un véritable développement du continent africain qui étaient visé(e) par ces trois chefs d’États français, britannique, états-unien.

Syrte détruite

Syrte détruite

Durant ces sept mois de guerre, de mars à octobre 2011, il y a eu la chasse aux révolutionnaires et à leurs proches qu’il était question de détruire jusqu’au dernier… Khoueldi El Hamidi était visé dans l’attaque – de nuit, par les forces de l’Otan commandées par le lieutenant-général Charles Bouchard – de la villa familiale où de nombreuses personnes étaient restées pour dormir après une fête d’anniversaire de l’un de ses petits-enfants : le révolutionnaire est sorti indemne de ces bombardements ; son fils, Khaled, qui était allé voir deux amis en ville, était témoin, à son retour à Sorman, de la dernière explosion qui achevait de détruire la maison, et découvrait que son épouse enceinte et ses enfants, ainsi que toutes les autres personnes, parentes ou amies de la famille, avaient perdu la vie. Abou Bakr Younis Jaber a été assassiné en même temps que Muammar Gaddhafi et le fils de celui-ci, Moatassem Billah.

Durant ces sept mois, les journalistes mainstream ont découvert qu’il y avait des Libyens noirs… Cela n’a pas empêché certain(e)s d’entre eux-elles de clamer que Muammar Gaddhafi était raciste ! Or, Abou Bakr Younis Jaber était un Libyen noir, et Muammar Gaddhafi et ses compagnons, au moment de faire la révolution afin de renverser la monarchie fantoche du roi Idriss 1er, ne s’étaient pas posé la question de savoir s’ils acceptaient ou pas les Noirs dans leur groupe. Les assassinats   de Muammar   Gaddhafi   et   d’Abou Bakr Younis   Jaber ont   été commandités : ce sont des crimes politiques, doublés de crimes crapuleux, triplés, pour Abou Bakr Younis Jaber, d’un crime raciste.

Aux manifestations des Libyens et des Libyennes, partout en Libye, contre la guerre, les groupes parlementaires français – sans distinction de droite ni de gauche – ont répondu, le 12 juillet 2011, en votant, comme un seul homme ou presque (excepté le parti communiste, mais de justesse…), la prolongation de trois mois des bombardements de l’OTAN sur le peuple libyen… (Une mention spéciale est à apporter aux écologistes qui ne sont jamais gênés par la pollution atmosphérique, environnementale, générée par les bombes dont ils savent que certaines sont munies d’ogives comportant de l’uranium appauvri.) Trois mois qui ont fait toujours plus de mort(e)s, toujours plus de blessé(e)s, toujours plus de destructions… Trois mois, le temps qu’il fallait aux trois chefs d’États occidentaux pour trouver Muammar Gaddhafi et le faire assassiner.

Le Conseil des Tribus de Libye, qui représentait 2.200 tribus, s’était réuni plusieurs fois sous les bombardements et avait fait des déclarations contre cette guerre, notamment le 3 juin 2011 : de même que l’UA (Union Africaine), il a été complètement ignoré par les trois chefs de guerre qui devraient répondre de leurs décisions et de leurs actes devant la CPI (Cour Pénale Internationale) si celle-ci ne se faisait pas une spécialité de ne juger que les chefs des pays de l’ex-Yougoslavie (Slobodan Milosevic), des pays arabes (Saddam Hussein) et des pays africains (Laurent Gbagbo, etc.).

Après la déstabilisation de la Tunisie (janvier 2011) et de l’Égypte (février 2011), les chefs d’États impérialistes-colonialistes avaient attaqué dans le même moment, en mars, la Libye et la Syrie. Il s’agissait d’empêcher la Tunisie et l’Égypte de porter secours à leur pays voisin, la Libye, et de mettre aussi la Syrie à feu et à sang. D’ailleurs, ces chefs d’États, qui voulaient faire condamner Muammar Gaddhafi par la CPI, réclament aujourd’hui la traduction devant la CPI de Bachar El Assad pour crimes contre l’humanité. Mais quel tribunal jugera des crimes – bien réels ceux-ci – des chefs d’États occidentaux qui massacrent les populations civiles sous leurs bombes ?

Enfin, il y a des personnes en France qui sont opposées à ces guerres à répétition : Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine, etc. Si la liberté d’expression existait, des ambassadeurs de France en Libye, qui avaient vécu dans le pays au contact de la famille Gaddhafi mais aussi de la population elle-même, auraient pu, en temps voulu – c’est-à-dire avant la guerre contre la Libye – apporter un éclairage sur ce qu’était le régime libyen : or, Christian Graeff, par exemple, n’a dû de pouvoir s’exprimer, au soir du 20 octobre 2011, sur France culture, en 4 minutes et 8 secondes (et encore, il faudrait enlever la présentation de l’entretien et les questions de l’intervieweuse…), qu’à la mort, le matin même, de Muammar Gaddhafi, de son fils, et d’Abou Bakr Younis Jaber…

Françoise Petitdemange

Cliquer pour voir (+3h)

Excellente émission de MetaTV avec un témoignage précis de première main

Franck Pucciarelli – La véritable histoire de la Libye

Franck Pucciarelli est membre du comité révolutionnaire international, organisation créée par Mouamar Khadafi le guide suprême de la révolution libyenne. Il revient sur l’action du dirigeant contesté en Occident qui aboutira à une guerre qui comptabilisera près de 200.000 morts et plus de 4 millions de réfugiés qui n’ont toujours aucun statut. Présent lors de ces événements le témoignage de Franck est exceptionnel.

 


Témoignage d’une journaliste sur place :


Les vraies raisons de l’assassinat du guide libyen Kadhafi


Michel Colon sur la guerre de Libye

(Émission « Ce Soir Ou Jamais »)

APOCALYPSE FRANCE :
Qui sont ces terroristes que la France a soutenus ?

TopDoc (Apocalypse France) sort une nouvelle vidéo, où l’on apprend comment en Libye les États occidentaux – en particulier les États-Unis et la France – ont participé à l’expansion du fondamentalisme islamiste. On y découvre le rôle central joué par la NED, une organisation trouble financée par le gouvernement américain. Durant la guerre en Libye, la NED finançait trois organisations administrées par des individus recherchés par Interpol et connus pour leurs liens avec le terrorisme islamique. Au cœur de ce documentaire : le témoignage exclusif du n°2 libyen, Abdallah Al-Senoussi !

Ginette Skandrani
La véritable histoire de Khadafi et de la révolution verte

Ginette Skrandani est une militante activiste depuis de nombreuses années ayant participé à la création du parti « Les verts » dont elle a été exclus suite à ses positions sur le conflit en Palestine. Elle nous évoque ses voyages en Libye et ses rencontres avec le colonel Khadafi dont elle nous dépeint un portrait très différent de celui que les médias occidentaux n’ont cessé de marteler. L’occasion de découvrir la Libye sous un autre angle.

metatv-libte-kadhafi

L’avenir que Kadhafi avait prédit

Mars 2015 par Ahmad Barqawi (source : info-palestine.net/spip.php?article15261)

La Libye, ISIS et le luxe sans prix de la sagesse rétrospective

 Les bombardements

Les bombardements « libérateurs de l’OTAN sur la Libye ont fait au moins 30 000 morts (estimation basse) et fait basculer ce pays dans un chaos complet où des « seigneurs de la guerre » font la loi

« Qui êtes-vous ? » a demandé un jour, vers la fin de son règne, feu Mouammar Kadhafi dans un discours célèbre où il remettait en cause (à juste titre) la légitimité de ceux qui, à l’époque, cherchaient à renverser son gouvernement, en les qualifiant d’extrémistes, d’agents étrangers, de rats et de toxicomanes.

On s’est moqué de lui, on l’a caricaturé, ridiculisé et diabolisé ; une ignoble vidéo parodique tournant en dérision le leader libyen s’est propagée sur les réseaux sociaux ; l’auteur de la vidéo, un Israélien, trouvait sans doute le mot libyen d’arabe courant « Zenga » (qui signifie une ruelle) si drôle qu’il l’a extrait de l’un des discours de Kadhafi, l’a mis en boucle sur un air de hip-hop et voilà* … il a fait un hit qui a été diffusé largement (et honteusement) avec un zèle « révolutionnaire » dans le monde arabe. Nous l’avons partagée, nous avons ri, il est mort.

Mais c’est nous qui faisons maintenant les frais de cette plaisanterie sanglante ; Kadhafi savait de quoi il parlait. Dès le début, il a accusé les soi-disant rebelles libyens d’être sous l’influence de l’idéologie d’Al-Qaïda et de Ben Laden ; personne ne l’a cru, évidemment, même pas un tout petit peu. Et pourquoi aurions-nous dû le croire ? Après tout, n’était-il pas un vil dictateur obsédé par le sexe et déterminé à massacrer la moitié de la population libyenne tout en soumettant l’autre moitié à des viols collectifs à l’aide de ses mercenaires subsahariens shootés au Viagra ?

Au moins c’est ce que le cancer visuel qu’est la chaîne Al Jazeera nous serinait, tout comme sa collègue saoudienne, encore plus haineuse si possible, d’Al-Arabiya dans leur couverture d’une rare malhonnêteté de la brutale conquête de la Libye par l’OTAN.

C’est vrai que Kadhafi s’habillait bizarrement ; pourquoi ferait-on faire confiance à un despote excentrique, fantasque, vêtu de bouts d’étoffe bigarrées, lorsqu’on a avec soi des sionistes bien propres sur eux comme Bernard Henry Levy, John McCain et Hillary Clinton qui sourient en faisant le signe de la victoire sur les photos, pourquoi vraiment ?

Kadhafi les appelait des drogués, des fondamentalistes islamiques ; nous, nous les appelons ISIS … on ne trouve plus cela aussi drôle aujourd’hui, hein ? Et ISIS est ce qui nous pendait au nez depuis le début ; le lynchage « révolutionnaire » et la sodomisation de Mouammar Kadhafi aux cris frénétiques de « Allahu Akbar », salués par beaucoup, à l’époque, comme une sorte de triomphe perverti du bien incarné par la volonté populaire (lire : loi de la populace parrainée par l’OTAN) sur le mal incarné par la dictature (lire : État souverain), n’étaient rien d’autre que les premiers signes de ce qui attendaient le pays et la région ; à savoir, le lynchage de masse de populations entières en Libye, Syrie et Irak et l’éclatement d’états arabes clés en mini-états ennemis.

La vidéo horrible de l’assassinat du colonel Kadhafi qui surpasse les vidéos d’ISIS en termes de brutalité désaxée et de grossièreté sanglante, n’a pas soulevé la moindre critique à l’époque, bien au contraire ; tout le monde semblait parfaitement satisfait que le « tyran » libyen ait connu une fin aussi grotesque … Sauf que ce n’était que le début d’un nouveau règne de terreur sans précédent que nous devons aux mercenaires de l’OTAN et aux rebelles islamiques soutenus par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

La prolifération rapide de groupes terroristes à la gâchette facile et de factions djihadistes arrosés de pétrodollars en Libye n’a pas été due à une sorte d’échec des services secrets des gouvernements occidentaux ni à la simple conséquence du vide de pouvoir laissé par le meurtre de Kadhafi ; non, c’était un calcul politique délibéré, une stratégie volontairement mise en œuvre par l’OTAN et ses alliés dans le Golfe réunis sous le sinistre sobriquet des « Amis de la Libye » (Coalition Internationale contre ISIS) pour faire de ce pays d’Afrique du nord le plus grand et du plus incontrôlable dépotoir d’armes, de militants d’Al-Qaïda et du commerce illégal d’hydrocarbures du monde.

On peut donc dire, sans risquer de se tromper, que la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a permis à l’OTAN de bombarder la Libye jusqu’à la réduire en miettes, a finalement porté ses fruits … Et c’est un fruit complètement pourri, dont, en quelque sorte, le dernier assassinat horrible de 21 pêcheurs et travailleurs égyptiens par la branche libyenne de l’État Islamique est la pièce à conviction n° 1, sans parler bien sûr, de la myriade de meurtres quotidiens, des bombardements et de mini-guerres civiles qui sont maintenant le lot quotidien de l’ensemble du pays depuis que l’Occident a fomenté son coup d’État contre le gouvernement de Kadhafi.

La « Libye » est devenue aujourd’hui synonyme d’anarchie et de mort. En la libérant, l’OTAN lui a fait l’inestimable cadeau d’un long avenir d’instabilité et de chaos.

Otan-sani

Dans une interview avec les médias occidentaux de désinformation collective que sont la BBC, ABC et le Sunday Times, en février 2011, feu Mouammar Kadhafi a dit à ses arrogants interviewers ; « Avez-vous vu les agents d’Al-Qaïda ? Avez-vous entendu toutes ces émissions djihadistes ? C’est Al-Qaïda qui contrôle les villes de Al Baida et de Derna, des anciens détenus de Guantanamo et des extrémistes lâchés par l’Amérique pour terroriser le peuple libyen … « . Derna est maintenant le principal bastion d’ISIS en Libye.

Par une étrange coïncidence (ou une sorte d’ironie cosmique), la date à laquelle ISIS a choisi de diffuser sa vidéo de la décapitation des captifs égyptiens, déclarant ainsi officiellement sa présence dans le pays déchiré par la guerre avec trois champs de pétrole sous son contrôle, a marqué (de manière tout à fait appropriée) le 4e anniversaire du commencement de la soi-disant révolution libyenne le 15 février 2011 ; aucun « hommage » n’aurait mieux convenu à la commémoration de la débâcle causée par le changement de régime opéré par l’Occident en Libye.

Mais bien avant qu’ISIS ne fasse le buzz, tout de suite après la chute de l’ancien régime, la nature atroce de la Libye « révolutionnaire » s’est révélée dans toute son effroyable splendeur, quand les soi-disant rebelles ont commis, avec une perfection qui donne la chair de poule, tous les crimes dont Kadhafi avait faussement été accusé : massacres, bombardements aveugles de zones résidentielles, voitures piégées, arrestations massives, torture, vol du pétrole et des ressources nationales … toute la panoplie.

En 2013, deux militantes britanniques pro-palestiniennes, en chemin vers la bande de Gaza avec un convoi d’aide humanitaire, ont fait l’expérience personnelle des fruits pourris du chapitre libyen du soi-disant printemps arabe, quand elles ont été enlevées par une bande de révolutionnaires libyens-devenus-seigneurs-de-guerre dans la ville de Benghazi et violées devant leur père.

Les partisans des interventions humanitaires doivent se donner des claques dans le dos de satisfaction maintenant que la Libye a achevé sa métamorphose démocratique d’un pays qui avait plus haut niveau de vie d’Afrique sous le régime de Kadhafi, au modèle typique d’état failli : une zone sans foi ni loi de fanatisme religieux, d’affrontements sanglants et de marché de gros de têtes coupées.

En fait la Libye est devenue si « démocratique » qu’elle dispose maintenant de deux parlements et de deux gouvernements (en guerre), chacun avec sa propre armée (de criminels) et soutenus par l’argent et les caches d’armes de puissances étrangères concurrentes, sans parler de la myriade de mouvements et de milices sécessionnistes auxquels le coup illégal contre Kadhafi a donné naissance dans tout le pays tandis que la gratuité des soins de santé, de l’éducation et de l’électricité, que les Libyens tenaient pour acquise sous le régime de Kadhafi, n’est plus maintenant qu’une relique du passé.

Voilà l’opération « Odyssey Dawn »** qu’on avait promise aux Libyens ; une version aseptisée de l’Irak sans l’indignation publique, soigneusement reconditionnée en « responsabilité de protéger » et livrée au moyen de campagnes de bombardements aériens grâce auxquelles le très zélé Club des Co-conspirateurs du Golfe (CCG) de l’Occident conduits uniquement par leur mesquines vendettas personnelles contre Kadhafi, a pu tester l’efficacité meurtrière des avions de guerre rouillés made in USA et de ceux de l’OTAN, sur le peuple de Tripoli et de Syrte.

C’est ce que Kadhafi avait prédit dès le début et plus encore ; l’euphorie éphémère des révolutions tunisienne et égyptienne était tout simplement trop puissante et trop exaltante pour que nous nous embarrassions à lire les lettres en petits caractères ; était-ce un complot, ou un véritable esprit révolutionnaire qui avait mal tourné ?

Ça n’a plus d’importance, maintenant qu’ISIS est devenu le véritable legs de la place Tahrir ; « Ils tourneront la Libye en un autre Afghanistan, une autre Somalie, un autre Irak … vos femmes ne seront pas autorisées à sortir, ils vont transformer la Libye en un émirat islamique et l’Amérique bombardera le pays sous prétexte de lutter contre le terrorisme », avait dit le dirigeant libyen assassiné à la fin d’un discours télévisé le 22 février 2011, et on n’a jamais entendu paroles plus prophétiques.

Le prototype libyen de la « guerre propre » américaine s’est avéré être un tel succès qu’on l’a reproduit avec la plus totale inconscience en Syrie ; Les escadrons de la mort « Blackwater » de Paul Bremer du temps passé, qui répandaient la terreur partout en Irak, sont de retour … avec une touche islamique : barbus, vêtus de noir, couverts d’explosifs de la tête aux pieds, circulant dans des convois de Toyota Land Cruiser et l’idée fixe d’établir un califat islamique sans frontières et en constante expansion (qui se garde bizarrement de déranger le régime sioniste dans son occupation de la Palestine).

Chaque jour, le monde arabe découvre au réveil une nouvelle atrocité enregistrée sur vidéo ; un festival de scènes sanglantes et terrifiantes offert par ISIS (ou IS ou ISIL), et d’innombrables autres « youtube », avec par exemple les crimes encore plus odieux que nous offrent les Etats-Unis avec leur guerre unilatérale de drones exterminateurs ; toute la région tangue au rythme des décapitations à la machette et des incinérations par les missiles Hellfire.

La mort est partout, elle tombe du ciel … et monte du sol ; la guerre contre le terrorisme dresse sa tête hideuse une fois de plus ; pour faire rentrer dans le rang les méchants terroristes que l’Occident lui-même a financés et commandités au nom de la démocratie pour déstabiliser des régimes « peu recommandables » ; un implacable rituel cyclique*** qui commence par la responsabilité de protéger et se termine par la guerre contre le terrorisme, avec des milliers de vies innocentes, généralement qualifiées de dommages collatéraux, écrasées dans le processus.

C’est exactement ce que Kadhafi avait prévu ; une Libye engloutie dans le chaos total, la guerre civile et les diktats occidentaux ; un terrain fertile pour le fondamentalisme djihadiste et les extrémistes … dommage que, au lieu d’écouter ses mises en garde, nous ayons préféré nous payer sa tête au son d’une parodie israélienne.

Notes :

  • * En français dans le texte
  • ** L’opération Odyssey Dawn est la contribution américaine à l’intervention militaire de 2011 en Libye.
  • *** Groundhog Day. Le jour de la marmotte est un événement célébré en Amérique du Nord le jour de la Chandeleur, soit le 2 février. Selon la tradition, ce jour-là, on doit observer l’entrée du terrier d’une marmotte. Si elle émerge et ne voit pas son ombre parce que le temps est nuageux, l’hiver finira bientôt. Par contre, si elle voit son ombre parce que le temps est lumineux et clair, elle sera effrayée et se réfugiera de nouveau dans son trou, et l’hiver continuera pendant six semaines supplémentaires (Wikipedia).
    Cela signifie aussi une situation où les événements se répètent ou semblent se répéter indéfiniment.

* Ahmad Barqawi est chroniqueur indépendant et écrivain.


Le Livre Vert de Mouammar El-Kadhaf

libye-guide-vert-kadhafiLe Livre Vert est un livre publié pour la première fois en 1975, dans lequel le colonel Mouammar Kadhafi, « Guide de la Révolution libyenne », détaille sa vision de la démocratie et de la politique. Il est divisé en trois parties respectivement parues en 1975, 1977 et 1979. Mouammar Kadhafi y expose les fondements de sa pensée politique et de sa conception du socialisme. La doctrine kadhafiste exposée dans cet ouvrage, appelée par son auteur la troisième théorie universelle, devient l’idéologie officielle du régime de la Jamahiriya arabe libyenne. Le titre de l’ouvrage fait référence au Petit Livre rouge du président Mao. La mention de la couleur verte n’est pas dénuée de portée symbolique : le vert est perçu comme la couleur de l’islam, et Mouammar Kadhafi entendait faire de son livre le remplaçant de la sunna comme fondement du droit en Libye. (source)

livre-vert-kadhafi-kontre-kulture


Et aussi, ça & là :

La Libye continue de souffrir de cette magnifique « démocrassie » humanistement imposée par les fossoyeurs BHL et SARKOZY, traitres et meurtriers à conduire en taule

ACTUALITÉ #LIBYE

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21 réflexions sur “Les Dessous de la guerre en Libye

  1. Ajout de « Ginette Skandrani – La véritable histoire de Khadafi et de la révolution verte »

    « Ginette Skrandani est une militante activiste depuis de nombreuses années ayant participé à la création du parti « Les verts » dont elle a été exclus suite à ses positions sur le conflit en Palestine. Elle nous évoque ses voyages en Libye et ses rencontres avec le colonel Khadafi dont elle nous dépeint un portrait très différent de celui que les médias occidentaux n’ont cessé de marteler. L’occasion de découvrir la Libye sous un autre angle. »

  2. Avril 2015 : Libye : Bernard-Henri Lévy ment

    (leparisien) « Le philosophe Bernard-Henri Lévy avait fortement incité en mars 2011 Nicolas Sarkozy à intervenir en Libye. Il répond aux attaques dont est l’objet l’ex-président après le drame des migrants.

    Alors que la Libye implose sous les yeux impuissants de la communauté internationale, la gauche ne rate pas une occasion de réclamer des comptes à Nicolas Sarkozy.

    C’est alors qu’il était à l’Élysée que la guerre contre Kadhafi avait été déclenchée, en mars 2011. Poussé par le philosophe Bernard-Henri Lévy, Sarkozy avait lancé, après l’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, des avions de chasse français contre les chars libyens en route vers Benghazi, fief de la contestation.

    Quatre ans après, la Libye est en plein chaos. Les milices armées se battent entre elles pour le contrôle du pouvoir, le sud du pays est devenu un sanctuaire terroriste, les jihadistes de Daech se sont implantés dans la région de Derna. Quant au trafic des migrants vers l’Europe, il n’a jamais été aussi soutenu.

    Face à ce terrible bilan, Bernard-Henri Lévy n’éprouve « aucun » regret et s’en explique, défendant le choix de Sarkozy et demandant « de la patience ».

    Quatre ans après la chute de Kadhafi, la Libye sombre dans le chaos. Vous qui aviez conseillé Nicolas Sarkozy à l’époque, éprouvez-vous des regrets  ?

    Bernard-Henri Lévy : Aucun. Car Kadhafi c’était déjà le chaos, déjà l’absence d’Etat. Et c’était en plus une dictature féroce. Après, c’est vrai qu’on ne construit pas une démocratie en un jour. Il faut du temps. De la patience. Cela suppose du sang, des larmes, souvent des retours en arrière. Et la Libye en est, certes, encore à ce stade. Mais regardez la France. Il y a fallu vingt-cinq ans pour conclure 1789. Presque un siècle pour arriver à la République. Alors, j’aurais aimé, bien sûr, que les choses aillent plus vite. Mais qu’un pays délivré de décennies de tyrannie en passe par cette période de troubles et de tumulte était sans doute, hélas, inévitable.

    La gauche reproche à l’ancien président de ne pas avoir assuré le « service après-vente » à Tripoli. A-t-elle tort  ?

    Là aussi, les choses doivent être nuancées. C’est vrai qu’il y a eu défaillance, qu’on a eu tort de croire que l’affaire était réglée sous prétexte que le dictateur était défait. On a là une nouvelle illustration de ce « messianisme démocratique » qui est l’une des illusions les plus nocives de la modernité et qui consiste à croire que la démocratie tombe du ciel, comme ça, du jour au lendemain, par une espèce de providence. Mais à qui la faute  ? Il ne vous a pas échappé que « l’ancien président » a perdu les élections en France juste après avoir gagné la guerre en Libye. Donc ce « service après-vente » c’est à lui, mais aussi à la gauche, qu’il incombait et qu’il incombe toujours… »

  3. Les dessous du témoignage historique du n°2 libyen contre Sarkozy

    « En août 2011, alors que Tripoli est attaqué par les rebelles, le jeune journaliste indépendant Julien Teil se trouve au coeur des opérations, pris en tenaille dans l’hôtel Rixos. Le n°2 du régime libyen, Abdallah Senoussi, s’y rend pour y donner un témoignage unique en son genre sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Julien Teil filme… Les médias français n’ont pas, jusqu’à présent, exploité ces images. Julien Teil explique les dessous de cet épisode historique, qui donne raison à Dieudonné, le premier à avoir évoqué en public le financement occulte de la campagne de Sarkozy. Cet entretien est accordé à l’Agence Info Libre dont le succès est grandissant… Leur chaîne est passée ce mois-ci devant l’AFP et BFM TV en terme de vues ! »

  4. Anéantissement ciblé de la Libye : un témoignage

    Le 20 octobre 2015 cela a fait 4 ans que l’ancien chef d’état Mouammar Kadhafi est mort. A la suite des bombardements de l’OTAN, Kadhafi a été brutalement assassiné par des rebelles. La vidéo de son arrestation montre que Kadhafi a été maltraité et blessé avant sa mort. Le procureur général de la cour de justice internationale de la Haye estime que la mort de Kadhafi pourrait être un crime de guerre. Les investigations ont pourtant été empêchées par le nouveau gouvernement.

  5. Bonjour,
    Ici, je porte des éclaircissements sur ce que vous avez conté sur le bombardement du domaine et nom pas d’une simple demeure’ des khouildi Al Hamedi. J’ai remarqué » d’emblée que vous êtes partie et non pas neutre comme vous avez essayé de paraître dans votre écrit.
    Ma fille Feue Aicha est parmi les personnes assassinées par M. Sarkozy avec la main de l’OTAN donc la triste vérité détournée par vous est comme, suit :

    1- Ce bombardement était le lundi 20 juin 2011 vers 03 heures du matin ;

    2- Feue ma fille Aicha, employée comme baby sitter, était retenue contre son gré et de force sans cela elle aurait due fuir le pays en guerre.

    3- Khaled Al Hamedi n’était pas loin. Il était caché ans un autre endroit avec son père le général Khouildi.
    J’espère que vous rectifierez ces renseignements et de noter que je suis à sa recherche afin de le faire paraître en justice.

    Écrit par : Chlih | samedi, 29 novembre 2015

      • Bonjour et merci du feedback et l’intérêt.
        Je ne suis pas sorti du thème : Je porte des éclaircissements sur des crimes contre l’humanité perpétrés par des personnes du régime Kadhafi qui vivent maintenant la ‘doce vitae’ comme des monarchies avec des fonds sans fond (comme a dit un reporter juriste italien) volés du peuple libyen. Le dame citée leur jette des fleurs dans des forums bouclés et fermés pour les commentaires, elle a même un site dédié à ces criminels.
        La rage est dans mon coeir car ma fille fut retenue de force jusqu’à son assassinat..
        Encore merci pour la réponse.
        Voici le lien de ma pétition si le cœur dit NON à l’impunité des cires contre l’Humanité >>> voilà ici

        Cordialement

      • Il n’y a pas de description, sur la page de votre pétition.. De plus, vous écrivez « la CPI de La Gaye » là où il faut lire « La Haye »… Excusez-moi mais ça n’incite pas à participer…

        Néanmoins, et même si je ne comprends pas tout, merci d’avoir persévéré dans vos explications

    • Merci pour La Haye.. Pour mon message, j’incite à lutter contre l’impunité aux crimes contre l’Humanité.. Concernant la pétition il fallait cliquer sur texte de la pétition au lien de rester sur description.
      Encore merci

      • Celui qui a écrit ou a dit ce qui suit ne sait pas ou ne dit pas la vérité : C’est de la désinformation caractérisée. Mon premier poste répond à ces mensonge.
        Voici le texte à corriger à partir de mon premier poste :
        […]Durant ces sept mois de guerre, de mars à octobre 2011, il y a eu la chasse aux révolutionnaires et à leurs proches qu’il était question de détruire jusqu’au dernier… Khoueldi El Hamidi était visé dans l’attaque – de nuit, par les forces de l’Otan commandées par le lieutenant-général Charles Bouchard – de la villa familiale où de nombreuses personnes étaient restées pour dormir après une fête d’anniversaire de l’un de ses petits-enfants : le révolutionnaire est sorti indemne de ces bombardements ; son fils, Khaled, qui était allé voir deux amis en ville, était témoin, à son retour à Sorman, de la dernière explosion qui achevait de détruire la maison, et découvrait que son épouse enceinte et ses enfants, ainsi que toutes les autres personnes, parentes ou amies de la famille, avaient perdu la vie.
        […]
        J’ai déjà intenté des procès contre eux dans deux juridictions.

      • Oui bien sûr : 1- Il y a un dossier et des preuves à mes deux requête, 2- Il ya les 2 notes rouge interpole, 3- Il y a des plaintes déposées par des libyens, ..etc

  6. Libye : témoignages de réfugiés

    « Ils sont plus de 900 000 à ce jour à avoir fui les combats et les bombardements en Lybie.

    Plus que toutes les analyses et les indignations, c’est le témoignage de ces gens, pas dupes de ce qui se passent, mais impuissants devant les décisions prisent à Paris ou à Washingtown.

    Ecoutez l’un deux de ces anonymes sur la vidéo ci-dessous, voici le texte de son témoignage :

    « Je suis là bas (en Libye) ça fait 8 ans et quelques. c’était calme, tranquille, sans problèmes y’avait pas de soucis.

    C’est l’Europe, c’est l’OTAN, c’est l’Europe qui est venue nous foutre la merde, c’est tout !

    On était sans soucis hein ! Moi je n’ai jamais eu de problèmes, je travaillais et j’étais tranquille. Moi et ma famille, une femme avec deux enfants. Ca se passait très bien, à merveille …

    Ils ne font que bombarder, de gauche à droite, n’importe où. C’est ça qui nous fait peur et puis c’est tout. C’est du n’importe quoi ! Ha oui bien sûr il y a des civils qui ont été tués là …

    Qu’on soit un peu sérieux quand même. Ils nous interdisent d’aller en Europe. Nous nous ne sommes pas allés en Europe, on est en Afrique ici. Donc qu’ils nous foutent la paix, c’est tout ce qu’on leur demande.

    Que ce soit Sarkozy ou Barack Obama ou Cameron, on s’en fiche d’eux, qu’ils nous laissent tranquilles !

    Moi je n’ai jamais cherché à aller en Europe ou en Amérique. Yout ce que je veux c’est la tranquillité. Ma dignité, mon honneur, ma fierté c’est de travailler et d’avoir mon gain à la sueur de mon front, un point un trait, je ne demande pas plus.

    Et c’est maintenant que eux ils sont venus me mettre le tout à zéro, ils ont mis le pays à genoux. Que ce soit clair, ils ont mis le pays à genoux.

    La population comment ils peuvent faire ? Ils sont dans l’impatience et dans la crainte, ils ont tout le temps peur. Ils trouvent même pas savoir ce qu’ils doivent tout le temps faire.

    Très sèrieusement, soyons sérieux, ces gens ils nous ont foutus dans la merde, c’est tout. je vous le jure. » »

  7. Pingback: Général Wesley Clark: Le plan US post 11/9 pour envahir 7 pays dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran – Sans Ambiguïtés

  8. Les guerres secrètes des grandes puissances contre Kadhafi

    L’équipe d’E&R Île-de-France a reçu Patrick Mbeko le 12 février 2017 au théâtre de la Main d’Or à Paris pour une conférence intitulée « Les guerres secrètes des grandes puissances contre Kadhafi ».

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