L’Histoire Sous Surveillance

Où est la surveillance ? Partout. Dans l’Etat, bien sûr ; dans la société aussi, et c’est peut-être là qu’elle s’exerce sous sa forme la plus insidieuse : silence implicite, voire logé dans l’inconscient. Mais elle se loge au sein de l’histoire même, c’est-à-dire du regard qu’on porte sur elle. La conscience historique est à plusieurs foyers comme certaines lunettes. Marc Ferro est armé, lui, d’un bon viseur il débusque la « surveillance » dans ses fourrés de prédilection et vous la rabat. A vous d’en faire votre profit.


Bibliothēca #5 : L’Histoire sous surveillance, de Marc Ferro

 

L'Histoire sous surveillance Science et conscience de l'histoireActuellement plus que jamais, l’Histoire est un enjeu. Avec la démocratisation de l’enseignement et la diffusion des connaissances historiques par le cinéma, la télévision, etc., il importe de comprendre comment naissent les discours sur l’Histoire, quels contrôles ils subissent -celui des institutions, certes, mais aussi celui de la société. Car les silences que la société impose à l’histoire sont autant l’histoire que l’Histoire.
De fait, le contenu, les procédures et la fonction d’une œuvre historique varient considérablement selon les foyers qui la secrètent : Etat, mémoire populaire, etc. Dans ce livre, Marc Ferro examine précisément les modes de production des différentes œuvres historiques (histoire institutionnelle, contre-histoire) et les formes qu’elles peuvent prendre (écrites, cinématographiques, festives ; etc.)
Surtout s’il montre comment, au-delà des idéologies, il s’est constitué une école d’historiens qui essaient de rendre leurs analyses autonomes de toute surveillance, en s’appuyant sur une démonstration irréfutable ; héritiers de Claude Bernard et de Durkheim, ils ont suivi un parcours épistémologique similaire à celui de la médecine – une démarche qui rend explicite le projet des Annales.
La société, est-ce notre malade ?
  • Première édition : Folio (20 février 1987). Édition présentée : Calmann-Lévy 1 avril 1994

C’est le fait de chaque nation de vouloir écrire « son » histoire. De la Révolution russe à un simple vol d’artichauts dans les rues de Genève, l’exceptionnel et le banal sont repensés et passés au tamis d’une mémoire sélective. Par le ivre, le cinéma et la télévision, l’histoire imprègne notre vision quotidienne du monde. Mais de quelle histoire s’agit-il ? Le « western » n’est-il pas peuplé de silence sur le destin des Indiens et ne propose-t-il pas une image stéréotypée de l’américanisation ? En dévoilant les mécanismes de cette construction, Marc Ferro nous offre à la fois un diagnostic sur l’histoire et une réflexion sur l’historien au travail. Conserver le temps, puis le rendre intelligible aux autres : telle est la double fonction de l’historien. Remplit-il sa mission ? Est-ce, par définition, une mission impossible ? Avec la virtuosité qu’on lui connaît, Marc Ferro répond, dans cet ouvrage essentiel, aux interrogations que font surgir les fabricants d’histoire.

Quelle meilleure façon de se faire une idée de l’histoire trafiquée que de se remémorer certaines citations historiques ?
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